V2 I.KITKKS Dh (.1! i'AÏlN
iiiedeitduin , pa/tci., sed s.'-lecia et luiitjo use. pruhald. irquiranfnr remédia, tempoi'e et. luco o.dhiljita (l).
Il y a thuis Tuui's une grande banqueroute de deux in;ircliands, \U)n\méi\e?,H<jurreoux Frères; elle est de 1(5 cent nulle livres; mais on dit que dans peu de jours il y en uuia encore une autre fort grande. Les Tourangeaux enfin perdront leur crédit, tant a Paris, à Ilouen , à Lyon qu'ailleurs.
Nous n'entendons ici que tambours et soldats, (pii n'oiit t'ait que marcher aujourd'hui pour faire la revue générale de t(jutes les colonelles dans la campagne, entre Vaugirard et Saint-Cloud; on dit toujours que l'entrée sera le 20 de et; mois. l'urpttmtus twsfer idcunque inelin.s . laibeve diritnr, s-// u<))iduiii iijituia- , iiiio nequidem hene ; néanmoins, on dit qu'il verra l'entrée et qu'il sera dans la rue Saint-Antoine.
Nous avons ici un bénéficier, natif d'Angers , nommé Ménage [-l], (jui est homme d'esprit et de grande érudition ; il a l'ait des vers fort adulatif's au cardinal .Mazarin . dans les-
(i; Droj;iiciir? >ci viles <'l inconsidérée , loiiniu-iiifurs de malades cl de la nature, ennuyeux paraphraseurs de banalités scientifiques, uic- (lilez bien ces paroles de Gui Patin , c'est l'abrégé de toute bonne médecine pralique. Cet homme met souvent l'ongle du lion au bas de ce (pi'il écrit. Remarquons qu'il ne s'agit pas de rien (aire , de s'arrélcr le-» bras croisés sous son manteau dans la méditai, on de lu luorl . mai^ d'employer des remèdes , paiicact selecla , point délirai . elioix d.llicile , d'où dépendrai néanmoins le salut du malade et la gloire do l'art. []\. P.)
(2; Ce bénéficier d'Angers est, en eliel, le célèbre Gilles Ménage, (jui avait beaucoup moins d'esprit et d'ima;',inalion (jue de savoir et d'érudition. On croil que .Moliéie, qii avait à .>"iM |il;iindre, l'a désigné dans le Yadius des Femmes savantes. Son ouvrage j)rincipal e>t le Dictionnaire élymolog'rjue de la langue frança se , dont la dernière c.liicn . avec des additions par Huel et Leduiliat ^ a été publiée par Jaull : l'ari*. 1750, 2 vol in fol. .Ménage n'était pas sans mérite , mais il eul dtu\ travers (pii le rendirent ridicule r le j)remier, de se croire un personnage im|>orlanl dan^ la rcpul.Iiipie des lettres; le .second , d'oser aimer mndam > de Sévigné. (pii se moqua de lui. Il était né à Angrr-^.
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(jucls .MM. (Il) parliMiicnl prcIciKlciit viw ollt'iisc's. il v ;i du t>niil coiiln' lui; j'ai rt'i;i'<'l (ju'il ;iit riiitcc pas de clerc , l'iiulf» de jiigciiKMit , car il est lioDiièle iioiiiiiie el de iiK'rite. .\r,iii) 'iihstnDii iiiiii pr'ccdf , liuiiiiiies .onmis , ikhi (lu.
Xous n'avons ici (|utî du bruit des taudxjurs et de la milice, el je ci'ois (|ne (levant (jue la fête soit tout-à-t'ait passée, nous n'aurons pas meilleur temps. J'ai du latin à faire, qui est commencé , mais je ne puis aciiever durant ce bruit. Je voudi'ois éire à l.yon avec vous pour une huitaine ; nous nous entendrions, inlcr jji-ira/os //(o-iefcs ^ de ])lusieurs choses r/iKt' llffcrifi IKHI <:<jiisi(jnniili(r ; et après h; l)i'nit apaisé (\e de(;à , je m'en reviendrois (h'puis Roanne jus(|u'a Orlé'ans , iiai' la Ijoire, s('(l friis'ni rarci, rcl (ijihi , non sioii iiici jiiris. ,\oti'(! profession nous l'ait eschives;je n'aurai jamais de repos (pu: lorsipieje serai enterré, etalors on me pourra faire l'épilaphe j)areille a ce mar('chal de France, nommé Trivulce , Milanois, (|ui est enterré dans l'église de Saint-Nazaire, à Milan : Ific i/idrsfit i//ii ii/fiii/uain (jniccit. J'en ai aussi menacé mc»n Dis (iai'olus, qui étudie toujours et ne se repose presque jamais. Af. Huguetan, quand aura-l-il achevé ces deux tomes i\v l'diiliis /arcllids , ()(/rxfio)ies iiK''/ico-/<'(jnles ? M. Uavaud , étant ici , m'a promis de mêles envoyer dès que cette cin([uiènie l'dition sera aciievée , (|ui doit l'être bientôt.
M. Monerot , le trésorier des parties casuiîlles, avoit entrepris un parti conti'e les partisans, elavoitfait son juarclK' moyennant 17 millions. Quehjues partisans, l'ayant (lt''couvert,
le l.'i aoùl KHii, ot il moiiriil à Paris le -23 juillet Kîîîi. Toiil le immd*' iDiinail celle épigraiiiine de F.ainomioye :
l,:n.iM)iib en ],nix Miiiiisiiiir Mciiaf^c , (.'r;„il t\ii trop lioii |)ci-^o!mai;e l'.uir ii'Otrt' pas liu ■.c^ alni^, SijiiUrcz (jn'.i s 11 [diir il icjiosc , 1.' 1 . ilmil les vcis !■: ili.iit !.i [i-o-e
.N.r:N 1)11' -.i •inlUCllI l'II(l.i|fMi->.
^'y4 l.ETTKES DE (il'l PATIN
ont enchéri par dessus , ont lait casser son traité , et offrent 30 millions avec l)oniie envie de bien remuer le inonerot. Ainsi les loups se mangent l'un Vautre. Érasme donc , tout bon homme qu'il étoit, s'est trompé lorsrpi'il a dit : Homo homini Deus, et lupus lupinum non est ; mais en récompense il a dit vrai quand il a écrit : Homo liomini hipus. Je vous baise les mains, à mademoiselle Falconet et à notre bon ami M. Spon, et suis de tout mon cœur votre, etc.
P. S. Mardi procbain se fera la revue générale de toute notre milice devant le roi, au bois de Vincennes ; jeudi sera l'entrée fort pompeuse et solennelle. Ah ! que ne suis-je pour huit jours avec vous à Lyon !
De Paris, le 20 août 1660.
LETTRE DXXIX. — An mèm(^.
Je vous envoyai hier une lettre de deux pages par la voie de M. Langlois. C'est donc demain que se doit faire cette belle entrée du roi dans Paris , un 26 août, pareil jour que l'on fit les barricades, l'an 16-18 , afin de faire rendre les deux prisonniers que le Mazarin avoit fait arrêter, savoir : M. de Broussel, conseiller de la grand'chambre , ei M. de Blancmesnil , président en la première des enquêtes. Pensez-vous que l'on ne s'en souvienne point encore au cabinet et au ('(»iiseil d'en haut , et que la démarche que feront demain MM. du parlement à cette belle entrée ne soit poin* eux une espèce d'expiation et d'amende honorable ? Car le roi veut qu'ils y aillent avec les robes rouges et leur bonnet carré , sur des chevaux, avec des housses de velours noir, par un chemin particulier, aussi bien que MM. de l'Université, et non point par la grande rue Saint-Antoine, sous ombre qu'elle seroit trop embarra.ssée si fout le monde y passoit. Pour moi , je ci'ois (|u'ilss"en souviennent fort bien; i-wv Corn. Tacilc, <pii
V KAl.COMyC. i.').')
est un Ijréviaire d Ktat et It; premier ou le j^raiid inaiti'e des seciets du cabinet, et même ({lie M. de Balzac a (jnelque part appelé V Ancien original des finesses modernes , a dit en parlant de Tibère à un certain courtisan de ce temps-là, ucoihis nmvifiis irridere solitns, quorum a [lud prœpotentes in lonçjiini n«'inorid est. Le cardinal de Riclielieu lisoit et pratiquoit tort Tacite : aussi étoit-il un terrible homme. Machiavel est un antre pédagogue de tels ministres d'Ktat, mais il n'est qu'un diminutif de Tacite.
Toute notre ville est en mouvement, et tout le monde court à la rue Saint-Antoine comme si le feu yétoit ; Noél Falconet est déjà parti. Chacun va chercher, retenir ou prendre place. ,1e m'en vais aux Mathurins , qui est le lieu où se font les grandes assemblées de l'Université ; nous y avons notre rendez-vous à cinq heures du matin avec les autres facultés pour aller avec M. le recteur jusqu'au trône, où il doit faire la harangue pour toutes les facultés de ITuiversité. Je ne sais pas néanmoins si je m'engagerai <raller jusque là avec nos autres compagnons.
Enfin notre arrêt est distribué; j'en ai céans un pour moi (jue notre doyen m'a envoyé ; j'en ai acheté six autres , dont j'en ai mis deux dans votre paquet que je ferai partir bientôt : l'un sera pour vous et l'autre pour être mis dans les archives de votre collège; j'en envoie aussi un exemplaire à notre bon ami M. Spon.
■lemesuis laissi» persuader par mes deux enfants d'allei' avec M. le recteur de l'Université jus(prau trône, dans le faubourg Saint-Antoine, saluer le roi. Ce corps de l'Université étoit fort grand et occu])oit bcaucou|) plus de place ; les moines et le clergé séculier y ont été les premiers, l'Université ai)rès, la- (pielle a été fort regardée ])our la diversité des habits de tant de suppôts. Nous y étions .38 docteurs en habit rouge, sans les docteurs en droit canon , et ceux de Sorbonne , qui étoient en fort grand nombre. Nous avons été bien regardés : aussi avonsnous vu bien i.\\\ monde, (jenfem r/iof/nnni f/i/ta// f/iii/inirran'