S IKIIKI-S l)K cil l'\TI
ilii cancer. Kllc a ('h' soulaiitv d un puigaliT (|ii elle a piis ; comme elle a toujours l)eaiicoup mangé, je crois (]u'elle ne manque pas de matière à médicament purgatif. Plût a Dieu qu'elle guérisse et qu'elle fasse diminuer la taille et les impôts avant que de mourir , que le cardinal Mazarin nous a laissés ! Je tiendrois pour saint quiconque rendra ce bon service à la France , laquelle en a grand besoin ; c'est le souhait que je fais ii Dieu pour le soulagement du pauvre peuple, et non pas des moines qui sont trop riches , ni des médecins parmi lesquels il y a trop de charlatans et de gens altérés : Oiiine in pra'cipifi vitiimi stcfit.
On parle ici fort du procès de AI. (iuénégaut, trésorier de l'épargne La peste continue rudement à Londres. M. le nonce e.^t ici fort empêché pour les intrigues , l'ambition et l'insaliabilité des bons pères. Je vous baise très humhlemeni les mains, et suis de tout mon co'ur voti'e, etc. !)•• T'iiris , le '< adùl KWîo.
l.KTTUK DCLWIX. — 1// nu-n,r.
Je vous envoie lu l'éponse (pie j'ai faite poiM" .M. de I^orme auquel je vous prie de la faire rendi'e avec mes très humbles recommandations et offres de services. On dit que la leinemère empire fort, et qu'elle a fait son testament (pie le roi même a signé. On dit (pi'aat(jur de ses mamelles il y a force glandules douloureuses : St*rop/i>i/œ sioif ffi.'^jxnnp genfi fnmilinrcx , ('./■ qnibuii m'/ ni n'rr" mniiiiii IG12 nh/'iss/' fllcitiir fj)/s junte/', rey'nin ffi.yjnn/d'. Les maladies de tels princes lue semblent être fort remarquables Philippe 11 , son aïeul , mourut pcdicn- Inri morho ; voyez ce (pi'eii a dit le président de Thou , dans son Hififoria siii Tcni/ion's , l'an l.")98. Hérode moui'ut de ce même mal, c'est pounpioi il a ét('' nomiruidans les Actes des ajxUres
}L/'.'.i/r,0''io'.>r;; . ''' i'i-rnnlin< n'ii!>n!i cl jnunlnlnn . nlitlii rinsi ron-
\ 1 \l (O.NKl', 540
sKiiijiliis. Doiiiilliciis Hctudiiis a dit «^iif c'cloil la inalaclic des tyrans, au moins est-ce une niar((ue d'une liorrible corrui)tion d'Iiunicurs. Comme le premier ne convient pas à la reinemère . et qu'elle a toujours été trop bonne , on peut dire fpi'elle meurt du second , car elle inangeoit trop et se purgeoit trop peu : voilà les deux causes de son grand mal, dont on dit à la cour qu'elle mourra bientfU; elle a le visage fort exténué. Comme Valot parloit contre Gendron , M. le duc d'Orléans se mit en colère et dit de rudes paroles à cet archiàtre , oiqnc dlxif rcHia pni'tc.i.tdtn; le roi même en a témoigné du mécontentement. I.a reine-mère a une nouvelle tumeur dans son épaule gauche, qui est le côté du cancer : tous ces symptômes sont appelés dans Hippocrate, ^}.aii-r,i)<y.T-j T'o; £vjv;rwv /.yy.Mz ïyyj-<<yj. 0\\ lit liicr au Lonvrc wuc Consultation des rabl»ins de la cour, sur les otlVes (\\u) faisoil un paysan pour la gu(''i-ison de la reine, mais il fut refus('' ; il s'y présenta pareillement un moine, (pii fut aussi l'cjcté. On dit aussi que la reine-mère a une ])ustule maligne à la jambe gauche. Le roi a dit (pie si la reine-mère mouroil il sortiroit de Paris et feroit un voyage jusqu'aux frontières de son royaume. .le viens de pai-ler au cui'é de Saint-Cci'inain , <jui a vu la reine-mère ce matin ; il dit (pielle se porte mieux et qu'elle n'est pas si mal que disent ceux qui ne l'ont pas vue. Foxif.
On dit (pie iM. de Vendôme se meurt. Mon tils aine vient de |iartir pour Bourbon avec une malade de qualité; s'il peut s'en échapper pour quelques jours , il ira à J^on pour vous y saluer avec M. de Lorme et nos autres bons amis. On tient j)our certain que les trésoriers de France seront supprimés , et on me vient de dire plaisamment que M. Colbert le veut devenir, mais (ju'il veut l'être tout seul.
Il ne tiendra qu au roi, (pii en est le maître. Je vous baise très hundjiement les mains, et suis de loulc iiiun ame voir»!, etc.
!»(• Pari-, le IN -ont Mi«.^.
550 LE11KE> Ot (.11 l'ATl.N
LETTRE DGLXXX. — At> même.
Je vous envoyai hier, ce 26 août , une grande lettre avec V Histoire de l' Université de Paris , par M. du Boulai , et une autre lettre pour M. Spon.
On ne parle ici que du massacre de M. Tardieu, lieutenant criminel , et de sa femme. Les deux assassins ont été pris incontinent ; le parlement leur fait leur procès. Ils sont deux frères natifs d'Angers , nommés Touchet. Je crois que ce sont deux diables incarnés ; on espère qu'ils seront demain jugés. Tout le peuple va comme en procession à l'église Saint-Barthélémy y prier Dieu pour l'àmede ce malheureux lieutenant criminel et de sa miser ble femme, laquelle étoit si énormément avare, qu'elle n'avoit ni valet, ni cochei', ni servante , qu'elle aimoit mieux se servir elle-même pour épargner son pain : c'est un exemple qui n'a pas de comparaison. Mais Dieu sait combien elle y a gagné, /jecuiuœ cupiditas omnium molorum radix (1). Les deux assassins ont été roués tout vifs aujourd'hui ausoii* ce jeudi 2T août, sur le Pont-Neuf, devant le cheval de bronze. Il y avoit tant de monde, que je n'ai pu en approcher. A neuf heures du soir, ilsont été étranglés. On fait <\e& commentaires sur ce que MM. du parlement ne les ont pas condamnés à la question , et à faire amende honorable. Le grandeur de leur crime, dit-on , méritoit cela. Tuer
'^1) Cette catastrophe est , comme on sait . un épisode de la cruelle satire de Boileau contre les femmes. Certes il avait beau jeu pour parler de la femme avare . aussi en fait-il une affreuse peinture , et qui ne paraît point exar^érée par ce cpi'en dit ici Gui Patin. L'homme et la femme étaient dij^nes Tun de l'autre . jusqu'à, ce que
Des voleurs qui iln-z eux jileiDs d'espéiarire oiitrèiciit , Ue cette tris!e vie oiifiii le-< (iélivrcrcnt : Dii^iie et limesle finit dii nreud le plus alitciiv. Dont riiviuen ait jaitiais uni ileiix iiiailieiiici:x.
V KAl.CO.NKl. 551
111) iiiagistl'al tel (|U(' cclui-la est un c riiiic dr. Icsoiuajesté au second chef".
On faitcoiirn" le l)rnit (|ue la reniemere se porte mieux , «nais j'en doute; car elle toussoit si fort avant-hier, <|ue 3!iVI. les rabbins (j'ai pensé dire rohins, mais ils ne sont point moutons, »*/.</ sint reroeccs deaurati) turent obligés de lui donner de l'opium, dont elle se trouva fort mal ; on dit qu'elle a juré de n'en prendre jamais.
On parle ici de la maladie du roi d'Espagne et de la mort du duc de Mantoue , de la peste d'Angleterre , de l'armée des Hollaudois, de l'évéque de Munster, de M. le duc deBeaufort. On avoit signitié les ta.xes bien hautes àtiuelques particuTK.'rs qui se sont sauvés et retirés en Angleterre et ailleurs. Cela fait que l'on espère de la modération . et même que la chambre de justice pourra finir en faveur des partisans qui seront plus doucement traités, c'est à-dire que l'on les (piittera à meilleur marché.
Le roi donne à M. le duc d'Orléans le gouvernement de Languedoc , et celui de Guyenne pour récompense à i\L le prince de Conti. On |)arle des grands jours auxquels présidera M. le président de Novion avec dix-huit conseillers qu'on lui adjoint. M. de Vendôme est mort cette nuit de la rétention d'urine; enfin le pape a vidé et pissé beaucoup de pus. Il me semble (pie c'est un ulcère dans le rein , isfa /nais si/.j)pri'Ssio a rené >'n vesica (Udorca ciel (itrocissiiau^ , ('/ infert l\m resircp rlisjiositionem inflnimtKiforinni . J'ai quelquefois vu ce mal-là; feu M. Riolan en mourut , et nos anciens auteurs l'ont décrit. Ne pensez-vous pas que c'eût été un grand avantage a la chrétienté? Si ce pape fût mort, il eu fut arrive (lu bien à quehpi'un. et principalement à son successeur, (pii. pour en témoigner une réjouissance universelle, nous eût doiuiéun jubilé; mais n'importe , s'il ne vient bientôt . je tâcherai de m'en consoler; s'il n'est mort à ce coup , ce sera une autre lois, u m ad har ^mi'l nnti/s es' . /// sphi'/ iiior/ofiir, <'t fdii/li'tii rdcuiiin hicimi rcliiKjiinl iilliri . <nii clcrira
.')',}■> Li:Tri(E> Dt (.11 l'All.N
liirain ujiis accipiet ciaii livtitin. , et hanriet o<pi(is in (j'uiflio de fhiitiljKs Sa/rafoiis. Je salue de tout mon cœur M. de Loime, et serai toute ma vie votre, etc.
I>e Pari.*, le 'i septembre 1665.
LETTRE DCLXXXI. — Ut ,„n,ic.
Eiitiii ces MM. les archiàtres ont chassé le prêtre Gendron d'auprès de la reine-mère, et y ont fait entrer M. Alliot , médecin de Bar-le-Duc. Ceux de la cour disent qu'elle amende tous les jours; je prie Dieu qu'elle en guérisse. On dit qu'elle ira bientôt avec le roi et toute la cour au bois de Yincennes.
On a Fait un grand service dans Saint-Bartlielémy pour l'eu M. le lieutenant criminel et sa témme; mais si elle n'avoit point d'âme, que deviendront ces prières? cai- [>onr les cierges , ils sont brûlés et consumés.
J'apprends (ce 10 septembre) que votre M. de Kliodes a perdu son procès; qu'il a été ici malade, et qu'il s'en e^t retourné. Je lui fis quelques difficultés sur le testament qui étoit en question ; mais comme il se croit fort habile homme, il me ditqn'infailliblement il legagneroit.\ous le voyez vous-même, les juges ont en ce cas, comme en plusieurs, des règles, et liisage est plus certain que le caprice d'un homme (pii plaide, et (jui veut gagner pei- [as et ne fus.. Prenez la peine de vous souvenir d'un beau passage qui est dans Coi'u. Celsus , lib. 8, ru/), iv, et vous y verrez votre jeune docteur, /.en'a ingenin, quia niliil habent , nihil sibl detrahunt.
Enfin j'ai pris aujourd'hui mes vacances, et j'ai congédié mes écoliers par un adieu qui les a fait pleurer. J'en ai pensi' ])leurer aussi , mais j'ai céans bien pis que mes leçons et la peine d'aller au Collège royal, j'ai céans les maçons, qui m'ont lait remuer la moitié de mon étude, et ôler [)liis de G, ()(!() volumes de leur place [tour les laisser Iravaillfr a un uros mur mitoyen (pi'il faut refaire, (pii est entre .M. le prc-
\ I \l.(,itM', (. O.).)
sident Mii'oii et tiioi. J'élois assez liien sans rc inallu-ur (|ni iij'est survenu : mais il faut (|ue Lucrèce devienne propluHe , jHiis(|u'il a dit :
. iiicdiu (k- l'uni i' h 1)01 mil
Surijii (iinari (il'Kjiiid ((und in ipsis laitrilins nni/iil .
Par connnandeinenl du roi, M.M. de Sorhonne examinent fort sérieusement la dernière huile du pape. Il y en a (jui disent que le pape la désavoue , et que cette bulle a été fabriquée à Paris par les jésuites, et supposée i)ar iM. le nonce, sic friiiifl Unis itiir <id tislra : jxihlica i-sl dis , non tant rc(j('U(li , (lUiim fdiiendi hoinincs. Les plus lins mènent les autres par le nez en ce monde, et le diable les l'titient en l'autre pour ce (pi'ils valent.
La reine-mère n'est pas contente (pi'ou lui ait ôté (ieudron ; elle ne veut j)oinl voir Alliot; il ne la touche p(jint , c'est Bertrand, son cliirui'gien , cpii la pause, par le conseil pourtant de ce M. .Vlliot , iiiini(hi!< (dhiiIs facit liish-ioniifin. ,1e baise les mains à M. de Lornie , et je suis de tout mon co'ur votre , etc .
De Paris, le 11 sepleinWie IWii».
LETTKK DCLXXXIl. — Au uin,K'
Je viens de leeevoir votre lettre du i se[)tembr(! avec celle de rinconq)arable M. de Lorme Je lui baise très humblement les mains et n'oserai lui écrire dorénavant Je dois épargner à un honuiie de son âge la peine (pi'il prend de me faire l'eponse. i^lais pour l'épondre à ce cpie vous me mandez, je vous dirai (jue Bolduc, <'apucin, a écrit, aussi bien que- Pineda , jésuite espagnol , (pie Job avoit la vérole. Je croirois volontiers que David et Salomon l'avoient aussi ji. Je coimois lorlce /loi/cnci'^f tisf, '■nsis,i'[ j m vu tout ce (pi il a faitjConmie
1 Ll MU 'imlk- iii<'ii\i~ |Mm\ail-il Iniulri ccU'' -iiiviilicrc eiojaiiec .'