En marge de la lettre, « 16 juin
3. La Meilleraye se fit prier. Celte invitation lui paraissait redoutable et il craignait qu'on ne voulût l'attirer à la Cour pour l'arrêter. 11 avait été témoin de tant de précédents sous Richelieu. Le Cardinal Mazarin le fit rassurer. On voulait, non lui enlever le gouvernement de Bretagne que Madame deChevreuse, au nom du parti des Importants, réclamait pour l'ambitieuse maison de Vendôme, mais en faire passer le gouvernement nominal à la Reine, en laissant au Maréchal toute l'autorité avec le titre de lieutenant du Roy.
4. Allusion à la litière en forme de grand lit dans laquelle se faisait porter Richelieu dans son voyage de Tarascon à Paris.
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son dessein cstoit de devenir pape', ou au moins patriarche de France, voicy d'assez bons vers sur sa machine et sur son pontificat.
Carn Joribus sprelis, média in tabulala domornm
Richelio plaçait scandere ponte novo :
Aut hœc in nostros fahricata est macliina muros,
Aut aliquid, dixit Gallia, triste latet. Ast ego, venil ad hoc post tôt moliniina, dixi
Quo sese posset dicere pontificeni.
Le garde des seaux de Chasteauneuf est à une Heue d'icy en sa beUe maison de Montrouge, où on croit qu'il n'attend que l'heure d'estre rappelé pour reprendre les seaux. Le chancelier d'aujourd'huy est tousjours en branle, et ne croy pas qu'il dure longtemps, combien que l'on dise qu'il ait reçeu quelques bonnes paroles de la Reine qui semblent le confirmer. M. d'Elbeuf est icy de retour et Madame de Chevreuse aussi". Excusez ma prolixité, c'est qu'il ne
1. Mazarin a relevé lui-même ce bruit dans ses carnets : Il re à Villequier dice che il cardinale defunto voleva esser re c papa. Le jeune roi tenait celte assertion des dames de la Cour (Chron. nat.)
2. Chevreuse (Marie de Rohan, duchesse de', fille d'Hercule de Rohan, duc deMontbazon, et de Madeleine de Lenoncourt,née en IGOO, morte en 1679, mariée, en 1617, à Charles d'Alhert, duc de Luynes, et en deuxièmes noces, en 1622, à Claude de Lorraine, duc de Chevreuse. Ancienne favorite de la Reine, qu'elle avait servie dans ses intrigues contre Richelieu, elle avait été obligée, pour éviter l'emprisonnement, de fuir en Espagne. Rappelée par la reine Régente, celle femme belle, gracieuse et intelligente, mais passionnée pour les intrigues de partis et les luttes de la politique, allait reprendre contre Mazarin les trames qu'elle avait nouées contre Richelieu. M^ie de Chevreuse qui traitait avec Mazarin au nom des « Importants » réclamait, en elTet, l'éloignement du chancelier Pierre Seguier, poursuivi par les haines de Ci'tte faction, pour la part qu'il avait prise à la condamnation de De Thou et de Cinq-Mars et. son remplacement par Chàleauneuf. Mazarin fut un moment prêt de céder cl Châlcauneuf, revenu à sa maison de Montrouge, s'attendait, en effet, à chaque instant comme le montrent les lettres de Patin, à être appelé à la Cour pour recevoir les sceaux. Mais il avait présidé lui-même la Commission militaire qui condamna à mort le duc de Montmorency, et la princesse deCondé déclara qu'elle quitterait la Cuur plutôt que d'être exposée à y rencontrer le meurtrier de son frère. Mazarin, qui ne voulait pas se brouiller avec la maison de Contlé et qui ne tenait pas, du reste, à introduire auprès de la Reine un rival éventuel, se décida à la lulle coidre la duchesse de Chevreuse, les « Importants » et leur chef. Quant à Chàleauneuf, il ne fut nommé chancelier que le
m'ennuye pas de parler avec vous, adco suave est lanio amico colloqui.
Je vous baise les mains très humblement, et suis,
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur,
Pati\.
De Paris, ce 19 Juin 1643.
M. d'Avaux, nouveau surintendant, dit hier au matin qu'il parliroit le mois prochain pour s'en aller en Allemagne où il espéroit d'y rendre un grand service à la France, sçavoir d'y faire la paix et qu'il tenoit presque asseurée '.
Df Spon. AU revers: 1613. Edit. d'Amsterdam 1718.
Paris xix jl'in, Lïon xxiv — de La Haye 1718.
JUIN, RiSPOSTA VII JULII. — DE Paris 1846.
2 mars 1650. Ce ne fut pas pour longtemps; il dut rendre les sceaux l'année suivante, le 3 avril 1651. On sait qu'après un intervalle de quelques années, rempli par Mole, Pierre Seguier les reprit et les garda jusqu'à sa mort survenue le 28 janvier 1672. 1. Le post-scriptum supprimé dans les édit. antér.
Mss. 9358, i-oi.. 80.