XLHI NOTICE SUR GUI PATIN
turel son esprit et son génie; nous n'y rencontrerions pas tant de faits curieux, ni tant de traits vifs et hardis qui divertissent et font faire de solides réflexions. »
Toutefois qu'on se garde de confondre cette gaieté railleuse, ces vivacités originales et naïvement caustiques de l'esprit, avec les qualités du cœur. Plus on lit Gui Patin, plus on acquiert la preuve que ces dernières étaient chez lui excellentes. Délicat, modéré, il aime les honneurs, les dignités, les richesses même, mais il ne fait aucune bassesse pour les atteindre et les posséder ; personne ne fut moins affamé que lui de servilité lucrative, Si bien souvent il n'a pas la réserve du mot, il a toujours celle de la conduite et des procédés. La nécessité, cette bonne déessé de l’homme fier et pauvre, l’avait forcé dès sa jeunesse au travail, et par là dese frayer un chemin honorable. Outre son esprit et son savoir, il avait aussi le savoir-vivre, le ton d’un homme bien élevé, quoique incapable de ces mille petites lächetés qui achètent le repos et le bien-être parmi les hommes. Il va chez le président de Lamoignon, comme nous l'avons dit, il y dîne souvent ; mais ce n’est pas là un parasite quêétant sa repue-franche, c’est un convive . distingué avec lequel l'illustre président aime à s’entretenir, On a dit que chaque fois qu’il y dinait, on plaçait un louis sous sa serviette. Outre qu'il ne parle vullement de ce fait, il faudrait seulement, en supposant qu'il soit vrai, le considérer comme une chose passée en coutume générale, et à laquelle il n’attachait aucune importance. |
La rude franchise de Gui Patin, ses opinions haute-