AUX FIDBLBÇ DE PRAGUE
Il les félicite de la coustance ayec laqaelle ils écoateol la parole
do Bient
Jean Hus, serviteur de Jésus-Christ en espérance, à tous ceux qui aiment Dieu, qui confessent sa loi dans l'attente du Sauveur, avec qui ils veulent vivre éternellement !
Qu'avec vous soient la grâce et la paix du Sei* gneur Jésus-Christ, qui s'est offert comme victime
(i) • ut sciatis canibus diaboli obviare. •
84 PREHIÈRB SiBlE.
pour nos péchés, pour nous délivrer de ce monde d'dfQiction et de réieroelie damnation, selo» \a Yûlonté 'de Dieu 1^ Pore, à qui soit la gloire danii tous les siècles I
Ayaot apprii», mes; bien-airoée, votre désir et YO^ progrès dao$ la parole de Dieu, je rends grâce au Seigneur de oe qu'il daigne vous éolairer, aÛQ que, reconnaiissant le& fraudes de TAnteobrist et de fies ministres, voua w voua laiaiieis point dé^
tourner de la vérité.
J'ai conBance que sa miséricorde achèvera le travail de la régénération commencé en vous* mêmes, et qu'il ne permettra point que vous vous écartiez de la vérité, de laquelle un grand nombre se sont détournés par la crainte du péril, redoutant davantage l'homme, faible pécheur, que le Dieu tout-puissant qu) a le pouvoir de tuer et de vivifier, de perdre et de sauver, de conserver ses fidèles au milieu de nombreux et graves périls, et de leur donner, en échange d'une courte souffrance, une vie éternelle d*un bonheur ineffable. C'est pourquoi, mes bien-aimés, ne vous laissez point abattre par la terreur ; ne vous épouvantez point si le Seigneur tente quelques-uns d'entre vous, permet^ tant que les ministres de l'Antéchrist exercent sur
LETTRE Vf. 36
vouB leur tyrannie. Dieu lui-même a dit à son ÈêfvU tear (Prov. o. III) : « Ne crains pas lorsq[u6 la puiâH sance des impies fondra sur toi, car je serai à tôâ côté 9 eto. » Et il a dit par la boucla du prophète David } « Je rais avec lui dasd f on épreuve^ je kl délivrerai, je le glorifierai, elo. •
Sachant cela, mes bien^aimés, eonsidéfesii ate6 saint Jacques qu'il est heureuse potir vous de tom* ber dans diverses teoitatioDs, parce que Tépreavtf de vetre foi produit en vous la patience, et cdkk ai contribue à vous rendra parfaits^ intègres et capables de tout bien.
Saint Jacques dit aussi i « Heureui rbOintM qui sooffre la t^itation, car, lorsqu'il àun été éprouvé, il recevra la cooroftBie de vie que Weù a (Hiromise à ceux qai Faiment. » Demeurez êime fermes dans la vérité qae vouS" aves eonnae, et failes tout ce que vous faites comme ée véritables^ Cfw fants de Dieu. Ayez eenfiaoce ; car Christ a taineu, et voos vaincrez assai. Sottveses-^oo^ de cel»i qui a souffert beaiie&sp de persécslions de la part desF pécheurs^ ne iublissea powt dans vetre iMntm résolution, et, déposant easembie toul Ie> fiirdeaU des péckés, eoorims» aa combat, les^^ yeux attachés sur Jésus, oui a étabit aetre foî« nui. dans us but
36 PREMliRB SÉEIB.
* glorieux, méprisant rignominie, a souffert Topprobre de la croix et est assis maintenant à la droite de Dieu.
Le Créateur, le roi, le souverain maître du monde, sans y être forcé par sa nature divine, s'est humilié, malgré ses perfections, dans notre huma-nité; il est venu en aide à nous^ pauvres pécheurs, supportant la faim, la soif, le froid, le chaud, rin-* somnie, la fatigue ; il a souffert en nous instruisant des douleurs et de graves opprobres de la part des prêtres et des scribes , jusque-là qu'ils l'ont appelé démoniaque et blasphémateur, disant que celui-là n'est pas Dieu qu'ils ont excommunié comme un hérétique, qu'ils ont chassé de leur ^lle et crucifié comme un maudit.
Si donc le Christ a supporté de telles choses de la part des prêtres, lui qui a guéri toutes les lan-* gueurs par sa seule parole, sans aucune récompense terrestre ; lui qui a ôhassé les démons, res-* suscité les morts et enseigné la loi de Dieu ; lui qui n'a fait tort à personne, qui n'a commis aucun pé-' ché et qui a tout souffert d'eux, seulement parce qu'il a découvert leur méchanceté; pourquoi nous étonner si aujourd'hui les ministres de l'Antéchrist, qui sont plus avares, plus débauchés, plus cruels^
plus rusés que les pharisiens, persécutent les serviteurs de Dieu, les accablent d'opprobres, les excommunient, les emprisonnent et les tuent ?
Souvenez-vous de ce qu'a dii Notre-Seigneur et notre roi : « Si le monde vous hait , dit-il , sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait comme étant de lui, mais parce que vous n'êtes point du monde, et parce que je vous ai choisis hors du monde, le monde vous a haïs. Souvenez-vous de ce que je vous ai dii; le serviteur n'est pas plus grand que le maître; s'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre; mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu'il n'ont pas connu celui qui m'a envoyé. »
Rappelez-vous aussi la prophétie de notre divin Sauveur, qui nous dit que ses élus souffriront la persécution de la part du monde, c'est-à-dire des méchants, qui n'ont connu ni Dieu le Père ni Notre-Seigneur Jésus; car, quoiqu'ils confessent de bouche qu'ils reconnaissent Dieu, ils le nient néanmoins par leurs méchantes actions. 6'est d'eux que saint Paul parlait à Tite^ en disant que leurs œuvres sont l'avarice, ïa simonie, la peste, les débâu-
38 PRElIliRB SÉRIE.
cheâ, Tabandon et le mépris de la parole de Diea ; qu'ils mettent les traditions humaines au^dessas de la parole de Dieu, et qu'ils ne font aucune œu-* vre d'humilité, de charité, de tempérance et d'amour chrétien.
« C'est pourquoi les méchants ne cesseront point de persécuter les saints tant que durera la guerre
entre le Christ et l'Antéchrist; car saint Paul nous dit : « Tous ceux qui veulent vivœ saintement en Christ souffriwnt la persécution^ mais les méchants y les séducteurs s'^ avanceront dans la voie de perdis tiony toujours aveugles et aveuglant les autres. »
Saint Paul nous enseigne par ces paroles que tous les hommes pieux souffriront la persécution pour Christ. Les méchants seront séduits et sédui-« ront les autres, et leur cœur se gonflera de malice pour leur perte. jLe Sauveur a parlé d*eux lorsqu'il a dit à ses disciples : « J& vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Sojez donc prudents comme des serpents et simples comme des colombes^ et gardeZ'VOUS des hommes , car ils s'empareront de vous dans leurs assemblées et dans leurs synagogues; ils vous fouetteront ; le frère livrera son frère à la mort y le père livrera son fils. Les enfants s^ élève-' tx>nt contre leur pète et contre leur mère; ils les
mettf^nt à mofi. Mes disciples seront haïs de tous à cause /le mon nom; mais celui qui persci'érera jusqiia la fin sera sautée ^ et si vous êtes persécutes dans une ville^Juyez dans uneauti^, » Cette persécution durera jusqu'au jour du jugement.
li a dit encore : « En vérité^ je vous le déclare\ vous n^ aurez pas parcouru toutes les villes d^ Israël avant que le Fils de V Homme ne soit venu. Le disciple n'est pas au-dessus de son maître, ni le ser-» viteur au-dessus de son seigneur, C*est assez pour, le disciple d'être traité comme le maître^ et pour le. serviteur de Vêtre comme son seigneur;. S'ils ont appelé le père de famille Belzébut^, combien plus ' appellewut-ils ainsi ses serviteurs? C'est pourquoi ne vous tmublezpas.
Le Seigneur, parlait de la sorte à ses disciples, afin qu'ils échappassent, s'il était possible, à de tels maux. Il élevait leur intelligence, afin qu'ils fussent prudents et qu'ils reconnussent à leurs œuvres, les loups dévorants dont l'avidité veut engloutir le monde.
Il leur a enseigné aussi à quels signes ils connaîtraient les faux prophètes; ceux-ci ne s'accordent avec les vrais prophètes ni dans l'explication des Écritures, ni dans les œuvres. Il v a de faux
40 PREMIÈRB SSKIE.
Christs qui se disent les premiers disciples de Christ, et qui se montrent, par leurs œuvres, ses plus grands ennemis et ses adversaires. Ils cher-* cheront, par tous les moyens, à étouffer la parole de Dieu, car elle condamne en eux rinsoteace, TorguBil, Vavarice^ la simonie et toutes les mauvaises œuvres*
Ils ont fait irruption dans les temples et dans les chapelles pour que la parole de Dieu n'y fût pas préchée; mais Jésus-Christ ne leur a point permis de mettre à fin cette criminelle entreprise. J'ap* prends qu'ils méditent de détruire la chapelle de Bethléem, et qu'ils défendent la prédication dans les autres temples où la parole de Dieu est ensei*» gnée ; mais j'ai confiance que Dieu ne permettra point qu'ils réussissent. Us ont voulu enlacer roie dans le piège des citations et des anathèmes, et déjà ils dressent des embûches à quelques-uns d'entre vous. Mais si l'oie (I), qui est un animal privé, un oiseau domestique, et dont le vol n'est pas fort élevé, a rompu leurs lacs, combien plus d'autres oiseaux qui planent au haut des airs en an: nonçant la parole de Dieu mépriseront-ils de sem* blables pièges, 11$ ont tendu leurs filets^ ils ont
(I) Husfaîteocore ieiaUusion i son nom, qui signifi^oi^t oniif.
LBTTRB VI. 41
montré leurs anathèmes comme un simulacre d'oi* seau de proie, pour jeter au loin Tépouvante ; ils ont lancé des traits enflammés, des carquois de T Antéchrist, i Teffet dMnterdire la parole de Dieu et son culte. Mais plus ils s'efforçaient de déguiseV leur propre nature, et plus ils font rendue visible ; en cherchant i étendre leurs traditions comme des filets, ils les ont rompues ; en voulant gagner la paix du monde, ils Tout perdue, et en même temps la paix spirituelle ; et en tâchant de nuire aux autres, ils ont nui surtout i eux-mémetf.
Il leur arrive ce qui est arrivé aux prêtres des Juifs, parce qu'ils ont perdu ce qu'ils s'efforçaient de retenir et parce qu'ils sont tombés dans ce qu'ils s'efforçaient de fuir. Ils pensaient pouvoir étouffer et vaincre la vérité, qui est toujours victorieuse, ignorant que le propre et l'essence même de la vérité est que plus on tente de l'obscurcir, plus
elle brille, et plus on vent la comprimer, plus elle croit et s'élève. Les pontifes, les prêtres, les scri« bes et les pharisiens, Hérode et Pilate, et les habitants de Jérusalem ont jadis condamné la vérité y ils l'ont crucifiée ; ils l'ont ensevelie ; mais elle, sortant du tombeau, les a vaincus tous et a envoyé en son lieu douze prédicateurs de la parole»
i2 PREMIERE SÉRIE.
Cette même vérité, an lieu d'un oiseau faible et débile, a envoyé à Prague de grands aigles, qui surpassent tous les autres oiseaux par leur vue perçante, et qui, par la grâce de Dieu, planent au haut des airs, et en gagnent d'autres à Jésus- Christ, qui afBrmera et fortifiera tous ceux qui lui sont fidèles. Il a dit : « Je serai toujours avec vous, jusqu'à la fin des siècles. • Ainsi donc, si Dieu, le plus puissant , le plus juste des défenseurs, est avec nous, quelle méchanceté prévaudra contre nous? Quelle crainte, quelle mort nous séparera de lui? Que perdrons-nous si, à cause de lui, nous perdons nos amis, les honneurs du monde,. notre vie misérable? Nous serons à la fin délivrés de tant de misère ; nous recevrons au centuple des richesses plus précieuses, des amis plus chers, une joie plus parfaite, et dont la mort ne nous privera point; car celui qui meurt pour Christ, celui-là triomphe ; il est affranchi de toute misère, et il reçoit une joie éternelle, à laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ daigne nous conduire tous !
f Mes frères bien-aimés, et vous mes sœurs chéries, je vous écris cette lettre afin que vous demeuriez fervents dans la vérité, que vous avez reconnue, et que vous ne prêtiez pas. moins d'attention
LSTTRB VI. 43
qu'auparavant à la parole de Dieu, à cause des menaces cruelles de ses ennemis ; car Dieu est fidèle; il vous fortifiera et vous gardera du mal.
Enfin, je vous en conjure, mes bien-aimés, priez pour ceux qui, avec la grâce de Dieu, annoncent ia vérité ; priée pour moi aussi, afin que j'écrive et que je prêche davantage encore contre la malice de l'enfer, et afin que Dieu m'accorde dans le combat cet appui qui m'est si nécessaire pour la défense de sa parole.
Vous aavex que je n'hésite point à exposer ce corps misérable au péril de la mort pour la vérité de notre Dieu, sachant que rien ne nous fera défaut dans sa parole, et que son Évangile doit être propagé de plus en plus chaque jour. Cependant je désire vivre pour eeux qui souffrent la violence et qui ont besoin de la prédication de la parole, afin que la malice de l'Antéchrist soit ainsi découverte et que les bons n'en soient point victimes. Je prêche donc aillears, et j'officie pour çjBux-ci, sachant bien que la volonté de Dieu sera accomplie en moi, soit que je meure ou que je souffre par l'Antéchrist. Mais si je viens à Prague, je sois certain que des pièges m'y seront tendus et que vous y serez persécutés par mes adversaires.
qui ne servent pas Dieu et qui empêchent les autres de le servir. Nous prions pour eux le Seigneur, afin que, s'il se trouve parmi eux quelques élus, ils se convertissent à la vérité.
Que Dieu vous accorde Fintelligence de ces choses que je vous écris ; qu'il vous donne la persévérance, et que votre cœur soit digne de tous ces biens, par les mérites de Jésus-Christ, qui a souffert pour nous la mort la plus ignominieuse et la plus cruelle, nous laissant son exemple, afin que nous souffrions de même, selon sa sainte volonté. Àmen.
AUX MÊMES
Même sajet.
Que la grâce et la paix de Notre-Seigneur Jésus-Christ soient avec tous les fidèles qui sont à Prague et qui aiment sincèrement Jésus-Christ et son Évangile!
Moi, Jean Hus, serviteur de Dieu, je vous supplie et je vous conjure, mes bien-aimés, de ne pas
LETTRE, vu. 45
abandonner la vérité que Dieu vous a fait connaître dans sa miséricorde. Celui qui a commencé d'agir en nous, qu'il a choisis, continuera, j'ai cette confiance ; il nous donnera dans les tenta* tiûns la persévérance et la force, et je ne vis moimême que par sa miséricorde et par sa grâce. Je puis dire avec saint Paul : « Christ est ma vie^ et mourir m^est un-gain; mais si je demeure plus long-temps dans la cfiair^ mon traitait ne sera pas sans fruit i je ne sais donc que choisir. Je suis pressé des deux côtés^ car^ d^une paH^ je désire mourir et être avec Jésus-Christ, ce qui m* est beaucoup plus aifantageuXy et^ d'autre part^ il est plus utile pour votre bien que je demeure encore en cette vie, i Voilà ce que saint Paul écrivait de sa prison de Rome aux Philippiens.
Je vous dis aussi, mes bien-aimés, quoique je ne sois pas en prison, que je voudrais cependant mourir pour Christ et être avec lui, et je dis également que je désirerais vous prêcher encore la parole de Dieu pour votre salut. Je ne sais donc ce qui serait le mieux; car j'ai confiance pour moi en la miséricorde de Dieu, et je crains aussi qu'il ne survienne parmi vous quelque mal qui occasionne des persécutions pour les fidèles et l'éter-
46 PRBmiRB 6ÉRIB.
nelle perdition des incrédules. Ceux-ci se réjouis--
sept et désirent ardemment^ non-seulement étouffer en moi la parole de Dieu^ mais aussi fermer Tasile de Bethléem ) où je vous a! prêché rÉvangile de Christ; mais si Dieu ne le permet, leurs efforts se*« ront vains, et s'il les souffre, un tel malheur ar* rivera, à cause des méchants, comme on a vu reoverser de fond en oomhle Bethléem, où le Seigneur est né, et Jérusalem, où il nous à rachetés.
Pour nous, rendons grâce a Dieu, en nous sou^ mettant à sa divine puissance, qui assiste toujours ceux qui Taiment et affranchit ceux qui souffrent pour lui, réservant leurs persécuteurs aux tourments éternels.
Je vous en conjure donc^ mes frères, ne vou»
laissez pas abattre ; mais priez plutôt notre Sau;» veur ^ésus-Christ, afin qu'il vous donne la oonstanoe de persévérer jusqu'à la fin dans la foi, et soyez persuadés qu'il vous accordera la libre pré-' dication de sa parole et qu'il augmentera vos for*^ ces pour vous défendre des fureurs de cet Ante«christ, contre lequel il a prophétisé dans sa parole.
umi Tiii. 47
I^TTRE VIII.
A l'éGUSB DE PHAfeUE.
Maître Jeao Hus^ serviteur de Dieu., i tous ceux qui, à Prague^ sont lee élus de Dieu et qui aiment Notre^Seigneur Jésus-Christ et sa parole, soit la miséricorde et la paix par Dieu le Père et Notre^Seîgneor Jésus«-Cfarist !
Mes bien-^més, je tous félicite de ce que vous écoutei assidûment la parole de Dieu, et notre Sauveur miséricordieux vous enverra des conduoteurs fermes et fidèles. Dieu donc, par notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ, vous donne la misé- «îeonte, la paix, la grâce pour tout bien, afin que ee que vous aves bien commencé en lui vous Tacheviez de même et y persévériez jusqu'i la fin. Reconnaissez donc et attirez à vous la miséricorde de Dieu, qui a envoyé pour nous son Fils en ce monde ; qui a permis qu'étant fait homme son Fils fût abaissé, méprisé, condamné de tous, i tel point que lorsque le peuple, averti par les prêtres, avait à choisir entre deux captifs, il délivra, de préférence à Jésus-Christ notre Sauveur, un larron et un homicide^ et tourna en dérisioa le Sei-
48 PRBmÈlLB SiRIE.
gneur, qui avait dit, par la bouche de Jérémie : (c Prêtez tous toreille, et voyez mes angoisses, » Et encore : « O cous (fui passez^ regardez et voyez sHl est une douleur comparable à ma douleur! »
Il crie à son père : Mon Dieu^ pourquoi m^as^-tii abandonné? Telles étaient ses paroles plaintives tandis qu'il souffrait sur la croix une mort ignominieuse et qu'il était en butte aux blasphémos des prêtres et des pontifes, qui, Tinsultant du pied de la croix, disaient : « Il mettait sa confiance en Dieu, que Dieu le délivre s'il veut. Toi qui peux détruire le Temple, descends maintenant de ta croix ! » Lui s'écriait : c Mon Dieu , pourquoi m'as-tu abandonné? » Et pourquoi jette-t-il ce cri ? C'est afin que nous reconnaissions et que nous admirions son immense miséricorde, et que, supportant avec lui les outrages des méchants, nous cherchions en lui seul notre refuge ; c'est enfin pour que nous fassions acte de reconnaissance pour sa compassion divine qui nous a rachetés de la damnation éternelle.
Telle a été envers nous la miséricorde de Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui a recommandé à ses disciples de dire, dans quelque maison où ils mettraient le pied : La paix soit avec vous ! Et après être ressus*
UTTIB TIII. 49
cité des morts il leur disait encore : Lapaix soit avec vous! Et avant de mourir, s'entretenant avec eux, il leur disait souvent : Je vous laisse ma paix^ je vous donne ma paix. C'est pourquoi, me& bienaimés, je lui demande pour vous cette même paix. La paix soit avec vous par le Seigneur, afin que vous viviez honnêtement , sobrement , dans le calme, dans la justice, dans la piété, et que vous vainquiez vos ennemis et ceux de Dieu, le diable, le monde et la chair. La paix soit avec vous par le Seigneur, afin que vous vous aimiez entre vous et que vous aimiez aussi vos ennemis. La paix soit avec vous , afin que vous écoutiez sa parole avec attention et humilité. La paix soit avec vous, afin que vous parliez bien et avec sagesse, et que vous vous gardiez de vos ennemis. La paix soit avec vous, afin que vous appreniez à vous taire avec fruit, car celui qui écoute avec humilité ne dispute méchamment contre personne : celui qui parle avec sagesse tripmphe de l'insensé; celui qui se tait avec fruit agit rarement contre sa conscience. Â cause de toutes ces choses, qu'avec vous soient la paix, la grâce, la miséricorde ! la paix, afin que vous ayez une conscience tranquille ; la grâce, afin que vos péchés vous soient remis ; la miséricorde,
iO PRMlÈtC SiRIB.
afio que vous soyez délivrés du feu inextinguible Que la paix donc soit aveo vous tous après cette misérable vie, au sein de la félicité éternelle, par Dieu le Père et Notre - Seigneur Jésus «• Christ. Am^n.