ES CHERS COMPATRIOTES
I l n'a pas dépendu de nous de faire que le décret du i5 mai , en faveur des citoyens de couleur , fût maintenu ; mais une cabale affreuse , une coalition des colons , avec quelques négocians , des nouvelles fabriquées par eux , qui ont allarmé ceux qui connoissoient peu les colonies , une foule d'imprimés répandus tout-à-coup avec profusion , faits pour égarer les esprits foibles de l'assemblée nationale par toutes les menaces qu'ils contenoient , ont surpris enfin à l'assemblée nationale le décret du 2,3 septembre dernier , qui an nulle le décret du x5 mai , et donne aux assemblées coloniales , composées des colons blancs , le droit de statuer , sous la sanction du roi , sur l'état politique des personnes de couleur, nées de pères et mères libres.
Telle a été , mes chers compatriotes , la marche de nos adversaires ; elle étoit si peu prévue par nous , et leurs mesures ont été si bien concertées , que nous n'avons pu les prévenir ; il eut fallu , pour cela, faire imprimer , avec autant de célérité et de profusion qu'eux,
Sour répondre à tous leurs écrits , en démontrer les mensonges , et émasquer enfin ces hommes qui.., sous prétexte d'une politique qu'ils disent nécessaire , cachent leur orgueil aristocratique , qui ne sauroient voir des hommes comme eux avoir les mêmes droits. Mais , pour suivre cette mesure., il falloit faire de nouveaux frais d'impressions, et ceux que j'avois déjà faits jusqu'à ce moment dans tous les genres , m'avoient mis hors d'état de pouvoir continuer , à moins de m'exposer à compromettre en entier ma fortune , que les dépenses pour cette affaire, qui n'ont roulé que sur moi seul jusqu'à ce jour , ont déjà diminué de plus de cent mille livres. MM. Terrier et Lamothe , porteurs de vos pouvoirs , pourront vous attester ce fait , d'après les preuves que je Leur ai données , que je n'avois été secouru ici de personne , non plus que de V Amérique , dans les frais considérables oh une pareille affaire doit entraîner quelqu'un , qui , comme moi 9 s'y est livré tout entier.
Je ne dois pas vous cacher et vous taire ce que j'ai déjà écrit plu- Sieurs fois à nos frères de la partie du Sud, et que j 'avals chargé de vous communiquer ■ ; que votre négligence à effectuer Le don patriotique qu'ils m'avolent autorisé de faire en leur nom , a beaucoup nul à ïibtre cause ; car je ne fais aucun doute que , si ce don de six millions des colonies eût été effectué avant , ou Immédiatement après le décret du i$ mai 3 jamais II n'eiît été révoqué , parce que l'assemblée nationale eût vu une classe d' hommes bien Intéressante et digne de la plus grande protection , dans clés hommes qui eussent fait un don aussi considérable ci la nation , et sur - tout lorsque la classe des blancs qui cherchaient à les avilir , n'offrait, et ne donnolt rien.
Au contraire, cette offre n'étant point effectuée, les colons blancs l'ont tournée en ridicule , et nous ont représentés comme une horde de vagabonds , presque sans possessions , et n'étant tout au plus qu'au nombre de 5 à 6,000 dans toutes les colonies. Toutes ces inculpations fausses sans doute , n'ont que trop fait d'effet envers ceux qui ne connoissent pas les colonies ; et nous avons été sacrifiés à l'opulence que les colons blancs âffiehoiénf , à leurs grandes possessions , et à leur nombre supposé immense dans les colonies.
Malgré tout cela , mes chers compatriotes , rien n'est encore désespéré , si vous vous montrez bons français et bons patriotes'; et ce ne sera pas en faisant des Insurrections , que vous parviendrez aie prouver j car, dans utp pays comme celui que vous habitez , elles ne peuvent , comme vous le sentez bien , que le mener à sa fui%e totale j vous devez donc vous en tenir à solliciter Ici auprès de l'assemblée nationale , en obéissant d'avance ci tous ses décrets ; donnez cet exemple aux colons blancs ; mais adressez toujours vos pétitions au corps législatif , la loi vous en accorde le droit ; ce n'est qu'en suivant cette marche , que vous parviendrez à être réintégrés dans vos droits^ Vo> s exposerez toutes les brigues qu'on a employées , pour faire retirer le décret du i5 mal ; vous prouverez ensuite , d'une manière évidente , que vous possédez , comme II est vrai 3 le tiers au moins des terres dans les colonies , et le quart des esclaves ; ensuite , que notre classe forme au moins la moitié de la population libre des colonies , et que cette classe est d'une utilité indispensable au maintien des esclaves ; que ses consommations sont une des principales ressources du commerce de France ; enfin , tout ce qui pourra faire sentir aux représentans de la nation, combien il est intéressant et politique même de vous faire jouir des droits , dont un citoyen propriétaire sur-tout doit jouir.
Pour cela , comme je vous l'ai mandé plusieurs fois , il vous faut
ici des représentans qui puissent sans cesse agir , et saisir les occasions
favor blés ; il faut qu'ils soient munis de pouvoirs de chacune des
a'ois-es de la colonie , pareils au moins à ceux dont vous avez chargés
Perrier et Lamothe, Ce n'est pas tout encore , il faut que vos
veiv.r aarx s puissent
représentai! s puissent avoir des fonds suffis an s ,;' pour sub dépenses qu'il y aura à faire clans leurs missions, et qu'il' se "montrer d'une manière à faire connoitte que leurs commettions ne sont pas sans possessions et sans moyens; car aùtoeïn'ent les discours et les écrits des colons blancs prévaudront toujours , et l'on croira véritablement notre classe peu considérable, peu intéressante, et elle sera sans cesse sacrifiée à celle des blancs.
Depuis plus d'un an je n'ai discontinué de vous écrire , pour vous avertir qu'il falloit envoyer des députés et de l'argent, pour suivre notre cause auprès de la nouvelle législature. Je vous ai mandé également que mes moyens étoient épuisés par sept ans de dépenses faites pour solliciter et défendre notre cause ; vous saurez que depuis le commencement de 1785 , j'ai commencé de réclamer auprès du ministre de la marine, a) et ensuite à l'assemblée nationale ; que pour cela j'ai fait deux voyages exprès à Paris, très-coûteux par les dépenses où ils m'ont entraîne; qu'indépendamment de ces frais , j'ai payé pour près de quinze mille livres tournois de frais d'impression; que j'ai été obligé et que je le suis encore, de donner souvent à manger à toutes les personnes qui peuvent être utiles à la cause, ou qui la défendent, afin de pouvoir les rassembler , leur communiquer et arrêter ce q\u 'il [fallait faire : Que pendant toute la durée de la première législature , j'étois obligé de prendre trois ou quatre fois par semaine des fiacres-, pour aller voir tous les députés qui parloient pour nous , et que cela me coûtoit chaque fois six et nuit francs , enfin une infinité d'autres dépenses où l'on est entraîné quand on est forcé d'êîre répandu; ajoutez à cela la vente forcée de mon habitation, obligé de la donner au-dessous de sa valeur(Z>), sur laquelle on m'arrache encore trente mille livres tournois , par les fraudes des experts blancs , ( lors de la mise en possession à l'Amérique ) qui tous desiroient, comme vous le pensez, me voir ruiné, puisqu'ils ne pouvûient me perdre. Ils ont agi dans cette occasion avec d'autant plus de sûreté, que pas un de mes frères n'a osé se présenter dans ces circonstances difficiles, comme je leur en avois donné le pouvoir. "Voilà à-peu-près l'état des choses qui me concernent; vous êtes trop justes, mes chers compatriotes , pour exiger que je fasse à mes frais , la dépense coûteuse d'une affaire commune, et que je continue de courir à ma ruine entière.
Si les blancs ont réussi à ce qu'ils vouloient , et sur- tout à faire révoquer le décret du i5 mai , c'est qu'ils ont toujours été en mouvement,
(a) M. Pinchina Ravine a été témoin de mes démarches , de ma correspondance avec le ministre , et de ison séjour à Versailles pour cet objet.
(b) J'expliquerai dans ma correspondance pourquoi j'ai été forcé de la vendre, et quels moyens les colons blancs avoient pris pour la faire piller et dévaste»
et cme ceux qui sont à Saint-Domingue leur fournissoient les fonds nécessaires, pour entreprendre torit ce qui clevoit les conduire à leui Lut. Voulez- vous détruire tout ce qu'ils ont obtenu ; ayez ici trois nprésentans , dans le nombre desquels il faut mettre le célèbre Brissot , écrivain sublime, infatigable, et qui a pris à cœur notre cause, comme 3a sienne propre. Joignez- lui deux personnes de notre classe, dont la fortune puisse les soutenir ici, et que vous n'oyez plus qu'à fournir aux dépenses extraordinaires ; il est aussi nécessaire qu'ils ayént quelques tait ns , et un certain acquit, afin d'écrire et parler dans l'occasion ; avec tout cela, et la bonté de voire cause, vous réussirez, n'en doutez pas, car vous avez ici beaucoup de partisans.
Messieurs Perrier et Lamothe m'ont dit que votre intention étoit bien de fournir des fonds, mais que vous ne saviez à qui les adresser, et que si je tirois sur quelques-uns de vous , vous feriez honneur à mes traites, en vous cotisant. Je prends donc ce parti; et je tire sur messieurs Couilleau, au Mont-Roui; Rivière, à Saint-Marc '; Montas, au Mirebalais ; Leroux, au Boucasin ; qu'ils m'ont indiqués; pour trente mille livres tournois , afin d'avoir des fonds pour revenir sur le décret du 2.3 septembre, qui révoque celui du i5 niai.
La législature dernière n'a pas eu le temps de faire la constitution des colonies; elle a laissé, par un décret, ce soin là à la présente; ainsi vous voyez combien il est essentiel de nous tenir prêts. Le seul décret du 2.3 septembre, concernant les colonies, a été fait par l'ancienne législature , et celle-ci est chargée de faire une constitution et des lob permanentes pour ces mêmes colonies; elle pourra donc change-' du 2.3 septembre, et réintégrer celui du i5 mai. C'est l'avis d'un partie de l'assemblée actuelle; mais dans la supposition où cela manquerait, la seconde législature, après celle-ci, aura le droit de reviser la constitution entière'; et il en sera de même à -chaque troisième législature , jusqu'à ce que la constitution scit dégagée de tous ses vices , et c'en est un bien grand , que deux classes de citoyens propriétaires , contribuant également, supportant les mêmes charges, ne jouissent pas des mêmes droits.
Ce que vous venez de îh'e , servira à vous convaincre de la nécessite d'avoir toujours ici des i^eprésentans / ne vous effrayez pas de ce qu il pourra vous en couler pour fournir au don patriotique et a L'entretien, de vos représentais , car ce sera peu de chose pour chacun , comme vous le verrez ci- après. Mais d'ailleurs, quel est celui qui ne préférât sacrifier une partie de sa fortune , peur jouir tranquillement et avec satisfaction du reste? Remarquez ce qu'il vous en a coûté de peines, de mortifications , d'argent même par la dévastation de plusieurs de vos possessions ; considérez de plus que dans l'état où sont les hommes de couleur dans les colonies, ils ne sont assurés ni de leur vie , ni de leurs biens. Je n'ai pas besoin de vous retracer ici tous vos malheurs , vous
rie décret me grande
ne les sentez que trop sans cloute , pour ne pas chercher le moyen de. les faite finir': et vous en aurez les moyens dans les représentans q;:e wous aurez Ici , et qui seront toujours prêts à présenter eut corps LgisJatif toutes les pétitions que vous leur adresserez, et ils réprimeront et redresseront les injustices qu'on pourroit vous faire éprouver. En un mot t ils seront des avocats que vous aurez toujours auprès du premier tribunal de la nation , ou auprès de la nation même..
J'avois , dans mes précédentes lettres fait un tabl eau et nn état approxim .tif des sommes que chacun eût été obligé de ïoum'r, et je les avois o-ra-.tuées sur la- fortune de- chacun , comme vous allez voir. Je supposois quinze mille personnes de couleur en état de fournir à cette souscription.
3000 ayant, depuis $0 nègres, et plus , auroïent donné pour le don patriotique i5oo liv., argent de l'Amérique, dont f comptant, f six mois après, et j restant, six mois après ce dernier. Assurément ce n'est pas bien chargeant pour chacun ; cette première classe aurait donc fourni, à i$oo liv. par tête, ci 4j^oo,ooo h
3ooo personnes, ayant depuis i5 nègres, jusqu'à 45, auroïent fourni 600 iiv. aux mêmes conditions^ et cela donneroitj ci 1, 800, 000
3ooo personnes, ayant depnis 5 nègres, jusqu'à 14 , auroient donné 2.00 Liv., ce qui. fait , ci 600, OOO
3ooo personnes., depuis 1 nègre, jusqu'à 4» auroient donné 100 liv-, ce qui fait, ci 3oo,ooo
3ooo ouvriers , et garçons et filles , de tous états , auroient donné chacun 66 liv. , ce qui feroit, ci 198,000
Total 7,398,000 1.
Le surplus des six millions , aurait servi à payer les commissions de celui qui les aurait recouverts , ou fait les frais pour les recevoir , pour des présens à faire à tous cSÙoû qui ont défendu notre cause , et qui
s fait pressentir qu'Us voûtaient être p'ayt
HVEUR ET DE NOTRE E.ECONNOIS-.ANCE DE LEDR OïFSïK DES CADEAUX DIGNES
d'eux et qui ne soient tas en argent ; car ies n'en recevroient pas (a).
(a) On voit par mes deux, lettres que j'ai parlé des personnes qui avoient défendu notre cause aux époques on ils l'ont fait. De Joly , l'ex- ministre, fut le premier; il se présenta avec nousàla barre de la Convention en novembre 1789. Et ce fut à cette époque que nous firnif* l'offre de six millions en don patriotique ; cela est consigné daas la pétition qu'il lut. Le second défenseur fut le citoyen Grégoire. Es
Présentement, sur la répartition que nous venons d'établir, vous pourriez" faire ceiïe qu'il faudra pour l'entretien et les Irais de vos r<sprésentans. Par exemple, la première classe fourniroit ponr cet objet une gourde par tête, et cela donnerait environ, ci, argent des colonies „ . 3o,oou 1.
La seconde , 6 1. par tête. i<3 ooo
La troisième, 3 1. par tête , 9,000
La quatrième, il. 10 s. par tête 4,5oo
La cinquième, x h 10 s. par tête 4,5oo
Total , 65,ooo 1.
Ce qui donneroit , argent de France , à-peu- près quarante-trois mille liv. Ce seroit, comme tous voyez, peu de chose pour chacun par an, et cela sufïiroit pour les irais de vos représentais , sur- tout s'ils avoient quelque chose <!e leur côté) ils auroi-ent aussi un secrétaire, occupé sans cesse aux dépêches qie ndus vous ferions passer régulièrement dans tous les quartiers, pour vous la ire cdnnôître l'état des choses ici , ce qui seroit bien essentiel.
Ne négligez donc plus, mes chers compatriotes , les moyens que je vous indique ; ce sont les seuls , croyez moi , qui puissent vous réussir 3 et vous pouvez facilement les exécuter , en chargeant dans chaque paroisse , quelqu'un de recevoir la contribution , la faire charger et adresser au premier négociant , soit de Bordeaux, de Nantes, du Havre, avec une lettre d'avis qui instruise celui à qui seront adressés les fonds , e£r à celui à qui le négociant devra en remettre le montant.
ce ne fut , comme je le dis dans ma première lettre , qu'après que de Jbly eut abandonné notre cause , que Clavière , Pétion et Biissot écrivirent sur cette cause. Dans ma seconde je parle des citoyens Robespierre , Lucas et autres. C est qu'en effet personne ne parla avec plus de force que Robespierre en faveur des principes , dans les discussions qui eurent lieu à la Convention lors de la révocation du décret du i5 mai. Les colons étoient si furieux contre lui alors , que plus d'une fois ils l'arrachèrent avec violence de la tribune , lorsqu'il prouvent qu'on renversoit les principes en retirant les droits des citoyens de couleur.
Dans une lettre postérieure à celle-ci , je parle du citoyen Milcent qui travailla beaucoup en faveur de cette cause; il donna un excellent ouvrage sous le titre de : Tétition de Mina. Si ce citoyen a gardé long-tems l'anonyme , et si je n'ai pas parlé plutôt de lui , c'est qu'il craignoit que ses possessions ne fussent ravagées par les blancs. J'ai parlé aussi dans mes premières lettres du citoyen Cournand , Bonnemain , Prudhomme, comme ayant écrit pour la cause des hommes de couleur. C'est à tous ces hommes à qui je voulois qu'ils témoignassent leur reconnaissance de la manière dont je l'indique dans la présente. Je le voulois , parce que je ne pensois pas qu'on pût un jour rn'imputer à crime le sentiment que je recommandois , sur-tout, pour des hommes qui alors jouissoient de l'estime publique.
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(?) ïtforrs nvnns le projet d'envoyer quelqu'un de sûr dans les .colonies, jioni' tenir une maison de commerce, à qui nous puissions tout adresser d'ici , et vous lui remettrez tout ce que vous aurez à nous faire passer. Ce serait bien avantageux pour tous , et cela donneroit une grande' activité à notre correspondance ; mais il faudroit que tous nos frères ne iissent des affaires qu'avec cette maison pour la soutenir et l'intéresser à nous servir. Il y en auroit une dans chaque partie de la colonie. Je ferai donc une tentative , et je vous préviens d'avance que je vous adresserai quelqu'un , à qui je vous prie de donner tous les secours , et qui sera porteur de plus amples instructions à cet égard (a).
On vient de chercher encore dans ce moment, à jetter l'assemblée dans des terreurs , en annonçant des nouvelles dont on reconnoît la fausseté au simple examen ; on répand ici que 5o mille esclaves révoltés , fortifiés et armés 3 auprès du Cap , ravagent et dévastent la colonie ; nous avons prouvé à l'assemblée nationale, par l'organe de nos défenseurs , que c'étoit un piège qu'on lui tendoit , pour avoir occasion de faire passer des troupes pour faire trembler les hommes de couleur (b). Nous avons dit qu'eux seuls , s'ils étaient armés , contiendraient les esclaves , et nous avons cité la Martinique où tout etoit tranquille , parce que les hommes de couleur y ont été toujours armés , et soutenus par les planteurs blancs , et qu'ils jouissent des avantages du décret du i5. C'est un fait dont nous sommes assurés , et qni doit noiis faire tout espérer. En répandant la fausse nouvelle que je viens de vous dire , les colons vyululcui faire entendre que les esclaves s'étoient révoltés à cause du décret du i5 mai , parce qu'ils voyoient que les hommes de couleur alloient jouir des droits de citoyens , ce qui leur faîsoit tenter de vouloir les avoir eux-mêmes j nous avons détruit tout cela.
Nous allons , avant quinze jours , présenter à l'assemblée nationale nos réclamations , et nohs nous présenterons , avec MM. Perrier et Lamothe , au comité des colonies , à qui nous communiquerons les pouvoirs que vous leur avez donnés. Nos premières demandes seront que nous puissions nous assembler dans les colonies , aller et venir,
(a) Comme il étoit, de toute impossibilité à mes frères de pouvoir s'assembler, ni corre pondre avec moi sans counr risque de leur vie, comme on le verra par laufs lettres insérées dans ma correspondance.
J'avois Conçu ce projet et je leur en faisais part. Mais il n'eut aucune suite , parce que les choses changèrent et qu'ils parvinrent à pouvoir se rassembler par la suite.
(A-) A l'époque où cette nouvelle se répandit ici à la fin dfl septembre 1792, il etoit impassible qu'on sût ce qui s'étoit passé à Saint-Domingue dans les premiers jeun, du même mois; mais ceux qui d'ici étant avoient donné le conseil do faire révolter les noirs esclayes, pouyoient la prédire , afin de faire retirer le décret du i5 mai.
(8) et sortir même de la colonie, comme nous voudrons , et sur-tout le droit d'y pétitionner. Croyez que nous ne négligerons rien pour réusair. Mais de votre côté, ne négligez pas de faire passer des fonds , et de vous montrer dignes de vos réclamations , en contint ant d être toujours ce que vous avez été, bons citoyens , bons patriotes , et attaches véritablement à la patrie et à la constitution.
Nous vous embrassons bien fraternellement, mes cher* compatriotes, et nous sommes avec un sincère attachement , vos am s et hères ,