‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 149 sur 260 · De semi tertiana libri quatuor. Francofcrti, 1624, in · texte numérisé non relu

De semi tertiana libri quatuor. Francofcrti, 1624, in

2. De lumbrico lato liber, cum notis et ejusdein lunibrici icône. Pat.vvii,

1618, in-4».

3. Isagoges in rem herbariam libri duo. Patavii, 1600-1608, iii-4". LuGDUM Batavorum, 1633, in-12.

4. Variarum lectionuni libri sex, in iiuibus multa loca Dioscoridis, Athengei, PUnii, Hippocratis, Aristotclis, Galeni, alioriunqiie explicantur. Lipsi.e,

1619. — Toute cette partie relative aux ouvrages énumérés par Patin est supprimée dans les éditions antérieures.

5. Variarum leclionum libri duo, cum disputatione de ordine in cihis servando. Rome, 1681, in-S". Cagnati (Marcel), médecin célèbre de la fin du xvi° siècle, originaire de Vérone. Mort en 1610 à Rome où il enseignait la médecine.

6. Variarum lectionum libri très. Altenburgi, 1640. Reinesius {Thomas) né à Gotha, à la fin du xvi« siècle, mort à Lcipsig en 1667. Médecin érudit c|ui dut à son mérite de recevoir des libéralités de Louis XIV.

Faculté. S'il faisoit si bien en ce subjet, qu'il peut nous en donner envie, et qu'il nous eut donné occasion de nous en ressentir, il ne manqueroit pas de responce suffisante : si un est inachœra, et nohis est veriiina domi. La meilleure pièce qu'il pourra mettre en son sac sera la responce àl'arrest que nous avons obtenu contre le gazettier, et entr'autrès, le plaidoyer de M. Fadvocat général Talon. Lapluspart des médecins de Montpelier ont icy estudié avant que d'y aller prendre leurs degrez, et nous ont plus d'obligation qu'à ceux qui leur ont donné des bulles et du parchemin pour de l'argent. Ceux de Rouen, qui sont la pluspart docteurs de Montpelier, ont publié et reconnu en leur factom, il y a deux ans, qu'ils nous estoient bien plus obligez de leur avoir enseigné leur art qu'à ceux de Montpelier, qui leuravoient vendu leurs degrez ; nous sçavons bien comment on y refuse point les premiers degrez et comment on y obtient aisément les seconds. Nous avons pour nous l'antiquité, le plus grand nombre des médecins des Rois, les plus grands personnages qui ont le plus profité au public par les beaux escripts qu'ils nous ont laissés.

jNous avons recouvré trois anciens registres qui nous faisoient faute, lorsque M. Moreau respondit au gazettier, il y a quatre ans, lesquels estoient cachez chez les descendants d'un de nos doyens du temps de Louis XII . 11 n'y a que trois cents ans que Montpelier est en France, auparavant ce n'estoit que barbarie. Je ne voids guères de médecins illustres de Montpelier, avant Rondelet, qui avoit estudié à Paris, et qui devoit son instruction à nos escholes. J'ay déjà peur pour cet escrivain qu'on ne dise de luy : Parturiunt montes, nascetur ridiculiis mus. Je ne seray pourtant jamais mary de voir un beau livre touchant cette université, quej'honnore autant que je doibs et d'y apprendre de belles choses que personne n'ait encor révélées, qui ne manqueront pas d'estre révélées, s'il est besoin, et nobis expédiât. Feu M. Ranchin, en ses Opuscules françois, advoue que la ville de Montpelier n'est pas ancienne, et mesmes, dans ses opuscules latins, n'a pas produit grand nombre d'hommes illustres pour l'honneur de la Faculté de médecine; ce sont presque tous gens inconnus, quos

fama obsciira recondit. M. Ranchin. l'advocat ', en tout ce qu'il a mis de la Faculté de Montpelier, dans la deuxième édition du Monde de M. d'Âvity ■ , ne pourra pas l'authoriser, car luy-mesme confesse que les docteurs de Montpelier n'ont vers soy d'autres titres. 11 n'y a guères que cent ans que leurs privilèges ont esté confirmés au parlement de Tolose. Ce que ceux de Montpelier ont par dessus nous sont la thériaque, les confections d'alkermès et de hyacinthe ; mais c'est que nous sçavons bien les moyens de nous en passer, et avec bonnes raisons. C'est de la forfanterie qui vient des Arabes, et que nous avons heureusement chassée de deçà. S'ils estoient aussi sçavans et aussi gens de bien qu'ils devroient estre, ils en feroient autant. Vous sçavez bien que Pline a eu raison d'appeler la Thériaque composilioiiem luxuriœ, et qu'il y a bien à dire contre cette composition ; aussy sçavez-vousbien que les deux autres ne servent qu'à eschanffer les malades, et à faire des parties aux apothiquaires. J'ay peur de vous avoir ennuyé sur cet article ; j'aime mieux me taire, et vous dire que nous attendrons ce beau livre nouveau dans lequel son autheur fera fort bien de charrier droit, sans pourtant que j'aye aucune appréhension qu'il nous puisse faire mal. M. Vautier' n'est pas au Roy, mais il l'estoit de la feue

1. Ranchin (G uillaume) frère du médecin, François Ranchin, jurisconsulte, né à Montpellier en lo60.

2. D'Avity (Pierre) ou Davity, seigneur de Montmartin, né à Tournon en 1573, mort à Paris en 1635. L'ouvrage cité par Patin a pour titre : « Etats et Empires du monde par D. A. V. Y. Paris, IG'^tî, in-fol. Il fut réimprimé sous le titre de Description de V Univers. P\nis, 1637. Revu et augmenté par Guill. Ranchin (Paris. 1643, 3 vol. in-fol.)-

3. Vautier (François) né à Arles, en Provence, en lo89. mort en 1652. Docteur de Montpellier en 1612, fut nommé en 1624 premier médecin de la Reine Marie de Médicis, mère de Louis XIIL Ce médecin dont l'ascendant sur cette princesse était considérable et qui entra dans les conspirations ourdies par Marie de Médicis contre le Cardinal, fut arrêté en 1631, emprisonné à Sentis et transféré ensuite à la Bastille. 11 y resta douze ans, malgré les sollicitations réitérées de la Reine-mère en sa faveur. Il ne sortit de prison qu'après la mort de Richelieu, en 1642, rentra à la cour où contrairement aux prévisions de Patin, et à toutes les bonnes raisons qu'il énumère, il devint premier médecin du Roi Louis XIV, à la mort de Cousinot, et se soutint dans ce poste jusqu'à sa mort.

Reine-mère, et fut mis prisonnier en la Bastille l'an 1630, d'où il n'est sortv que douze ans après. 11 vid le feu Roy en sa maladie, comme M. Moreau et M. de la Vigne. M. le cardinal Mazarin estant tombé malade à Fontainebleau, il y est allé comme estant son médecin ordinaire ; on ne parle pas de luy pour cela davantage du tout, et je vous prie de m'en croire. M. Seguvn, premier médecin delà Reine l'a veu tous les jours avec luy, et un autre troisième qui estoit en quartier. Ce n'est pas grand cas d'avoir giiary une double tierce assez légère en un homme fort, tel qu'est M. le cardinal Mazarin, qui est de bonne taille et de bon âge. Pour premier médecin du Roy, il ne le sera pas sitost, il faudroit bien du changement. Le bruit que vous en avez ouy courut icy le mois de may passé, et fut aussitost estourdy par une responce que fit la Reine. Il est en une posture pour n'y venir jamais, estant médecin du premier ministre, qui seroit une affaire fort suspecte. Le cardinal de Richelieu ne voulut pas mettre son médecin, M. Charles, en cette première place, combien qu'il eut tout pouvoir, de peur d'augmenter le soubçon qu'on avoit desjà de luy, et de ruiner la grande fortune à laquelle il estoit parvenu. La Reine le connoistbien et ne l'aime point, et je sçay bien pourquoy ; elle sçay bien aussi qu'il n'est pas grand médecin ; joint que M. Cousinot est si bien en son esprit, qu'il ne sortira de cette charge qu'en quittant la vie ; ce qu'elle a monstre évidemment à la mort du feu Roy, contre les efforts de ceux qui vouloient y en mettre un autre, qui est bien plus huppé que M. Vautier, et mesme M. Seguvn, qui est près de la Reyne, et qui a tout le pouvoir qu'un médecin y peut avoir, et a grand intérest d'en reculer M. Vautier, àquoy il ne manquera point, tant par le crédit qu'il y a, que par sa femme, que la Reine luy a donnée, très riche et très opulente, et qui gpuverne l'esprit delà Reine aussi, qui est la raison pourquoy il s'est marié. M. Vautier est fort riche, il a une bonne abbaye, force argent comptant, mais peu de crédit, horsmis qu'il peut estre considéré comme médecin du cardinal Mazarin, qui n'est pas si grand chose, veu qu'en celte nature d'affaire, tel qui est aujourd'huy en faction n'y sera pas dans un mois.

M. Cousinot, d'un autre costé, se tient très asseuré. Le pauvre homme n'a besoin que de santé, encore vivra-il : habet adhuc patrem in vivis. M. Vautier médit de nostre Faculté assez souvent, et nous le sçavons bien ; il dit que nous n'avons que la saignée et le séné, et se vante d'avoir de grands secrets de chymie. Il a donné fort hardiment de l'antimoine à divers malades, et mesmes à des enfans, dont il a esté fort mauvais marchand. Il ne nous veut pas du bien, mais il ne nous sçauroit nuire. Feu M. Héroard ', qui estoit bien autre que luy, premier médecin qui mourut l'an 1627, a cerché tous les moyens possibles à un homme pour nous faire du mal, et n'en a peu venir à bout ; tesmoin le procez que nous gagnasmes contre luy, l'an 1612, au grand conseil, où nostre doyen, qui estoit M. Charles, déclama publiquement contre son avarice. Toutes les Universités de France y avoient interest : nostre Faculté luy fit perdre son procez ; ceux de Montpelier y avoient mille fois plus d'intérest que nous ; ils nous prièrent de faire pour eux, ce que nous fismesde bonne sorte, et ne leur en coûta pas un sol. Ils nous remercièrent aussy. Nous gardons soigneusement toutes leurs lettres, et néantmoins, pour récompence, ils se sont joinbts au gazettier, qui est le dernier et le plus infâme de tous les hommes, contre nous ; aussi, en ont ils eu la courte honte, comme ils méritoient. Quand M. Vautier seroit premier médecin du Roy (ce qui n'est point viande preste), il ne nous pourroit pas nuire ; au contraire, il auroit besoin de charrier droit et de nous avoir pour amis, ce qu'il feroit infailliblement pour

1. Héroiiard (Jehan) ou Héroard, sieur de Vaugrigneuse, né à Montpellier en lool, mort en 1628, au siège de la Rochelle. Docteur de la Faculté de Montpellier, fut médecin ordinaire de Charles IX et de Henri IV et premier médecin de Louis XIII. Son journal de la santé de ce roi, connu seulement par les fragments qui en ont été publiés [Archives curieuses, 'À° série T. V,), mais dont le manuscrit qui ne comprend pas moins de six gros in fol. est conservé à la Nationale sous les numéros 4022-4027 du fonds français, constitue un document intéressant qui a sa valeur historique et qui mériterait d'être publié in extenso. On doit à Héroard qui comprenait mieux qu'aucun médecin ne l'a jamais compris, ses devoirs de médecin des rois, un traité publié sous le litre « De l'Instruction du Prince ». Cf. Michaud qui a publié in Chronique médicale (15 juin 1899) le plus récent article biographique sur Héroard.

se conserver. Tous les hommes particuliers meurent, mais les compagnies ne meurent point. Le plus puissant homme quy ait esté depuis cent ans en Europe, sans avoir la teste couronnée, a esté le cardinal de Richelieu. Il a fait trembler toute la terre ; il a fait peur à Rome ; il a rudement traité et secoué le Roy d'Espagne, et néantmoins, il n'a peu faire recevoir dans nostre compagnie les deux fils du gazettier qui estoient licenciez, et qui ne seront de longtemps docteurs. Voyez après cela ce que peut faire M. Yautier, dont le plus grand crédit qu'il aye est qu'il est médecin d'un premier ministre ; ce quy luy donnera plus de vogue, quelque argent, ou quelque bénéfice davantage, et rien de plus. 11 se pique de trois choses quy ne firent jamais un homme plus sage, sçavoir : de la chymie, d'astrologie et de pierre philosophale ; mais on ne guarit point de malades partons ces beaux secrets. L'Hippocrate et le Galien sont les beaux secrets de notre mestier, qu'il n'apeut-estre jamais leus. Et en voilà assez sur ce fait, sur lequel je me suis estendu afin de vous en faire entendre ce que dessus. Il y a encore d'autres raisons plus mystiques pour lesquelles il ne seroit pas premier médecin du Roy, quand mesmes M. Cousinot mourroit devant, qnod maliim dit aoertanl. Mais ces raisons là ne peuvent estre sûrement couchées sur ce papier, ce qu'autrement je ferois très volontiers, à cause de vous. Je vous asseure qu'on ne parle pas icy de luy, plus que d'un autre, et que s'il avoit une si grande réputation, il la perdroit bientost, veu qu'il n'est pas capable de la soutenir plara coram, si jamais le bon Dieu permet que nous nous rencontrions en mesme lieu '. Nous avons reçeu M. Maurin à l'examen avec d'au très candidats", et nous l'avons reçeu aussi baschelier avec ceux qui avoient bien respondu : car nous en chassâmes trois autres ; il y est veneu de bonne sorte, et lui avons monstre que nous ne traitons mal personne quand ils ont les qualitez requises ; il est sur les bancs, comme les autres bascheliers. J'ay consulté depuis Pasques avec

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