De arte voluntatis libri VI. Ltos, 1631, in
3. Theopoliticus, sive brevis elucidatio et rationale divinorum operiim atqiie providentia humanorum. Anvers, I6il, in 8°.
4. Mornay {Philippe de), appelé commiincment du Plcssis-Mornay, né à Buhy (Vcxln français) en loiO, mort en 1623. — Né catholique, embrassa la Réforme en 1560. Surnoramé le « Pape des Huguenots ». Il laissa, entre autres travaux, les mémoires bien connus publiés par Auguis en 182'2-i82o, 12 vol. in-8o.
5. Sainte Aldegonde {Philippe de Marnix de), né à Bruxelles, en 1538, mort en 1.598. Un des auteurs de la Révolution des Pays-Bas.
EoiT. DK Rotterdam 1695 PAGES 173-175.
LETTRE LXXXIV A Monsieur Belin, docteur en médecine, a Troies.
Monsieur.
Entre austres choses, je vous diray que le Roy Louis XIll mourut hier à Saint-Germain, entre deux et trois'. LaReynemère et le nouveau petit Roy, Louis XIV ^^ doivent arriver ce soir au Louvre. La reyne-mère est régente sans aucune contradiction. Je tàscheray de vous faire part de ce qui arrivera de nouveau par cy-après. J'ay céans le Capucin du P. du Moulin^ à vous envoyer, ce que je feray à la première commodité, avec quelques austres pièces. J'ay veu icy madame Langlois bien malade d'une fièvre tierce, qui a de rudes accès : c'est une femme fort bilieuse et assez délicate; j'espère néanmoins que Dieu me fera la grâce d'en venir à bout, et de vous la renvoyer en meilleur état qu'elle n'est venue. Je ne scai si vostre bon amy, M. Corps, a gagné son procès ; j'y ay fait ce que je luy avois promis.
1. Depuis le 22 avril, jour de la déclaration pour la Régence, la vie du Roi n'avait été qu'une longue agonie. Elle se termina le 14 mai I6i.3, à deux heures du soir. Il était âgé de 42 ans. L'autopsie aidée de commémoratifs démontra qu'il avait été atteint d'entérite tuberculeuse et qu'il succomba probablement à vme poussée infectieuse suraiguë sur le péritoine et le poumon. Cf. Dupuy, Procès-verbal de Vautopsie de Louis XIII, in Revue médicale et Jocr>al de CLINIQUE 1829 ; Corlieu, La mort des Rois de France, G. Bailliere, 1873, André Ch.oipion, 1892, et Paul Guillon. (Op. cit.)
2. Louis XIV, roi de France et de Navarre, né à Saint-Germain-en- Laye le ■^septembre 1638, mort à Versailles, le l^r septembre ITlo.
3. Le Capucin, — Sedan, 1641, Genève, 1641, in-fol.; satire contre les moines qui fut brûlée par les mains du bourreau. Voir la note de Pierre Du Moulin. Lettre du 13 mai 1636.
Pour les sotériques, ils ne battent plus que d'une aile, depuis qu'ils ont perdu M. des Noyers. On les appeloit icy marchands de bled ; ils ont obtenu un arrêt de défense à cet effet : ne voilà pas d'habiles gens ! Pour le Theologia palrum, on ne l'aura pas encore si tôt : les sotériques sont assez mattez ; il y a néanmoins encore un autre livre contre eux, un peu plus gros que l'apologie, et qui part de même main. L'autheur est un bachelier de Sorbonne qui n'a que vingt-cinq ans'; il est intitulé: Observations importantes, etc. Quand Madame vostre sœur s'en retournera, je luy donneray ce qu'il y aura icy de présent. Le deuxième tome de Zacutus, in-fol., n'est pas encore achevé ; les deux, bien reliez, coûteront pour le moins six écus, si bene pono calculum. Je croy qu'on fera un recueil d'épitaphes contre le cardinal, sa mémoire étant icy fort odieuse et fort décriée. On en a imprimé quelque chose en Flandres, mais il n'y en a pas qui vaille le rondeau de M. Miron ^ mon bon amy : a 11 a passé, il a plié bagage, etc. » Je pense que vous l'avez. Le roi est mort ex tenta symptomatica et abcessu prœgrandi in mesenterio, et aliis pcnè innameris symptomatibus gravissimis\
1. Hermant, chanoine de Beauvais. Voir sa noie. Lettre du 23 mai 16li3.
2. De celle famille des Miron, illustre dans les annales médicales et parlemenlaires, qui compte cinq médecins de rois el le grand prévôt des marchands sous Henri IV, il ne restait en 1643 que Robert Miron, maître des comptes. C'est l'auteur du rondeau sur la mort de Richelieu. Il fut massacré par la populace pendant les troubles de Paris, le 4 juillet 165â.
3. En dehors de la relation bien connue, depuis la publication de Dupuy, de l'autopsie de Louis XIII, extraite des « Commentaires » et traduite par Corlieu [op. cit.), on possède une pièce originale très importante : C'est le rapport officiel, le procès-verbal authentique de l'autopsie du Roi. Ce document rédigé par Sainclot, maître des cérémonies de France, daté de Saint-Germain, « le lo mai à dix heures du matin 164-3 », est signé de Charles de Savoye (le duc de Nemours), Nicolas de l'Hospital de Vitry, de Souvré et des médecins et chirurgiens dont les noms suivent : Bouvart, Seguin, Vaullier, Chicot, Conrade, de la Vigne, Moreau, Yvelin, de Nogent, Baptiste Bonlemps, Pescheval, Collart, Regnault, Lycot, Colin, Alexandre Le
290 LETTRES DE GL'l I^VTIN
Je VOUS baise très humblement les mains, à madame Bclin, à MM. vos frères, à MM. Camusat et Allen et suis.
Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce XV de Mai 1643.
La Reyne est icy arrivée à quatre heures du soir, accompagnée de plus de dix mil hommes en bonne conche', sans conpter tous les cavaliers et volontaires de Paris qui étoient allez au devant du petit Roy. Le corps du feu Roy a été ouvert à dix heures du matin ; on y a trouvé quantité de vers mort, un grand ulcère dans le mésentère, un gros abcès sous le foie, un autre dans la poitrine, au-dessous du poumon, beaucoup de désordre dans l'estomach, etc.
Ce vendredi. XV de mai. à dix heures du soir.
Edit. de Rotterdam 1695.
— Paris 1S46.
Roy, Lelarge. Il appartient à la Bibliothèque de Chantilly et a été publié pour la première fois par M. Paul Guillon. Il existe deux copies de celte pièce à la Bibliothèque Nationale. — Mss. 23939 et Mss. 18538. Fonds franr. — M. Guillon a colleelionné avec soin les trois manuscrits et a donné un procès-verbal de l'autopsie aussi authentique que possible.
1. Conche. Terme déjà très ancien du temps de Patin. 11 s'entendait « de la bonne ou mauvaise fortune ». Les édit. ant. ont lu « coche ».
Mss. 9358, lOL. 77.