LETTRE CXXXIX
A Monsieur Belin le fils, docteur en médecine, a Troyes '.
Monsieur,
Pour responce à la vostre du 5 du présent mois, je vous diray, premièrement, que je vous remercie de tout mon cœur de l'honneur que vous m'avez fait de m'escrire, et de vous souvenir de moy en vostre voyage. Je vous prie de me faire part des deux traitez de M. Courtaud, puisqu'en avez plusieurs exemplaires ; je n'ay jamais veu le Ranchinographia : pour l'autre, je n'en ay eu que la veue par emprunt, et seray bien aise d'en estre par cy-après le propriétaire par vostre libéralité. Vous m'obligez pareillement bien fort de me promettre des thèses de médecine, au rang desquelles je souhaitted'y voiries vostres mesmes, que je me mettray en bon lieu avec beaucoup d'autres, et vous en promets des nostres, en récompense, si vous en êtes curieux. Pour le nombre des exemplaires des deux livres de M. Courtaud, il sera tel qu'il vous plaira. Nous n'avons point peur de deçà, de ce que M. du Ranc eût pu faire, ny ne craignons point ce que fera M. Courtaud, c'est un homme qui est en colère d'avoir perdu son procez^ plenis spiimat vmdemia labris : il dit des injures de trop mauvaise sorte à ses juges et à ses parties, encore n'a-t-il rien fait que par l'organe d'autruy, et impulsa nebiilonis hebdomadarii, omnium bipedum nequissimi et mendacissimi et maledicenlissimi. Je vous auray néantmoins obligation, si vous me faites le bien de me faire voir ce qu'il y
1. Première lettre de Pafiii à M. Claude Rclin, fils de son correspondant ordinaire et précédemment étudiant en médecine à Montpellier.
aura de nouveau de luy. Cette dispute, qui finira quelque jour par d'autres moyens que par des libelles satyriques et injurieux, n'empeschera que je ne sois toujours en bonne intelligence avec vous et avec M. vostre père, mon bon amy, auquel je fay présent du livre de M. Hofmannus, que l'autheur mesme m'a fait l'honneur de me dédier. J'ay encore céans quelque chose de luy, dont je vous feray part quand il sera imprimé. Je me recommande à vos bonnes grâces, à M. vostre père et à M. Sorel le médecin, et à toute vostre famille, avec dessein d'être toute ma vie,
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce 8 d'Octobre 164G '.
EniT. pi; Kottertiam 1695
— iD. 1725.
— DE Paris 1846.
i. Lettre com-ondue dat^s les édit. antér. avec les lettres adressées A Clalde Belin.
Mss. 9358. FOL. 104.