I . Cf. Note de Cardan : Lettre du 21 octobre i6i
418 LETTRES DE GUI FATlN
Edit. d'Amsterdam 1718.
PAGES 82-83
LETTRE jCXIII
A Monsieur Spon, docteur en médecine, rue ue
LA PoULAILLERIE, A LyO> .
Je vous dirai que madame la comtesse de Soissons est ici morte âgée de soixante sept ans '. On lui a trouvé onze cent mille francs d'argent comptant ; elle a laissé la valeur de cent mille écus au petit bastard de feu M. le comte son fils *. et mille écus de rente à la mère. La mort nous a ici encore ravi un grand personnage opltnmm et doctissimum viriim : c'est M. de Bourbon, qui demeuroit dans les pères de l'Oratoire. 11 étoit chanoine de Langres, avoit jadis été professeur du Roy en grec ; mais il étoit sçavant en tout. Son mal a été une fièvre continue ex suppressa arlhritide, qui l'a emporté en peu de jours âgé de soixante dix ans. J'y perds un bon et grand ami ; je prie Dieu qu'il me conserve le reste.
La Reine d'Angleterre est en France, où elle se réfugie, tant pour le mauvais état des affaires de son mari, que pour une indisposition qu'elle a, qui l'a obligée de consulter deux médecins de deçà qui y sont allés ; sçavoir MM. Chartier' et de Pois. L'historien Du Pleix a été mandé par
1. Cf. la note de la comtesse de Soissons : Lettre du 9 juin lO^i'i.
2. Soissons (Louis-Henri, chevalier de), fils naturel de Louis de Bour- Ijon, comte de Soissons, tué au combat de la Marfé (16il). Prit plus tard le titre de prince de Neufchâtel et épousa Angélique Cunégonde de Montmorency-Luxembourg. [Jnc de ses filles se maria avec Charles- Pliilippe d'Albert, duc de Luynes, l'auteur des Mémoires (1710).
3. Charlier (René), né en lbl2, à Vendôme, suivant l'abbé (îoujet, à Montoire, d'après Guillaume du Val, mort à Paris le 29 octobre 16ol-. D'abord chargé du cours des belles-lettres au collège d'Angers, professeur de mathématiques à Bordeaux, de rhétorique à Bayonne, puis étudiant t-n médecine à Paris, bachelier vers 1607, après avoir
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les grandeurs de deçà pour venir ici (et est en chemin) pour faire le deuxième tome de son Histoire de Louis XIII, et pour la continuer jusques à présent. Il y aura en cette vie des pas bien glissans; nous verrons comment il en échapera cl quel éloge il fera au cardinal, qui a mis le feu aux quatre coins de l'Europe.
Tous les bigots sont en l'attente d'un nouveau pape, qui leur envoyera, en singulier présent, un iuhWé pro juciindo adventu ad papatum\ S'ils n'y gagnent des pardons, au moins, ils y gagneront des crottes, et peut-estre la toux, le rhumatisme, ou quelque autre maladie dont les médecins aussi se ressentiront de (juelque chose.
Je vous prie de m'aimer toujours et decroire que je seray toute ma vie de cœur et d'affection,
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce 2 de Septembre 1644.
Edit. d'Amsterdam 1718.
— DE La Haye 1718.
— DE Paris 1816.
soutenu brillammcnl une de ces thèses huniorisliques auxquelles se plaisait la vieille Faculté (La femme est-elle un animal imparfait, une aberration de la nature ?) An muUer natiirœ r.c/.pty.fiv.^ii .^ Admis au doctorat le 28 août de l'année 1608, il fut nommé en 1610 professeur de chirurgie à la Faculté. Médecin des dames de France, sœurs du roi, en 1612, du Roi lui-même en 1613, il remplaça Etienne de la Font, professeur de chirurgie au collège royal, en 1617. René Chartier fut un des plus brillants médecins du xvii« siècle. 11 a laissé des publications très importantes. La première édition des Scolies de Duret : Ludovici Dureti Scholia. P^ris, 1611, les œuvres de Barthélémy Pardoux « Bartholoinœi Perdulcis Uiiicersa medicina ». Paris, 1630; Llgdum, 1640, in-i°, la Chirurgie d'Etienne Gourmelen, etc. Mais son œuvre capitale, celle qui le recommande aux érudits, est sa traduction des œuvres de Galien et d'Hippocratc : « Hippocratis Coïet Claiidii Galeni Pergaineni archiatron opéra ». Paris, 1639-1679, 13 vol. in-fol. Cf. note : Lettre du 28 mai 1635.