Salo [Jacqaes\ conseiller depuis le 12 juillet
6. Il y eut trois Sevin, conseillers: Jean (1619), Charles ^1622) et Jean Sevin de Baudeville, reçu conseiller le 1" janvier 163't.
Ms?. 9358. roL. 46.
LETTRE XL A Mo> SIEUR Beli>, docteur ex MÉDECI>'E, a TrOTES,
Monsieur et très cher Amy,
Ce mot escript à la liaste n'est que pour vous remercier des bons souvenirs qu"avez de moy, comme j'ay reconnu par la lettre de M. voslre frère, et pour vous dire quejeudy au soir, l'enfant de la Reyne a remué de bonne sorte, après quatre mois et demy de grossesse, de sorte que maintenant, il n"y a nul doute de sa grossesse, quam fauslam, felicem et fortunatam debeiit omnes boni sperare. Le Roy s'en va lundy à Compiègne pour y voir passer son armée qui va en Flandre, soubs la conduite de M. le Mareschal de Chastillon '. Quelques-uns disent que le Roy va là pour une trêve; sed non ego crediilas illis : il n'est pas encor temps de cela. On a envoyé exprès en grande diligence, à Rome, un courrier pour quelque discorde qui est entre M. le ^larescbal d'Estrées et le pape. M. le Prince^ est à Bordeaux. Je voudrois que tous les soldats fussent en Italie et
1. Le Maréchal de Cliâtillon marchait sur la Flandre où il devait s'emparer de Saint-Oraer. On sait comment rarri>ée de l'armée espagnole fit échouer ce projet et força le Maréchal à lever le sièg'c de la ville. Cet échec découragea le vieux soldat qui quitta son commandement et se retira dans sa maison de Milly.
2. Gondé {Henri II de Bourbon, prince de), premier prince du sang, pair et grand maître de France, né le i" septembre 1588, mort le 26 décembre 16iG. Avait épousé, en 1600, Charlotte de Montmorency, dont il eut trois enfants : Louis 11 de Bourbon, le vainqueur de Rocroy ; Armand, prince de Conti, tige de la branche des Conti, et Anne-Geneviève de Bourbon qui épousa le duc de Longueville. Au moment où écrit Patin, le Prince de Condé, quoique médiocre général, avait été investi du commandement de l'armée destinée à opérer eu Espagne et rassemblait ses troupes en Guyenne.
en Espagne, avec tous les moynes. Mais, à propos, auiezvous des jésuites ^ On void bien que vostre ville est bonne, puisqu'ils ont tant envie d'y nicher : Opalentas civitates, iibi SLint cominodUates, seinper qiiœrant isti patres, bonas carnes, boniim vinwn, bomim pancm, boniirn liniim et palliiim tempes tivwn, etc. inquit prosa rhythmica jesuistographia dicta'. Si vous ne l'avez pas, je vous en envoyerai une copie. On dit aussi que M. le Cardinal va en ce voyage avec le Roy. M. de Rohan est mort % le duc de Veymar est devant Brisac. Le prince d'Ethiopie est icy mort d'une pleurésie '.
Je vous baise les mains et à Mademoiselle vostre femme, en intention de demeurer à jamais,
Monsieur, Vostre très humble et obéyssant serviteur.
Patin.
De Paris, ce 24 avril 1638.
EniT. DE Rotterdam 1695.
— Paris 1816.
1 Jesaistographia de ordinîs Jesuitici Institutio. — Couplets satiriques en latin contre les Jésuites, m Mémoires histor. du xvn« siècle. (Bibl nat.. Fonds français, 9730, Fol. 53). Une partie de ces mémoires est attribuée à Patin et est de sa main, mais la (( Jesaistographia » n'est pas de lui. . , ,
2 Rohan après l'évacuation de la Valtcline qui fut jugée sévèrement à la cour (voir sa note : Lettre du 26 mai 1637), refusa de rentrer en France. A la recherche d'un champ de bataille, il se relira auprès do Bernard de Saxe-VVeimar et reçut, en prenant part à la bataille de Rheinfeld, une blessure dont il mourut au bout de quelques jours (13 avril 1G38). 11 ne lais.sa qu'une fille qui épousa Henri de Chabot. Ce fut la tige des Rohan-Chabot.
3 Zao-a-Christ arrivé h Paris en 163i, mort à Rueil dans la maison'mème de Richelieu. Il était fils du Négus liasse Jacoub. Son cpi^taphe se trouve dans les Récréations historiques de Dreux. Paris, 170/, t. I, 224 et dans les Patiniana. Paris, i701, p.OJ.
Mss. 9358, roL. 47.
LETTRE XLI A Monsieur Belin, docteur en médecine, a Troyes.
Monsieur,
Je vous remercie de la vostre dattée du 2 may. Je sçavois bien comment vous aviez chassé les loyolites: M. de Blampignon, que j'avois rencontré par hazard chez M. Bobé, me l'avoit conté ; mais je suys bien ayse qu'avez ainsi traité le galant Bompain, de quo optime conjecistl : ille ipse est qiiem novisti baccalauream in medicina. J'ay une de ses thèses, en laquelle il se nomme Joannes Bompain Constantinas. C'est la ville de Goutances, du pays de Sapience, vulgo Normandie. C'est pourquoy vous ne devez pas vous estonner s'il est impudent, hoc enim est de palria. Ils sont efîrontez comme gueux qui veulent loger, et qui pensent que tout estdeu a leurprestendu mérite, et fallaci facatœqiie suœ sanctUati,quâ rudioribusimpomint. Vous ferez bien si à cervicibus vestris loyoUlicum hoccejuguni procal depuleritis : Valère Maxime ^ raconte que la police de la ville de Marseille estoit autrefois si bonne, qu'ils n'y laissoient jamais entrer aucun bouffon ni baladin : Nidliim adilum in scenam mimis dando^ etc..^ omnibus autem qiUper aliquam religionis simulationem alimenta inertiœ qiiœnint, clausas portas, habet et mendacem et facosam saperstitionem, submovendam esse existimans. Ne voylà pas les moynes bien dépeints ? Aussi bien que par ce vers de Virgile :
Jmmunis residens aliéna ad pabula fucus.
Mandez-moy si vous avez la Jesuistographià, qui commence par Opidentas civitates, ubi sunt commodllales , sem-