NOTICE SUR GUL PATIN. IX
dignité. D'un autre côté, il faut avouer que sous son double décanat, la Faculté devint florissante , honorée de tous; les anciens règlements furent exécutés, les droits maintenus, les prérogatives conservées ; les anciens de la compagnie furent constamment respectés et jouirent des immunités qui leur étaient accordées par les statuts et règlements. Dans ce temps, les jeunes docteurs avaient, en effet, pour leurs anciens une extrême déférence ; à leur grand âge s’attachait toujours l’idée d’une grande expérience acquise par de longues études, fortifiée par la connaissance des mille difficultés de la pratique. On trouvait d ailleurs en eux, leur but étant atteint, moins de passion et de rivalité, plus de bienveillance, et comme une sorte d'affection paternelle et professionnelle (1).
Personne d’ailleurs n’était plus convenable que Gui Patin dans les grandes solennités scolaires. La réputation dont il jouissait, l’éloquence de ses discours, la facilité de ses répliques, ce sentiment ferme et positif du devoir qu’on lui connaissait, le désignait naturellement au choix de ses confrères; il n’est pas jusqu à sa haute taille, son air grave, imposant, qui ne fussent utiles dans des circonstances qui 8e présentaient souvent. Mais ce qui fit remarquer surtout le décanat de ce
(1) Ce respect pour les anciens s'est longtemps maintenu dans la Faculté de Paris; il était tel, que le médecin Hyacinthe-Théodore Baron (né à Paris le 42 août 4707, mort le 27 mars 1787) étant devenu aveugle, plusieurs jeunes praticiens faisaient une partie de ses visites et lui en rapportaient religieusement le produit.