‹ Lettres de Gui PatinChapitre 19 sur 56 · NOTICE SUR GUL PATIN. XXV · texte numérisé non relu

NOTICE SUR GUL PATIN. XXV

tirique n'épargne ni les puissants, n1 la tyrannie sous quelque forme qu'elle se présente ?

Qu'on cesse de s'étonner si une pareille disposition d'esprit, si cette haine prononcée contre le fanatisme, la superstition, les préjugés de toute espèce, si une grande liberté d'expression, acquirent à Gui Patin la réputation d'être fort peu orthodoxe. Bayle dit que le symbole de sa foï n'était pas chargé de beaucoup d'articles, et cela peut être vrai. Cependant, après avoir lu les curieuses Lettres de l’illustre médecin, il reste de l’incertitude sur l'assertion de. Bayle. Il est vrai que parfois Gui Patin, adoptant les principes d’une foule de grands hommes, aurait pu faire une profession de foi plus tard formulée par David William : « Je crois en Dieu... amen. » Souvent aussi il semble sownis à tout ce que la foi exige dans la croyance. Mais pour bien comprendre de pareilles opinions, il faut se rappeler qu’à l’époque dont il s’agit, le protestantisme en France pe manquait ni de vigueur ni de puissance : or, sans qu'il l'avoue, il est aisé de s’apercevoir que l'esprit de Gui Patin est frappé, imbu, pénétré des doctrines de la réforme, ainsi qu’un grand nombre de ses contemporains. Il est tout prêt de dire que Dieu ne nous a point donné la raison pour qu’on croie ce qu’elle réprouve, ce qu'il nomme l'orthodorie du bon sens. L’édit de Nantes n’était pas révOqué ; les querelles, les discussions, les vives controverses religieuses, et, il faut le dire, l'intolérance, la persécution, étaient encore en pleine verdeur : de là cette hardiesse de pensée qui touche à la témérité, qui parfois, il faut le dire, s’ex-

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