‹ Lettres de Gui PatinChapitre 31 sur 56 · NOTICE SUR GUI PATIN. XLIUE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR GUI PATIN. XLIUE

ment soutenues, contre la troupe stbiale ou stygiale, selon son expression, lui attirèrent des ennemis achar-

nés parmi ses confrères. Un certain Allemand, nommé / !

J. C. Axtius, aujourd’hui tout-à-fait inconnu , accuse' même l’illustre médecin d’avoir voulu empoisonner son fils avec l’antimoine, qu’il croyait être un poison, mais qui, contre son attente, le guérit heureusement. Cette calomnie se lit dans une lettre sur l'antimoine, jointe à un traité De arbortbus coniferis, Gènes, 1679. Mais, par sa probité, par son désintéressement, par son ardeur à soutenir les intérêts de la corporation, Gui Patin eut aussi des amis qui lui restèrent constamment fidèles. Disons la vérité, il savait haïr, selon le psalmiste, de cette haine parfaite et cordiale qui n’omet rien, ne passe rien, ne transige sur rien: aussi sa haine était-elle tenace et redoutable. Le cardinal de Mazarin fut toujours pour lui un fourbe, un exacteur, un intrigant, l’homme de malheur de la France et de Paris en particulier. Plusieurs confrères et notamment Guénaut (1), qui dans sa pratique se servait de l’antimoine et de petits grains (l’opium en pilules), ne songeant qu’à garnir sa pochette et gagner l’écu blanc, etc., n’ont jamais trouvé grâce devant lui. Ge n’était pas envie, car il était célèbre, riche et haut placé ; ni désir de nuire : c’est qu'il avait la ferme, l’intime conviction que l’antimoine était

(4) On connaît ces vers de Boileau :

Guénaut sur son cheval en passant m'éclabousse.

On compterait plutôt combien dans un printemps, Guénaut et l’antimoine ont fait mourir de gens. (Boileau, Satires.

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