‹ Lettres de Gui Patin (volume 2)Chapitre 6 sur 48 · LETTRE DU · texte numérisé non relu

LETTRE DU

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Quand M. Tavocal-général aura fait son plaidoyer, l'on fera imprimer le tout , et alors vous en aurez. On imprinieici ttneviedeGalien,qui sera une pièce curieuse et critique; elle pourra paraître en même temps que Tarrét.

Votre abbé hydropique est en grand danj^er, et vous lui ferez un plaisir extrême de l'empêcher de mourir aussi bien que de ne lui pas doinier du vin d'absinthe, comme lit M. de K. l'an passé ; Siecitas et marcur viscerum miUn arte tïnenrlaiuv^ ttdeo magni ad vitam est mumfnui visceva naii ejL'sifcan , i»/erta veroadmodum iirobo qtiœ n te sont ftrnimsitn. On es|>ère ici qaeceox de Marseille r<ichèteront leur citadelle. Nous sa* vous bien (|ue M. le prince de Conti a le F^anguedoc , que M. le duc d'Anjou a le duché d'Orléans , réservée la baronie H'Amboise, et le comté de Blois ; mais on lui donne aussi le duché de Valois. On dit que madame la duchesse d'Orléans dtiit arriver ici demain, et que le rui lui doime la jnuissance du bien du défimt s<in mari pour (W\\\ ans. .

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J'entretins liier M. le premier président tout seul un quart d'heure; ii me dit qu'il avoit envovéàH.Pithou, conseiller de la rour exilé , la lettre du roi pour revenir au palais; j'en suis bien aise , car ce M. Pithou est mon bon ami , et un peu mon parent , aussi me fait-il l'honneur de m'appeler ainsi. On dit que les autres exilés reviendront aussi les uns après les autres. Notre bonhomme Guérin mourut hier, âgé de quatre-vingt-neuf ans. Tout le monde va ici saluer M. le Prince. J^e président Viole est ici. Madame la princesse est encore en Normandie. On nous menace de guerre en Allemagne. Les officiers du duc d'Orléans maudissent ici horriblement Guéuaut et son vin émétique, avec lequel il a tué M. le duc d'Orléans. On parle ici de lui faire un beau service à Notre- Dame, où messieurs des cours souveraines assisteront, le parlement, la chambre des comptes , la cour des aides, ThôteU de- ville, comme aussi l'université. Je fus le député de notre compagnie « l'an 1643, à Saint-Denis aux obsèques du feu roi. Nos chirurgiens de Paris nous demandent pardon ; mais c'est comme les chiens qu'on fouette bien fort, malgré eux. Quand les soldats terrassée par frère Jean , avec son bâton de la croix, crioient : Frère Jean , Je me rends , il leur répondoit: Force t'est ^ et aussitôt leur donnoit dronos ; il en faut faire de même à ces matins, qui nous auroient accablés s'ils avoient pu , et le feront à l'avenir s'ils peuvent (l). Je vous baise les mains, fit suis de tout mon cœur votre , etc.

De Paris , le 27 février 1660.

(1) On Toil ici Tespril de corps dans sa mesquinerie, sâ petitesse, !>a vanité. Mais comme le remarque Louis , le secrétaire de rancienne Académie de chirurgie : « On dégrada la chirurgie en 1660 , et lorsqu en 1666 on élablit PAcadémie des sciences , les chirurgiens y sonl admis cl y tiennent un rang distingué parmi les hommes illustres que le gouvernement pré.^cnle à la nation comme Pélile des savants. » : Hist, de VAcad. roy. de dur,, p. 23. ) En 1821 , Et. Geoffroy Sainl- Hilaire émit Topinion do supprimer la «ection de médecine et de chirurgie dans PAcadémîe royale des sciences. Celle proposition était surtout dirigée contre la chirurgie , et son auteur prétendait que le vln'rurgien cLbandonne les voies ncitnîifiquei , lorsqu'il transforme son

A PALCONKT. 1^1

. LETTKE Dlll. — Au même.

Comme vous êtes plus près de la cour que uous , aussi ne vous puis-je rien apprendre de nouveau. On ne dit rien ici sinon que les Anglois ont cassé leur ancien parlement , qui est celui qui fit mourir le feu roi Tan 1649 , et qu'ils en veulent établir un autre qui aura , ce disent-ils, plus de liberté et moins d'autorité de mal faire. Toutes les nouvelles institutions ne manquent jamais de promettre force soulagement au peuple , mais cela ne réussit pas , et in hoc versât ur deorum iniquitas. Ceux de Londres se sont accordés avec le général Monck pour tenir la main à ce nouveau parlement réformé.

Le prince de Condé est ici avec le duc d'Enghien son fils et sa femme, qui font force visites, et qui sont fort visités des compagnies de Paris, de leurs amis particuliers, et do ceux môme qui ne font que semblant de Tétre. On fait /lier de Tinfanterie devers Calais ; on croit que c'est pour assiéger Dunkerque, conjointement avec les forces d'Espagne; et après, quand nous l'aurons ôté aux Anglois , nous la rendrons aux Espagnols, qui nous donneront en échange Cambrai , les autres disent Saint-Omer : c'eét un article secret du nombre de plusieurs autres.

On parle ici du siège d'Orange , où toutes les troupes (]ui sont revenues d'Italie et de Catalogne ont ordre de se rendre. La pauvre Provence se sentira longtemps de ce voyage du roi ,

fco^Ml «n 6islotiri. Un membre distiiigaé de PAcadémie royale de médecine , «\ec ceUe supériorité de Jugement qu'on lui connaît, SI. Bégin, démontra toute rinjualice d^nne semblable proposition comme contraire aux lois et ordonnances qui ont fondé et organisé rinslitut {Réflexions sur Vopinion de M, Geoffroy Suint-HUaire , dart» la question de canddalure pour la place vacante dans l'Académie des sciences, par te décès de M. Deschamps; par M. Bil... ( L. J. Régin } , docteur en médecine , Paris 1821 , in-S** de 30 pages }. l/o|ânion de M. Geoffroy Saint-Hilaire ne prévalut pas. La chirurgie est représentée aujourd'hui , dans PAcadémic royale des sciences , par I .MM. Rou\, Velpeau et Lallemand. :H. P.; '

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