LV NOTICE SUR GUI PATIN
l'Oise. Sa famille était de cette bonne bourgeoisie dont les lumières, la force et l'influence s’accroissant toujours a fini par s’emparer du pouvoir dans notre société actuelle. Plusieurs de ses parents s’étaient distingués dans le siècle précédent, notamment Martin-Jean Patin, avocat au parlement de Paris, dont le nom figure parmi les personnages célèbres mentionnés aux Dialogues des avocats du parlement de Paris, par Antoine Loisel. Ce Jean Patin était oncle de François Patin, avocat au parlement de Paris, qui fut le père de Gui Patin. Francois Patin exerça sa profession dans la capitale; mais, soit qu'il n'y réussit pas, soit que séduit, comme il faut le croire d'après son fils, par les promesses du éeigneur de Hodenc, il se retira dans ce rays, et fut chargé de l'administration des biens de ce même seigneur, dont il eut ensuite beaucoup à se plaindre. François Patin se maria, et de ce mariage naquirent plusieurs enfants. Gui Patin était le second des garcons. Élevé d’abord dans la maison paternelle, on l’envoya à Paris achever ses études. Depuis cette époque, il est difficile de savoir ce que fit le savant docteur à venir. Il paraît certain, toutefois, que la fortune ne l'avait réellement pas favorisé, mais son caractère ferme, élevé, se prononça tout d’abord. N'ayant ni l’obséquieuse courtisanerie qui rend le chemin facile, ni cette bassesse misérable qui s’humilie devant la bassesse puissante , les obstacles se multiplièrent ; ce qui ne l’empêchait pas , comme il le dit, de porter son verteæ sublimis si haut, que cela ressemblait à de l'orgueil. Cependant comment vivait-il ? quelles étaient ses ressources? car la fortune de ses pa-