DE LA PHILOSOPHIE DE LOCKE
Le cartésianisme et l'école de Locke forment deux grandes époques dans l'histoire de la philosophie. Ces deux doctrines ont paru à très-peu de distance l'une de l'autre, et la seconde est née de la première. C est en 1694 que parut Y Essai sur V entendement humain de l'illustre Locke. Ce philosophe entreprit de renverser le cartésianisme et de refaire l'entendement lui-même. Il attaqua par beaucoup d'arguments la doctrine cartésienne des idées innées, existant dans Tàrne à priori et indépendamment de la sensation. Il partit de l'ignorance absolue, ou, comme on dit, de la table rase. Il essaya de prouver que toutes nos idées simples viennent de la sensation et de la réflexion, c'est-àdire des sens externes et du sens interne. Suivant lui, l'expérience est la seule source où l'homme puise les éléments de son savoir; elle est extérieure ou intérieure, et par conséquent il n'y a que deux sortes d'idées, celles qui viennent de l'expérience extérieure, c'est-à-dire des sensations, et celles
LOCKE. l'J
qui viennent de 1 expérience intérieure, c'est-àdire la conscience. Les objets des premières sont toutes les choses matérielles; les objets des secondes sont les facultés de l'a me par lesquelles elle pense, perçoit, doute, etc. Les idées simples constituent toute la matière du savoir humain, attendu que toutes les idées composées peuvent être réduites aux idées simples. L'esprit ne renferme en lui-même aucune idée simple , et il ne saurait en produire aucune. Il les reçoit toutes, telles quelles lui sont offertes, sans y pouvoir rien changer. Les idées simples dépendent des perceptions d'un seul sens, ou des perceptions réunies de plusieurs sens. Ainsi les idées des couleurs et de la lumière proviennent des seules sensations visuelles, celles des odeurs du sens de Todorat, et celles des saveurs du goût, il en est de même des sons. Au contraire , les idées de l'étendue et de la figure sont également produites par la vue et par le tact.
Mais comment ce philosophe prouve- t-il qu'il n'y a pas d'idées innées, et que toutes les idées simples viennent ou de la sensation ou de la réflexion? S'il y avait des idées innées, dit-il, tous les hommes devraient en avoir la conscience. Il est absurde de soutenir que l'esprit ait des idées qu'il ne perçoit pas et qu'il ne connaît pas du tout. Il ne saurait contenir des principes, des propositions qu'il n'aurait jamais connus ou dont il n'aurait point eu conscience. Si donc il y avait des principes innés, ils devraient être universellement re-
connus ou sentis par l'entendement. Or, en fait, les enfants, les idiots, les sauvages ne les possèdent point. Qui pourra dire que ces propositions fondamentales du savoir humain : Ce qui est, est; il est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en même temps , soient entendues des jeunes enfants et des ignorants? Il ne suffît pas de répondre que les hommes connaissent ces principes dès qu'ils arrivent à l'âge de raison; car, en premier lieu, si les hommes acquièrent la connaissance de ces principes, il s'ensuit que cette connaissance est acquise et non innée; et en outre il est faux que tous les hommes parvenus à l'âge de raison connaissent le principe de contradiction. Les sauvages et en général les ignorants passent leur vie sans le connaître '. Enfin combien les enfants ne donnent-ils pas de preuves de l'usage de la raison bien avant d'être arrivés à l'époque où ils ont la plus légère notion de ce principe! et comment serait-il possible que la nature eût primitivement imprimé dans notre âme une chose qui est la source et la règle de l'entendement, et qui néanmoins aurait besoin de l'exercice de ce même entendement pour être connue? La doctrine des idées innées et des principes à priori, conclut Locke, est donc une hypothèse chimérique démentie par l'expérience.
Si on examine les idées les plus intellectuelles, dit Locke, il est facile de voir qu'elles doivent tou-
1 Locke, liv. r.
tes leur origine à la sensation et à la conscience. L'idée de l'espace ou de l'étendue provient des sensations de la vue et du tact. L'expérience nous enseigne que nous voyons avec les yeux une étendue colorée , que nous touchons avec nos mains une étendue solide. L'idée d'espace nous vient donc des sensations. En rentrant en nous-mêmes, nous éprouvons une série non interrompue de modifications qui se succèdent; de-là, l'idée de la durée et du temps. Ainsi les deux principales notions de la métaphysique, l'espace et le temps, dérivent de l'expérience : la première de l'expérience externe, la seconde de l'expérience interne.
Parmi toutes nos idées, il n'y en a aucune qui nous soit suggérée par plus de voies que celle de Y unité; aussi n'y en a-t-il pas de plus simple1. Il n'y a dans cette idée aucune apparence de variété ou de composition, et elle se trouve jointe à chaque objet qui frappe nos sens, à chaque idée qui se présente à notre entendement, à chaque pensée de notre esprit. C'est pourquoi il n'y en a point qui nous soit plus familière. Il n'y en a pas aussi de plus universelle , car le nombre s'applique aux hommes, aux anges, aux actions, aux pensées , en un mot à tout ce qui existe ou peut être imaginé. C'est en répétant cette idée de l'unité dans notre esprit et en joignant ensemble ces répétitions, que nous nous formons les idées complexes des nombres.
1 Locke, liv. u, ch. xvi, § 1, 2.
En considérant par le moyen des sens la perpétuelle vicissitude des choses, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer que plusieurs choses particulières , soit qualités , soit substances , commencent d'exister, et quelles reçoivent leur existence de l'application et opération de quelque autre être. C'est par cette observation que nous acquérons les idées de cause et ftejfet. Nous désignons par le nom de cause ce qui produit quelque idée simple ou complexe, et par le nom d'effet ce qui est produit. Ainsi, ayant vu que dans la cire la fluidité, qui est une idée simple, est constamment produite par 1 application d'un certain degré de chaleur , nous disons que la chaleur est la cause de la fluidité et que la fluidité est l'effet de la chaleur. De même en observant que la substance du bois , qui est une certaine collection d'idées simples , est réduite au moyen du feu en une autre substance qu'on appelle cendre (autre idée complexe différente de celle du bois), nous considérons le feu par rapport aux cendres comme la cause, et les cendres comme 1 effet !.
Lorsque^ en considérant une chose comme existant en un certain temps et en un certain lieu déterminés , nous la comparons avec elle-même existant en un autre temps et en un autre lieu, nous formons les idées d'identité et de diversité2. L'identité consiste en ce que les idées auxquelles on l'at-
J Locke, liv. n, ch. xxvi,§ 1. — 2 ibitl. ch. xxvn. § 1.
tribue ne sont en rien différentes de ce qu'elles étaient au moment où nous considérions leur précédente existence à laquelle nous comparons leur existence présente. Car, ne voyant jamais et ne pouvant pas même concevoir qu'il soit possible que deux choses de la même espèce existent en même temps dans le même lieu, nous avons le droit de conclure que tout ce qui existe quelque part à un certain moment, exclut une autre chose de la même espèce et existe là tout seul. Lors donc que nous demandons si une chose est la même ou non, cela se rapporte toujours à une chose qui, en un tel temps, existait en un tel lieu, et qui dans cet instant était certainement là avec elle-même et non avec une autre. Il suit de là qu'une chose ne saurait avoir deux commencements d'existence, et deux choses un seul commencement, étant impossible que deux choses de la même espèce existent simultanément dans le même lieu, ou qu'une seule et même chose existe en des lieux différents. En conséquence, ce qui a un même commencement par rapport au temps et au lieu , est la même chose ; et ce qui, sous les deux rapports, a un commencement différent de cette chose, n'est pas la même chose, mais en diffère.
Si on veut savoir de quelle espèce est l'idée d'infinité1, il n'y a pas de meilleur moyen que de considérer à quelle chose nous l'attribuons immédiate-
4 Locke, liv. n, ch. xvn. § 1.
ment, et d'observer la manière dont se forme cette notion. Il me semble que le fini et V infini sont regardés comme des modes de la quantité, et qu'ils ne sont primitivement attribués qu'aux choses qui ont des parties et qui sont susceptibles de plus et de moins par l'addition ou la soustraction de la moindre partie. Telles sont les idées de l'espace, du temps, du nombre. A la vérité Dieu est incompréhensiblement infini. Cependant, lorsque dans notre entendement si borné et si faible nous appliquons notre idée d'infini à ce premier être, c'est principalement par rapport à sa durée et à son ubiquité et, plus figurément, par rapport à sa puissance, à sa sagesse, à sa bonté et à ses autres attributs, qui sont effectivement inépuisables et incompréhensibles. C'est pourquoi lorsque nous appelons ces attributs infinis, nous n'avons d'autre idée de cette infinité que celle qui porte notre esprit à réfléchir sur le nombre et sur l'étendue des actes ou objets de la puissance, de la sagesse et de la bonté divines, actes et objets dont le nombre ne peut jamais être si grand que ces attributs ne soient toujours bien au-delà.
Mais comment se forment les idées de fini et d'infini ? Des portions bornées d'étendue, venant à frapper nos sens, nous donnent l'idée du fini; de même les périodes ordinaires du temps, comme les heures, les jours et les années i . Quiconque a l'idée de quelque longueur déterminée, voit bien qu'il peut répé-
1 Locke, liv. h, ch. xvn, S 2.
1er incessamment cette idée sans jamais arriver à la fin des additions *. C'est de là que dérive l'idée d'un espace infini 2. Pareillement c'est par le pouvoir que nous avons de répéter incessamment l'idée d'une longueur déterminée de la durée que nous nous formons l'idée de l'éternité. — Locke conclut de tout cela, que l'idée d'une chose infinie et d'un espace infini n'est que négative, et qu'il ne faut pas confondre l'idée d'un espace infini avec celle de l'infinité de l'espace 3. Cette dernière consiste dans l'idée d'une progression sans fin. Mais supposer qu'on puisse avoir actuellement dans l'esprit l'idée d'un espace infini, c'est supposer que l'esprit a parcouru cet espace, ce qui répugne à l'idée de Y infinité, laquelle implique de ne pouvoir jamais être parcourue.
Les idées de l'espace , du temps , de l'unité , du nombre, de l'identité, de la diversité, du fini, de l'infini dérivent donc, selon Locke, de la sensation et de la réflexion. Mais on lui demande quelle est l'origine de l'idée de substance? Voici sa réponse. « J'avoue4, dit-il, qu'il y a une idée qu'il serait avantageux aux hommes d'avoir, parce qu'elle est le sujet général de leurs discours, où ils font entrer partout cette idée, comme s'ils la connaissaient effectivement : je veux parler de l'idée de la substance, que nous n'avons ni ne pouvons avoir par voie de
1 Locke, liv. n , ch. xvn , § 3. — 2 Ibid. § 5. — 3 Ibid. §§ 13 • 14 et suiv. — * Liv. i, ch. m, § 18.
sensation ou de réflexion. Si la nature se chargeait du soin de nous donner quelques idées, il y aurait sujet d'espérer que ce seraient celles que nous ne pouvons pas acquérir nous-mêmes par l'usage de nos facultés. Mais nous voyons, au contraire, que l'idée de substance ne nous parvenant pas par les mêmes voies que les autres, elle ne nous est pas distinctement connue, de manière que le mot de substance n'emporte autre chose à notre égard qu'un certain sujet indéterminé que nous ne connaissons point, c'est-à-dire quelque chose dont nous n'avons aucune idée particulière, distincte et positive, mais que nous regardons comme le soutien ou substratum des idées que nous connaissons. »
L'origine de la science est donc, selon Locke, dans l'expérience. Mais sur quoi reposent la réalité et la certitude de la science elle-même?
« 11 est évident, dit-il ', que l'esprit ne connaît pas les choses immédiatement, mais seulement par l'intervention des idées qu'il en a. Par conséquent notre connaissance n'est réelle qu'autant qu'il y a de la conformité entre nos idées et la réalité des choses. » Mais quel sera ici notre critérium? Comment l'esprit qui n'aperçoit rien que ses propres idées, connaîtra-t-il qu'elles conviennent avec les choses mêmes? — Voici ce qu'on peut répondre 2. — L'esprit ne peut créer les idées simples; elles ne sont donc pas des fictions de notre propre imagina-
1 Locke, liv. iv, ch. iv, § o. — 2 Ibid. § à.
tion, mais des productions naturelles et régulières de choses existant hors de nous et opérant réellement sur nous. Ainsi les idées simples ont de la réalité, car elles représentent les choses sous les apparences qu'elles sont capables de produire en nous. L'idée de blancheur et cV amertume, telle qu'elle est dans l'esprit, étant exactement conforme à la puissance qui est dans un corps d'y produire une telle idée, a toute la conformité réelle qu'elle peut et doit avoir avec les choses hors de nous; et cette conformité entre nos idées simples et l'existence des choses suffît pour nous donner une connaissance réelle. »
Il faut distinguer dans les corps les qu alités primaires ç\, les qualités secondaires K Les premières appartiennent réellement au corps et en sont inséparables : telles sont l'étendue, la figure, la solidité, la mobilité; les secondes ne peuvent être objectivement considérées comme des qualités réelles, mais comme de simples puissances qu'ont les corps de produire en notre esprit, au moyen de leurs qualités primaires, diverses idées simples, comme les couleurs, les odeurs, les sons, les saveurs. Les qualités secondes se divisent en immédiates et médiates2. Ainsi le lait a pour qualité seconde immédiate la blancheur, et le soleil a la qualité seconde médiate de rendre blanche la toile, parce qu'il a la puissance de produire dans les qualités primaires
1 Locke, liv. n. ch. vm , § 9 et sniv. — 2 § 2G.
de la toile un changement en vertu duquel elles acquièrent le pouvoir de produire en nous l'idée simple de la blancheur. Cette distinction avait déjà été faite par les cartésiens.
Toutes nos idées complexes, ajoute Locke1 , excepté celles des substances, étant des modèles, des architypesque l'esprit a formés lui-même et qu'il n'a pas destinés à être des copies de quoi que ce soit, ni à se rapporter à l'existence d'aucune chose, ne peuvent manquer d'avoir toute la conformité nécessaire à une connaissance réelle. Ce qui n'est pas destiné à représenter autre chose que soi ne peut, à coup sûr, être susceptible d'une fausse représentation. Le mathématicien, après avoir acquis l'idée d'espace et d'unité, peut, au moyen de l'activité de son esprit, se former les idées complexes de toutes les figures et de tous les nombres, en faisant abstraction de l'existence réelle de ces figures et nombres dans la nature 2. Il peut, en conséquence, acquérir de cette manière des connaissances qui sont réelles par rapport à l'esprit, hypothétiques par rapport à la nature. Est-il vrai de l'idée du triangle, que ses trois angles sont égaux à deux droits ? Cela sera également vrai d'un triangle réellement existant, s'il en existe un quelque part. Mais que le triangle existe, c'est ce qui n'entre en aucune façon dans la connaissance géométrique.
11 v a aussi une autre espèce d'idées complexes,
1 Locke, liv. îv, ch. iv, § 5. — 2 Ibicl. § 6.
qui, se rapportant à des originaux hors de nous, peuvent en être différentes l ; et par conséquent la connaissance que nous en avons peut n'être pas réelle; telles sont nos idées des substances qui, consistant en une collection d'idées simples, qu'on suppose tirées de la nature même, peuvent cependant différer de leurs archétypes, si elles renferment plus ou moins ou d'autres idées que celles qui se trouvaient unies dans les choses mêmes.
Ainsi donc les idées simples sont réelles, parce qu'elles viennent des objets réels. Les idées complexes des substances sont réelles, lorsque l'union des idées simples qui constituent les complexes est donnée par l'expérience. La réalité de la science humaine est donc appuyée sur l'expérience. Par l'expérience intérieure nous connaissons notre propre existence; par l'extérieure, l'existence des corps; et, partant de ces données expérimentales, nous connaissons par démonstration l'existence de Dieu.
Mais il importe ici de développer un peu plus longuement la doctrine de Locke relative à la connaissance des existences.
Nous connaissons, dit ce philosophe2, notre existence propre par intuition, celle de Dieu par démonstration , et celle de tout le reste par sensation.
Pour ce qui est de notre existence, nous l'apercevons avec tant d'évidence et tant de certitude, que
1 Locke, liv. iv, ch. iv, SU. — 2 Ibid. ch. ix, §§2,3.
la chose n'a pas besoin d'être démontrée et ne peut l'être. Notre existence ou l'existence de notre Moi est donc pour Locke une vérité primitive. Le Moi est aperçu intuitivement. « Je pense , dit-il, je raisonne , je sens du plaisir et de la douleur; aucune de ces choses peut-elle mètre plus évidente que ma propre existence? Si je doute de toute autre chose, ce doute même me convainc de ma propre existence et ne me permet pas d'en douter; car, si je connais que je sens de la douleur, il est évident que j'ai une perception aussi certaine de mon existence que de l'existence de la douleur; et, si je connais que je doute, j'ai une perception aussi certaine de l'existence de la chose qui doute que de cette pensée même que j'appelle doute. C'est donc l'expérience qui nous atteste que nous avons une connaissance intuitive de notre existence, et une infaillible perception intérieure que nous sommes quelque chose. »
Jusqu'ici le philosophe anglais ne fait qu'adopter simplement le principe cartésien : Je pense, donc je suis.
Mais il se sépare promptement de Descartes. Je suis ; c'est incontestable, c'est une vérité intuitive; mais que suis-je ?
Que suis-je? telle est la question que s'adresse aussi Descartes, ( 2e médit. ) et il se fait immédiatement cette réponse : Je suis une chose qui pense , c'est-à-dire une chose qui doute , qui connaît, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas. Dans l'idée d'une chose qui pense, ajoute en-
core Descartes , je ne trouve pas l'étendue; l'être pensant est donc inëtendu et immatériel. Locke admit le principe de l'argument cartésien, mais il nia la conséquence. Je ne trouve pas, dit-il, l'étendue dans l'idée de l'être pensant, donc la matière n'est pas essentiellement pensante ; mais il ne suit pas de là que Dieu n'ait pas pu accorder à la matière la faculté de penser; et à cause de cela nous ignorons si ce qui pense en nous est matière ou pur esprit.
Quant à l'existence de Dieu, Locke, ayant rejeté les idées innées, ne pouvait la déduire, comme faisait Descartes, de l'idée de l'être infiniment parfait. Mais bien que Dieu ne nous ait donné de lui-même aucune idée qui soit née avec nous, néanmoins (selon Locke), comme il a donné à notre esprit les facultés dont il est orné, et étant, comme nous sommes, doués de sensibilité , d'intelligence et de raison, les preuves de son existence ne peuvent nous manquer si nous réfléchissons sur nous-mêmes.
Voici la série des propositions qui établissent la démonstration de Dieu par Locke !.