‹ Lettres de Gui Patin (volume 3)Chapitre 6 sur 49 · I.'i-i I.KirttES DE (ili l'\TlN · texte numérisé non relu

I.'i-i I.KirttES DE (ili l'\TlN

Vous avez toutes mes thèses, puisfjue vou^ avez les trois que vous m'avez nommées. Il n'y a que deux quodlibétaires et une cardinale. L'an IG-IT, je présidai à M. G. Joudouyn, de Furore iiterino , à cause que vers ce temps-là j'en avois traité une belle fille , avec laquelle sa mère eût bien voulu me marier ; mais je ne songeois alors qu'à étudier. Je m'occupois tellement avec mes livres, dont j'en achetois presque tous les jours quelque nouveau, que j'y passois le jour et la nuit, mais ces veilles incommodèrent si fort ma santé, que, pour la rctablii', il me fallut presque quitter entièrement l'étude. C'est une des obligations (|ue j'ai à la médecine, sans le secoiu's de laquelle je me serois infailliblement tué pour être trop sage, mais trop déréglé dans l'envie que j'a vois d'apprendre (1). Je suis , etc.

De Taris, le 19 septembre 1659.

LKTTHE CCGCLXXXVlll. — Au même.

Je vous remercie de la vôtre du 29 septembre , que M. Troisdames me vient d'envoyer (ce 4 octobre). Je n'ai pas encore vu l'Hygiène de 31. Gontier. Je pense que M. Esprit André est guéri; on n'en dit rien ici. Pour des Fougerais, il commence à se lever et à regarder à sa fenêtre; je l'y vis hier comme je passois; son abcès vide toujours. 11 porte une canne : /tœrel hiferi lethalis arunf/o. La continue l'emportera , et tandem contabescet , il vous sera permis alors de dire : Belle âme devant Dieu, s'il y croyait {•1). Je sais bien les vers de Buchanan, il y a longtemps : Xon ego Wrinuleu , etc., et même il y a plus de dix mois que Noël Falconet les a mis dans son cahier. J'ai

(1; Telle élail la vie de la plupart des savants de ceUe époque ; il y avait loin de là à -ces Insches d'eshides . comme dit Estienn • iasquiir, qui ne ibiit que ramasser, butiner à leur ai.se et sans rien engendrer 'H. 1'.}

ri) Voyez la noie lome I. jiajje 2.33.

aiitrt'lbis su par nvui loiitos ses cpii-i'aniiiies. son /''miicisritiius , cl frafres fraterriml. ; mais doniiez-vous le plaisir de voir celle /// /{omotii , qui commence ainsi : H i codes, nhi ivmr rifies rmn(t.)i , i-t tantum vcIcrU caddoer wbh , cic, et (pii finit ainsi: .\/7i// (■iiiii/)i'//''>i , n/si iuperctii< , l aperçai e , /ujios, ///jnis , tupiiiiar. Va l'autre qui est intitulée: /mn(/n tid /tercf/rp vrnienfes , rc/igioiiis ergo , (jui commence :

r<irc , (ii/i', qui teYraa Im^U'ct^ , laijus hoiipes , et tinda" . Quid j)'lis liinc? lon<i<i' qH<v libi caum viœ? etc.

Virgile ne lit jamais mieux, mais il a fallu (|uinze siècles pour faire un poëte comme Virgile.

Mon fils aîné traite la femme de l'écuyer du cardinal Mazarin , au bois de Vincennes, laquelle a été fort malade, et où j'ai été deux fois en consultation; elle étoit grosse et avoit une fièvre maligne; enfin elle est guérie et est accouchée heureusement. Comme il s'y en alloit en carrosse hier, il vint prendre sa mère pour lui faire voir le château de Vinceimes . laquelle mena quand et soi Noël Falconet; il n'avoit jamais vu cette grande maison royale. Ce matin il est allé en classe commencer sa physicjue , il nous promet merveilles : Dieu lui fasse la grâce de bien faire.

Nous avons ici un docteur en théologie, nommé M. J. de Launoy (I), fort habile homme, et extrêmement savant dans l'histoire ecclésiastique : on disoit autrefois de lui qu'il ôtoit tous les ans un saint du paradis , et qu'il falloil que Dieu se gardât qu'enfin il ne l'en otàt lui-même; qui a écrit contre les chartreux , touchant cette fable d'un chanoine de Notre- Dame qui revint de l'autre monde, et qui dit : Jasto Dei Jcdicio ayndemnotm s/nn , ce (pii fut cause de la conversion de leur père Bruno, Sed ist//œc sftnf anilibus fabidis sùn/llù/tti ; il en a encore bien écrit d'autres. Enfin ce galant homme s'en va faire inqiiinier un livre fie Arfu/eniiis. (jui sera un

'1 \ Oyez la iiolt; tome ! , l>aiîe iUl».

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