‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 239 sur 260 · Passage précédent supprimé dans les édit. anléri · texte numérisé non relu

Passage précédent supprimé dans les édit. anléri

Ce vendrkdi, 19 de février '. MM. les gens da roy, ayant pris congé de la reine, furent amenez au lieu où ils dévoient souper, auquel ils furent aussitost visitez par tous les plus grands seigneurs de la cour. Sur ce rapport, le Parlement a délibéré d'envoyer à Saint-Germain quatorze députez du corps du Parlement, deux de chaf[ue chambre, ut fit, pour donner advis à la reine que l'Archiduc Léopold leur a envoyé un gentilhomme avec lettre de créance, par lequel il leur mande qu'il ne veut plus traiter de la paix avec le Mazarin, sachant l'arrest qai a esté donné contre luy, que c'est un fourbe et un meschant homme, qui a éludé tous les traitez de la paix que le roy d'Espagne a consenty estre faits par ses députez, depuis trois ans, avec MM. de Longueville et d'Avaux qu'il a loués avec éloge et très honorablement ; qu'il ne veut traiter de la dite paix qu'avec MM. du Parlement qu'il reconnoit estre les tuteurs du roy, durant sa minorité; qu'il s'offre de traiter de la paix de France et d'Espagne, et mcsrae de les en faire arbitres ; qu'il est prest de recevoir leur députez, s'ils veulent luy en envoyer, ou qu'il est prêt de leur en envoyer, s'ils veulent les recevoir; qu'il veut fait la mesme chose qu'ont faite autrefois quelques princes estrangers qui ont remis leurs intérests et se sont soubmis au jugement de ce Parlement ; qu'il a une armée de 18 mil hommes toute preste, avec laquelle il pourroit prendre de nos villes frontières qu'il sçait fort bien estre très mal munies, ou reprendre celles que nous tenons d'eux ; mais qu'au lieu de tout cela, il offre de nous l'envoyer pour nous en servir contre le Mazarin, et pour estre commandée par tel général que nous voudrons. Que si le Parlement veut, il envolera ses députez à Paris, si mieux il n'aime que ce soit à Bruxelles, ou en tout autre lieu qu'il voudra, que son armée ne bougera delà frontière, [que] ^ pour venir de deçà à nostre secours quand nous la demanderons, sinon, qu'elle ne bougera de delà, et qu'elle ne servira point à d'autres.

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