‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 225 sur 260 · LETTRE CLXV · texte numérisé non relu

LETTRE CLXV

A MOiNsiEUR DE Salins, docteur en médecine, a Beaune.

Monsieur,

J'ay à vous remercier d'un présent qu'il vous a plu me faire, qui est du vin de Beaune que m'avez envoyé. Je suis réellement obligé à ce faire à cause du présent, et pour la qualité d'iceluy, ciim vino, ce dit Platon, nihil melius dederil Natura hominibus : mais néantmoins, Monsieur, je suis fort estonné de la pensée qu'avez eu de me faire des présens, veu que je n'ay jamais rien mérité de vous, de près ny de loing. J'ay bien considéré et regardé de bon œil, Monsieur vostre fils, mais Monsieur, j'y estois obligé pour son bon naturel, et pour l'envie très louable que j'ay quelquefois reconnu en luy de bien apprendre : et de vray, comme ce commencement est fort bon, j'espère qu'un jour il vous donnera contentement: mais, permettez moy, je vous prie, exhortez le incessamment qu'il ne perde point de temps, il est en âge de le bien appliquer, s'il veut ; je ne cesse de luy dire, et me le promet aussi :

Acer, et ad palinœ per se cursurus honores. Si tamen horteris, fortius ibit equus.

Bref, Monsieur, vous m'avez obligé sans aucun mien mérite, et c'est de quoy j'ay honte et regret ; je feray néant-

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