‹ Lettres de J. Barbey d'Aurevilly à Léon Bloy;Chapitre 2 sur 11 · J'étais alors à Périgueux · texte numérisé non relu

J'étais alors à Périgueux

2. Le philosophe Blanc de Saint-Bonnet, auteur de la Restauration française.

blement ma vie sans rencontrer rien de pareil.

Très-entièrement et très-affectueusement à vous.

Jules Barbey d'Aurevilly.

Mon cher monsieur Bloy. La 6n de mon article au ConstituiioAnel cinq feuillets et demi) vient de partir par l'ordinaire du soir et voici ma lettre qui vous l'apprend.

Vous pouvez donc aller donner un regard aux corrections. On les fait très-bien au Constitutionnel. Cependant vérifiez-les sur ma copie. Elle est très-lisible et, d'ailleurs, je nie fie à vous.

Je n'ai que le temps de vous dire adieu el de fermer ma lettre. Je mets, dans ses plis, le fragment de celle de Saint-Bonnet dont j*ai parlé dans ma dernière lettre (d'hier) à

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M. Landry et qui n'est pas encore une réponse à la mienne. Conservez-moi ce fragment.

Tout à vous de cœur et pressé en diable.

J. B. d'Aurevilly.

Saint- Sauveur, samedi 13 décembre 1813.

Mon cher monsieur Bloy, Vous recevrez ceci demain dimanche, au sortir de la messe.

Allez de suite corriger un article de moi qui vous attend au Constitutionnel et qui doit paraître demain. Donc vite, vite !

Vous avez corrigé admirablement le dernier. Faites de même pour celui-ci. (Sur VHistoire du xv^ siècle par Vabhé Christophe.)

Je vous écris fort en l'air, à Saint-Sauveur, où je suis à voir mon abbé, et je n'ai pas de papier de chez Picard ni d'encre violette. Celle-ci rate... et n'est que lilas.

Ils viennent de m'envoyer votre belle lettre, arrivée hier à Valognes. Je suis heureux de

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l'avoir reçue. J'y répondrai de Valognes où je retourne demain matin.

Orate et vigilate ! Orate est pour moi, et vigilate pour mon article.

Tout à vous.

Jules Barbey d'Aurevilly.

Bien des choses au doux Landry.

Valognes, jeudi 18 décembre, hôtel Grand val-Caligny.

Mon cher monsieur Bloy, Merci d'abord de vos corrections et prière d'aller au Constitutionnel me prendre, pour me les enyoyer, trois numéros de mon article. Vous les demanderez à mon ami, M. Azambre, qui vous les donnera ou qui me les enverra lui-même.

M. Nicolardot, qui croyait que je paraissais le lundi [ut mos est)^ m'a envoyé trois numéros du lundi, ce qui ne fait nullement mon affaire, puisque c'est le mardi que j'ai paru... exceptionnellement. Mais pourquoi l'exception? Je ne le sais pas.

Cela dit, parlons de vous.

Je suis enchanté que Veuillot, stylé par Saint-Bonnet, vous arrache aux horreurs du

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tabellionnage. J'ai, avec votre lettre, reçu une autre lettre du dit Saint-Bonnet, qui m'annonce, avec joie, qu'il croit vous avoir mis à flot. Es muy bien * 1

Cette lettre, que je vous montrerai à mon retour à Paris (les premiers jours de janvier), m'engage à vous donner des conseils de sagesse intellectuelle dans vos travaux futurs à r Univers^ mais je suis peu propre à donner de pareils conseils. Moi, je suis un intense ! Cependant, Saint-Bonnet a raison.

Il ne le dit pas comme moi ; je ne le dis pas comme lui, mais il faut plaire aux imbéciles de VUnivers^i^ VeuîUot excepté, bienentendu, il y en a là un fier bataillon.

Or, les imbéciles sont toujours -envieux ; ils peuvent circonvenir Veuillot et vous démolir.

Et les imbéciles sont comme les bêtes à cornes (ils en ont si souvent !), les coule^urs éclatantes les rendent fous et féroces. Défiez-

1. Je venais alors d'entrer à l'Univers, d'où je fus congédié après six articles.

VOUS donc, dans vos 'premiers articles, de Téclat de votre style et même de C éclat de vos opinions,

Rappelez-\ous qu'à moi (même à moi !) Veuillot, qui craignait mon trop de race, parlait de me mettre un joli petit mors d'acier fin. Je n'en ai pas voulu, mais il l'a peut-être gardé pour vous.

Quant à Coligny, c'est un homme, mais c'est une vertu à la protestante, c'est-à-dire une vertu dont la colonne vertébrale est l'orgueil. Bien loin de le grandir, cela le diminue. L'orgueil se casse, en se dressant...

Jugez-moi la grandeur morale de Coligny du point de vue de Phumilité chrétienne, car il n'a qu'une grandeur morale. En politique, il voit faux, comme tous les protestants.

Pourquoi ne m'avoir pas envoyé le bouquin? Je l'aurais humé et je vous aurais dit ce que j'en pense. C'est probablement de quelque crétin de catholique pusillanime, — un baise-cul du xix® siècle, qui, par parenthèse, a un bien triste cul !

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Lisez sur Coligny ce qu'en dit Dargaud, dans son Histoire de la Liberté religieibse.

Seulement, gardez-vous à carreau ! Dargaud est un libre penseur, et il est dupe de l'orgueil delà vertu... Il n'y a que des catholiques qui se connaissent en vertu, et, je vous le répète, la pierre de touche de la vertu, c'est l'humilité.

Pour moi qui n'écris plus de lettres, c'est beaucoup que ceci, et je vous souhaite le bonsoir.

Votre très-affectionné, Jules Barbey d'Aurevilly.

Bien des choses à M. Landry. Que le cannier attende mon arrivée pour faire sa béquille à M"*" de Maistre. Je ne la veux point en houx. Le cannier a fait confusion. C'est moi qui lui rapporterai, T^our moi^ un houx, — coupé dans les bois de Brix d'où Robert Bruce est sorti, — et qu'il me ferrera en acier.

Hôtel Grandval-Caligny, Jeudi 18 juin 1874.

Mon cher Monsieur Bloy,

Je mets à la poste, à l'instant, la première partie de mon article au Constitutionnel; la deuxième partira demain.

Vous pouvez donc, samedi, aller corriger. Ali est prévenu.

J'ai écrit le plus lisiblement que j'ai pu ce diable d'article, sur un imbécile. J'ai répété en surcharge les mots qui ne me paraissaient pas nets à Vœil^ mais n'était-ce pas inutile avec vous, mon lynx attaché ?...

Corrigez donc, mon cher monsieur Bloy,

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avec Tamitié que vous avez pour mes écrits et pour ma personne, et croyez-moi

Votre très-affectionné et reconnaissant, J. B. d'Aurevilly.

Mille choses à M. Landry.

Quand vous aurez du Veuillottttt dans r Univers, crachez-le-moi! — Corrigez sur la copie, demandez-la.

A I.éON BLOT 29

Vendredi 19 juin, hôtel Grandval.

Eh bien ! c'est encore moi.

J'envoie avec ce brimborion de billet la fin de mon article au Constitu...

Six pages. Corrigez avec doubles besicles.

Attention aux surcharges et aux mots répétés, pour que vous les voyiez mieux.

Cela dit, allez chez moi. Voyez Madame Le Br... Elle m'a mandé, dans sa dernière lettre, qu'elle m'avait mis des épreuves à la poste.

Était-ce des épreuves Monnoyer du Mans ou d'autres? Je n'ai reçu que des épreuves Monnoyer. Elles m'étaient adressées directement à Valognes, pourquoi donc seraient-elles allées à Paris?...

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Répondre à cela. En hâte et tout à vous,

Pour M"^^ Le Br...

Et les pantoufles? Je deyiens pantoufle en les attendant.

20 juin 1874, samedi. Valognes.

Monsieur Bloy, mon ami,

C'est encore moi, — toujours moi, — je suis insupportable.

Mais inquiet... toujours I

Je viens d'écrire à M. Ali * pour lui envoyer le titre exact de mon article; le Diable de l'anxiété, qui est en moi, me souffle que je Tai peut-être mal écrit. Je n'ai pas de copie de mon article. Je ne puis donc vérifier.

Dans tous les cas, le voici :

Etudes philosophiques et historiques sur les civilisations.

Ceci vous arrivera assez à temps pour vérifier et corriger.

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