NOTICE SUR GUI PATIN. NX
quand on connaît ses principes, qu’on a écouté pour ainsi dire cette fibre démocratique qui vibrait au fond de son cœur, on peut croire que le motif dont il s’agit n'avait pas grande valeur. En général, il n'aimait pas les grands, il les subissait, et l’on ne peut douter qw’il eût fait écho à cet orateur anglais moderne, assurant qu’à peu de chose près tout gouvernement est une hypocrisie organisée. On reconnaît d’ailleurs dans les sentiments de Gui Patin dans la ténacité de ses opinions, la mâle vigueur des esprits de cette époque. Quoique la société fût saturée de vices et de corruption, déjà on agitait le dangereux et difficile problème de la souverai nelté, que dans le même temps Richelieu résolut en faveur du pouvoir, et Cromwell en faveur du peuple.
Ce qui peut excuser la violence de Gui Patin contre Mazarin, c’est l'esprit de ruse, de fourberie de ce personnage. L’audace et le mensonge, ces deux esprits fu miliers de tout ambitieux intrigant, furent trop souvent ses ressources et ses moyens. « Je ne me butte contre rien et ne me rebute de rien, » tel était son principe, adroit et commode sans doute, mais effleurant la mauvaise foi. D'ailleurs ses immenses richesses, acquises par la vénalité des charges, par des extorsions continuelles, par une simonie infâme, par ses hassesses, ses mensonges, sa couardise dans certaines circonstances, lui avaient aliéné une partie des cœurs de la nation. Les frondeurs étaient donc nombreux et animés par une sorte d'esprit public. On ne saurait nier que Mazarin, si détesté “en France et surtout à Paris, n'eût cependant les qualités d'un grand ministre. Dans le même temps que les