LETTRE CXLIV
Monsieur,
Ce mot n'est que pour vous asseurer que j'ay receu la vostre dattce du 23 de décembre laciuelle m'a réjouy, en tant qu'elle m'a apris que vous estiez contant des thèses que je vous avois envoyées : comme aussi de ce que Monsieur vostre père se porte mieux ; je souhaitte fort d'apprendre qu'il soit tout à fait restably. Je suis tout réjouy que vous ayez distribué vos thèses avec contentement. Prenez garde de ne point perdre de temps dans ces premiers mois que vous ne serez pas encore fort occupé. Lisez tous les jours quelque bon livre: et aprenez par cœur, si vous ne les scavez déjà, tous les aphorismes d'Hippocrate. Il y a icy un petit h vre nouveau, De morbis hereditariis \ lequel je vous ay destiné avec celui quy est sur la presse de M. Hofman, mais je crains que ce dernier ne soit achevé de longtemps, d'autant que l'on n'y peut aller viste à cause de la mauvaise escripture de l'autheur : c'est pourquoy, si je trouve icy quelque commodité avant ce temps là, je vous envoieray ce premier : comme aussi le Salmasiiis, de primat a Papœ (que je me siiis donné, en attendant celui que mon frère m'a promis de Hollande), lequel j'envolerai à Troyes quand il plaira à Monsieur vostre père, et lequel il retiendra tant qu'il luy plaira : et quand luy et ses amis l'auront veu à leur aise, il luy sera libre de me le renvoyer bien empaqueté, afin qu'il n'y ait rien de gasté. 11 n'y a rien icy de
1. Sans nom de iloslinatairc, mais manifestement adressée comme les précédentes an fils de Belin.