‹ Lettres de Gui PatinChapitre 36 sur 56 · NOTICE SUR GUI PATIN. XLIX · texte numérisé non relu

NOTICE SUR GUI PATIN. XLIX

d'autres non moins poignantes : le cardinal de Mazarin, triomphant de ses ennemis, avait gouverné la reine et par conséquent la France ; il fut recu avec pompe dans ce même Paris d’où il fut si outrageusement banni. Son pouvoir était affermi, ses ennemis vaincus, ses richesses immenses ; et quand il mourut, il ne lui manquait que le titre de roi, il en avait la puissance,

Il n’est pas jusqu’à l’antimoine, cet odieux médicament quiexcita silongtempssa verve et sa colère, cettecauseincessante du fumet jecur… difficile bili de l'illustre auteur des Lettres, quine fut la source d’un vif chagrin. Beaucoup de médecins s’abstenaient de l’'employer, mais d’autres s'empressaient d'y recourir dans une foule de cas et d’en vanter les bons effets. Lorsque le jeune roi Louis XIV tomba malade à Calais, en 1656, on attribua son rétablissement à l'emploi du vin antimonié. Les historiens rapportent même qu’on fit venir d’Abbeville une espèce de médecin empirique (on croit que ce fut un nommé Dusausoi) qui ne connaissait pas d’autre remède. Ce bonhomme s’asseyait, dit-on, sur le lit du roi et disait : « Voilà un garcon bien malade, mais il n'en mourra pas. » En effet, la guérison s'opéra complétement. Un pareil fait, ayant beaucoup de retentissement, allait trop directement heurter l'opinion de Gui Patin pour ne pas lui occasionner une vive contrariété. La spirituelle épigramme de son ami et confrère Étienne Bachot sur ce fait ne put le consoler (1). Bien plus, le

peut-être moins destiné à celui-ci qu'à Charles Patin, si l'on en juge par les détails que donne le célèbre critique. (4) Voici cette épigramme; nous donnerons dans la suite quel-

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