‹ Lettres de Gui PatinChapitre 46 sur 56 · EE NE · texte numérisé non relu

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solum suspectus , sed etiam periculosus. Est unum de generc eorum locorun que ædilem metuunt, et in quybus aër ipse convalescentibus et adolescentulis est plurimum perniciosus. Je crois que vous m'entendez bien : sapienti dictum sat est. Retirez-le près de vous au plus tôt, ne st diutius hic moretur, pudendo alio et pernicioso affectu corripiatur. Voilà le meilleur conseil que je vous puisse donner: faites-en votre profit.

M. le maréchal de Hocquincourt s’en va commander l'armée du roi de neuf mille hommes en Catalogne ; M. le maréchal d’Aumont, gouverneur de Boulogne , a refusé d'en aller commander une autre en Savoie pour Pignerol. Les jésuites {ont ici imprimer deux nouveaux livres in-fol., contre les jansénistes, qui valent mieux qu'eux. Je me recommande à vos bonnes grâces, à MM. Camusat, Allen, Blampignon, Sorel , Barat, Maillet, et vos autres amis, et suis, etc.

De Paris, ce 24 de mai 1653.

Peut-être que M. votre fils, allectus aliqua cupidine, vous alléguera quelque excuse, aliquam mpopäoi pour ne pas retourner à Troyes : en ce cas-là faites, si vous le trouvez bon, comme le pape fait aux moines , et le général aux carabins, je dis le général des jésuites, aux carabins et aux argoulois du P. Ignace; mandez-lui que vous voulez être obéi d'une obéissance aveugle, qu'il retourne à Troyes. La raison, que vous n'êtes pas obligé d’alléguer, peut être rejetée sur la dépense, auf simile quid. Je me recommande à vos bonnes grâces, et suis de tout mon cœur , etc.

Tous les François qui étoient à Stockholm, chez la reine de Suède , sont étourdis du bateau ; on leur a donné leur congé, pour les folies de Bourdelot, qui y étoit premier rnédeein. La reine vouloit retenir notre bon ami M. Naudé, qui y étoit bibliothécaire; mais il a lui-même demandé son congé, voulant plus longtemps demeurer là tout seul. A quelque chose malheur est bon; j'aime mieux qu'il soit ici que là : tout le nord ne vaut point ce digne personnage. On dit que les

Espagnols ont assiégé Roses; on voit ici le cartinal Antoni avec son cordon bleu, et dit-on qu'il s'en va bientôt à Rome en qualité de notre ambassadeur extraordinaire.

LETTRE CXVIIL — Au méme.

Pour réponse à votre dernière, je vous dirai que le roi, la reine, Je Mazarin et toute la cour sont à Saint-Germain jusqu'à lundi prochain; que les Hollandois, en leur dernier combat naval, ont horriblement perdu contre les Anglois, qui sont plus forts et plus méchants qu'eux. Cromwell s’est rendu maître du parlement d'Angleterre, qui étoit sollicité d'entreprendre contre lui , à l'instigation de quelques jésuites déguisés, dont il y a grand nombre en cette île, aussi bien que de gens qui se disent catholiques espagnols, pour être soudoyés du roi d'Espagne : adeo ut monstro sinile didiceri nubique regnare Acifunum , dit Barclay en son Euphormion. Les molinistes se vantent ici qu'il y a une bulle du pape toute nouvelle contre eux ; ce que je ne crois point encore. J'apprends ici que la fièvre a repris à M. votre fils, dont j'ai grand regret : j’ai peur que ce ne soit de trop manger ; en ce cas-là, vons le devez faire jeùner, combien que le jubilé soit passé : genus hoc dæmoniorum nonnisi jejunio et frequenti purgatione ejicitur. On dit que l’armée du rei s’en va assiéger Rethel, et que le prince de Condé est encore à Bruxelles, à faire la cour à Fuensaldagne. Ne dira-t-on pas de lui ce que Juvenal a dit quelque part d’Annibal , en pareil cas :

Magnus mirandüsque cliens sedet ad præloria regis, Donec Büthino libeat , vigilare {yranno.

Les Bordelois sont fort pressés, mais ils espèrent encore du seuours des Espagnols et des Anglôis. Le Mazarin traite avec le chevalier de Chaulnes pour te gouveruement d'Amiens ; et dès qu'il en sera le maitre, il enverra le tardinal dé Rètz

| LETTRES DE GüUI PATIN, 199 dans la citadelle, où il sera sùrement gardé par de Bar, qui gardoit les princes au Havre de Grâce; et puis après, le roi ira demeurer quelques semaines dans le bois de Vincennes, pour aller à la chasse là alentour. On dit que l’armée du roi, commandée par M. de Turenne, est fort mal contente, et qu'elle n'avance pas faute d'argent ; que le prince de Condé s'en va remuer et entrer par la Champagne, et les Espagnols par la Picardie ; que Calais est menacé d’un siége, ef alia multa forsan falsissima. Je me recommande à vos bonnes grâces, à MM. Camusat, Alien, Sorel, et à MM, vos autres collègues , et suis de tout mon cœur , etc.

De Paris, ce samedi 29 de juillet 4653.

LETTRE CXIX. — Ax même.

Pour faire réponse à trois des vôtres, ee que je n'ai pu faire par ci-devant, empêché particulièrement d'un méchant rhumatisme, qui m'a fort incommodé et embarrassé, je vous dirai que outre M. Naudé, mon bon ami, qui est mort dans Abbeville, d'une fièvre continue, avec assoupissement , le 29 de juillet, nous avons encore perdu Île grand et incomparable M. Saumaise (1}, qui est mort en deux jours, à Spa , où il étoit avec sa femme à prendre les eaux, âgé de soixante-cinq ans passés. M. le garde des sceaux de Chateauneuf mourat hier au matin à Leuville, à neuf lieues d'ici, Agé de septante-six ans. Toutes ces morts d’honnêtes gens m'étonnent fort, et me causent grande tristesse en l'esprit.

Je sais bien que votre affaire contre Bailli a changé de face; que M Voisin, gendre de feu M. Talon, l'avocat général, est allé en Auvergne y être intendant, et que vous avez un autre rapporteur , vers lequel je n'ai nulle connoissance ; c'est M. votre beau-frère qui me l'a dit. J'espère qu'un barbier ne

(4) Claëde Ssumaisc , ou Salmasius , naquit à Sémur (Côte-d'Or) le 15 avril 41388 , est mort à Spa le 3 septembre 1683. (R. P.

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