‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 113 sur 260 · Cf. la note de Barclay : Lettre du 21 avril · texte numérisé non relu

Cf. la note de Barclay : Lettre du 21 avril

3. Nous avons {note : Lettre du 2 octobre 1635) consacré une remarque au différend qui s'éleva entre Paul V et le gouvernement de Venise en 1G06-1607. L'affaire eut une certaine gravité et le Sénat songeait à l'introduction du calvinisme à Venise, quand le Saint Père, devenu prudent, se décida à faire quelques concessions. 11 s'adressa à Henri IV dont les ambassadeurs Joyeuse et d'Ablancourt dénouèrent le conflit.

Estienne', Plantin', Yincens et Gryphe sont morts : Vixque superest aliiis qui tantorum heroum semen siiscitare dignus sit. Je vous prie de pardonner à ma liberté.

Je vous baise très humblement les mains, et, après vous avoir derechef remercié de tous vos beaux présens, je vous prie de croire que je suis et serai toute ma vie,

Monsieur, Votre très humble, et très obéissant serviteur.

De Paris, ce 17 Aoust 1643.

Edit. d'Amsterdam 1718.

— DE La Haye 1718.

— DE Paris 18 If).

i. Les Estienne, célèbre famille d'imprimeurs et de savants français, dont le chef Henri Estienne ^ivail à Paris de li-70 à 1521, — Robert Estienne son fîls, né à Paris en l.'jl)3, mourut à Genève en loo9.

2. Plantin {Christophe), imprimeur belge, d'origine française, né à Saint -Avertin, près de Tours, en loi 5-, mort à Anvers en 1389. Sa marque d'imprimeur est une main tenant un compas ouvert avec l'exergue : Labore et Constantia.

Ms?. 9358, KOL. 83.

LETTRE XCIV A Monsieur Belin, docteur e> médeciise, a Troyes.

Monsieur,

J'ay donné à M. Sorel l'épistre que vous desiriez : voilà aussi que je vous envoyé les derniers vers de M. de Bourbon'. Pour monplaidoyez, je n'ay garde de vous l'envoyer, je n'y ay rien fait depuis un an ; j'ay tousjours eu depuis ce temps là trop d'occupations, et en ay encore ; j'ay pourtant bonne espérance de l'accommoder quelque jour, et de l'achever, et de le faire voir à mes amis, in quorum meliovi ordine duels famUiam : il n'y aura que la mort qui m'empeschera de ce faire ; mais pour le présent, je suis si fort embarassé, que je n'ay pas le loisir de me tourner. Il me faut donner le bonnet un de ces jours, et faire d'autre latin pour celuy qui suit, comme c'est la coustume : il me faut aussi présider à mon rang l'hyver qui vient, et néantmoins, je n'ay pas encore commencé ma thèse, outre que nous voicy en une saison qui ne nous donne pas peu d'affaires, et laquelle à peine me laisse respirer : et ainsi vel tempus mihi aufertur, aut surripitur, aut excidit.

J'ay céans îllustrium medicorum vitas P. Castellani ' ; il n'est point mauvais. M. Moreau n'a pas fait le sien, et ne

1. Patin cite plus loin ces vers que Nicolas de Bourbon composa pour célébrer le succès de son plaidoyer contre Renaudot. Cf. Lettre du 16 février 16i4.

2. Vitœ ilhistrlum medicorum qui toto orbe, ad hue usque tempora ,floruerunt. Anvers, 1618, in-B" — Castellanus (Petrus) — Pierre Duchatel — médecin Oamand né en 1o8q à Gerlsberg, mort le 23 février 1632.

le fera jamais '. Castellanus a fait d'autres petites œuvres qui toutes sont bonnes \ Pour M. vostre fils, totas est mihi commendatissimus : et feray en sa considération ce qui me sera possible.

Le sieur de St Germain est en cette ville, mais je ne sçay à quelles conditions, etmesme je doute, combien que je n'en aye ouï parler à personne, s'il y a icy grande seureté pour luy, parceque voilà le temps qui tourne, et la faveur qui change. La Reine, au lieu de donner le chapeau de cardinal à M. révesque de Beauvais, son ancien serviteur, comme elle avoit tesmoigné vouloir faire, sans qu'il luy ait jamais rien demandé, en récompense des services qu'il luy a rendus depuis vingt cinq ans, luy a envoyé un commandement de se retirer en son évesclié : ce qu'il a fait, fort contant et fort constamment, estant déjà bien las de la cour '. L'évesque de Lizieux, M. Cospéan, a reçeu pareil commandement ', et tout cela se fait en vertu de la haute faveur [du cardinal Mazarin] ', et ainsi vous voyez que nos maux ne sont pas finis, veu que des que nous sommes hors d'un, nous retombons dans l'autre.

l'no avulso, non déficit aller

Ferreus, cl simili miilctatur Gallia monstro.

On imprime à Lyon Inslilaliones inedicœ G. Hofinani'^'; je ne puis pas encor asseurer de leur bonté; mais l'autheur d'icelles est un grand personnage et le plus sçavant qui ait esté en Allemagne depuis cent ans, si uniim Thomcun Erastam excepero.

1. Nous avons vu : note: Lellre du 28 mai J63ô qu'il s'agissait d'une vie des médecins de la Faculté que voulait faire Moreau et qu'il publia en effet, — contrairement aux prévisions de Patin. —

2. Les autres oeuvres de Castellanus dont parle Patin, sont: Liidus sive convivium salurnale. Louvain, 1()16. De Mensibus alticis diatriba. De iisu carniiim libri qunluor. An\ers, ItiâG, in-8".

.3. Cf. la note d'Augustin Potier, évoque de Beauvais. Lettre du /'/ scjAcmbre iG!t3.

4. Cospean (Pliilippe de) appelé aussi mais moins communément Cospéau, né en Artois en l.i68, reçu docteur on .Sorbonne en 1604, nommé évèque de Nantes en 1022 et transféré en 1636 à l'évèché de Lisieux. 11 a^ait assisté Louis XIII à son lit de mort. 11 mourut en 1646.

5. Les mots « du cardinal Mazarin » ont été rayés sur le manuscrit et non r('produit> dans les anciennes éditions. Ces mots sont très lisibles.

6. Elles ne furent publiées qu'en 16io. Cf. la note de Gaspard Hoffmann, Lettre du 2/ octobre 16'i2.

Je vous baise très humblement les mains, à Mademoiselle Belin, à MM. vos frères, à MM. Camusat et Allen, et suis,

Monsieur, Yostre très humble et très obéissant serviteur.

Patin.

De Paris, ce 12 de Septembre 1643.

Diefatali infelici Tluiano, ante anniimpari die, [tyrannl] ' jussii, necalo.

Vous trouverez avec les vers de M. de Bourbon, une requeste et un factom du gazettier qui sont d'un estrange galimathias : par ces deux pièces, vous jugerez aisément si ce gazettier est sain d'esprit : nebiilo iste hebdomadarius indigel elleboro, aiil acriori medicina, Jlamma et ferra''.

Edit. de Rotterdam 1603.

— iD. 1725.

— Paris 1818.

1 . Le mot tyrannl appliqué à Richelieu est rayé dans le manuscrit et n'a pas élé reproduit dans les éditions antérieures.

2. Les railleries de Patin visaient la requête ci-après adressée à la Régente par Renaudot: <( Requeste présentée à la Reine par Théophraste Renaiidot en faveur des pauvres malades de ce royaume » (S. 1. n. d.) in-8°, huit pages. Le document ne porte point de date, mais comme la réponse qu'y fit Patin est datée du 4 novembre 1643, il est maniteste que c'est bien de lui qu'il s'agit. Cette requête avait été motivée par les faits suivants. Après la mort de Richelieu et de Louis XllI, la Faculté, ne trouvant plus devant elle les obstacles qui l'avaient arrêtée, recommença les hostililés contre Renaudot, décidée celte fois à les pousser jusqu'au bout. Le 9 juin, elle décréta qu'elle adresserait au Roi et à son Conseil une supplique qui viserait les entreprises du « gazelier «, et elle chargea Patin et Charpentier de rédiger cette pièce que le doyen Michel de la Vigne et sept docteurs allèrent porter au chancelier (Comment. T. MI F. 67). Le 7 août 1^43, le Conseil rendait un arrêt qui donnait gain de cause à la Faculté et qui renvoyait le procès par devant le Prévôt de Paris. Le mercredi 12 août, le doyen faisait signifier cet arrêt à Renaudot. Celui-ci se sentit perdu. Mais on avait ressuscité contre lui une vieille affaire compromettante pour Anne d'Autriche et qu'il avait publiée dans la gazette, par ordre de Richelieu. 11 pensa que cette accusation n'avait pas été étrangère à l'arrêt pris contre lui et il adressa à la Régente la requête en question dans laquelle il s'attachait à s'excuser et à retracer l'histoire de ses n Consultations charitables ».

EdIT. D'A.MSTEnDAM 1718

PAGES 33-36

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