LV | NOTICE SUR GUL PATIN
dépend non seulement de l’âge, mais encore des événements de la vie; il n'en est pas un peut-être qui ne laisse son empreinte sur nos traits : Gui Patin en est sans doute un exemple. Quoique heureux sous plus d’un rapport, la nature et la fortune le traitèrent parfois cruellement. De ses cinq enfants, il n’en conserva que deux. Robert Patin fut l’aîné de tous. Né le 414 août 1629, son père lui fit suivre la carrière médicale ; il résigna même pour lui, en 1667, sa chaire de médecine au Gollége de France. Toutes ses espérances furent cruellement décues; il eut à se plaindre de ce fils, qui mourut phthisique, dans la maison de campagne de son père, à Cormeilles en Parisis, au mois de juin 1670. Mais son enfant de prédilection, l’objet de sa plus vive tendresse fut son second fils, Charles Patin, né en 1633. A tout instant il vante, il exalte le prodigieux esprit, les grandes qualités de son cher Carolus, et il faut avouer que le cœur paternel n'était pas aveugle. Charles Patin, destiné d’abord au droit, s’adonna ensuite à la médecine ; mais, peu fidèle à cette étude, il se distingua surtout dans les recherches d’antiquités et la science numismastique. On a de lui sur ces objets des ouvrages encore estimés des savants. Or, qu'on juge du chagrin qu'éprouva son père, lorsque ce fils chéri fut exilé, sans qu’on ait jamais su la véritable cause d’une pareille sévérité du gouvernement de Louis XIV ; et cet exil dura toute sa vie, car Charles Patin mourut professeur à Padoue, en 1694 (1). À cette cause de chagrin s’en joignirent
(1) On peut consulter à cet égard différents dictionnaires biographiques, et notamment celui de Bavle, article Gui Patin, article