‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 14 sur 260 · LETTRE VI · texte numérisé non relu

LETTRE VI

A Monsieur Belin, docteur en médecine, demeurant A Troïes, en Champagne.

A Troyes.

Monsieur,

J'ay reçeu les deux vostres dernières, l'une, avec une thèse qui est fort bonne, et que je vous renvoyeray, quand il vous plaira ; l'autre aujourdhuy, desquelles toutes deux je vous remercie bien humblement, et ausquelles je voudray briefvement respondre. 11 n'y a eu icy, de mémoire d'homme, aucun médecin gagé pour la peste, messieurs de la police s'estant toujours contentez de quelques barbiers assez ignorans qui nnluram pestis non inlelligant, et qui prennent le chemin de ne l'entendre jamais '. Quand aux qualitez occultes et à vostre lecture de Fernel % Fracastor', Puteanus * et autres, que me mandez avoir leu.

1. Il était de règle administrative que le soin des pestiférés fût confie à un chirurgien. On voit que Patin semble regretter que ce service n'ait jamais été confié à un médecin. Il s'agit ici de l'irruption de peste de 1631 qui ravagea l'Europe méridionale. Les épidémies de Lyon, de Digne et de Montpellier furent excessivement meurtrières. Paris fut moins éprouvé.

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