AUX AUDITEURS DE LA PAROLE DE DIEU A PRAGUE
Il lesâBériaitets'aflèraiftlai-nêait eoafrelci «nalMnesAi »«pe.
Moi, maître Jean Hus, etc.,etc,, je vous demande, mes bien^imés, de ne pas vous laisser troubler a cause de mon absence ou 4es malédictions dont les ennemis de Dieu m'accablent. J*ai foi dans mon Sauveur et j'ai confiance que toutes choses arriveront, soit à vous, soit A moi, pour notre bien; seulement gardez*-vous du péché et plaides le sort de ceux qui, croyant bien faire, s'opposent À Dieu et à sa parole : comme les Juifs d*autrefois qai ont crucifié Jésus-Christ et lapidé saint Etienne , et dont le Christ et saint Etienne disaient : « Ils ne savent ce qu'ils font.» Ils ne sauraient me nuire
soit en dressant ma croix avec blasphème) soit en m'accabiant, comme un antreiodas^ des outrages qu'ils vocifèrent publiquement, soit enfin en laûçant des pierres contre la porte du Temple et en la renversant. En faisant ces choses, cf'est cootro euxmêmes qu'ils travaillent^ et c'est à eux de trembler.
Ils ont imaginé certaines pratiques du coite conformément aux ordonnances humaines, afia de soumettre à leur volonté des hommes simples et de s'en faire suivre ; mais Dieu donnera à ses fidèles la eomiaissmioe néceesairo pour diseerner ces pratiquée ^ pour reconaaitre en elles des traditions pureœ^it humaines; eu moyen desquelles leurs inventeurs égarent les esprits faibles, les éloignent de la loi de Dieu et les écrasent en les effrayant par les foudres de ranathème»
Dieu prescrit de prier pour les hommes que nous oroyons dans lerreur et de les déclarer condamnés de Dieu ; il n a point ordonné d'ourdir de telles trames dans son temple contre des innocents* Ils amassent des pierres comme les Juifs et dressent la croix à contre-sens, ne sachant ce qu'ils donnent ainsi à entendre. Peut-être , à en juger par leurs lettres , agissent-ils ainsi en mémoire
52 PRBmÈRB SÉRIE.
de réternelle damnation de Dathan et d'Abiron, qui tout indignes avaient osé prétendre au sacerdoce.
lis désignent par ces lettres tous les prêtres qui usurpent indignement les fonctions sacerdotales pour Famour des richesses, des voluptés, des dig-nités et des autres satisfactions de la chair. Ils anatbématisent et vocifèrent comme d'insensés disciples de Judas , qui sont les simoniaques et les réprouvés de Dieu. Prions Dieu, mes bien-aimés, pour qu'il daigne nous continuer ses bénédictions : aucun anathème alors ne nous atteindra; mais le souverain pontife Jésus-Cbrist nous bénira en disant : Venez les bénis de mon Père; recevez le royaume des deux qui était préparé pour vous aidant (jue le monde fut.
Désirons cette bénédiction, mes bien-aimés, recherchons-la et attendons-la en vivant pieusement et saintement en ce monde, aGn de vivre éternellement dans la patrie céleste par les mérites de Jésus -Christ Notre- Seigneur, béni dans tous les siècles.
LEnUEX. '
AUX MÊMES
Has, en rappelant aax fidèles tous les bienfaits dont le Seigneur nous a comblés par son premier avènement, élève leurs Ames dans Vattente ei dans l'espérance du second avènement et du Jugement.
Jean Hus , serviteur de Dieu, a tous les fidèles paix et miséricorde de la part de Dieu, Père de Notre - Seigneur Jésus - Christ. Affermissez vos cœurs, mes bien-aimés, car Tavénement de Notre- Seigneur Jésus-Christ est proche. Vous savez que Christ est déjà venu une fois ; songez-y donc, et fortifiez vos cœurs par la grâce et par l'épreuve deTafOiction. Réfléchissez, mes bien-aimés, que le Fils de Dieu , Dieu éternel lui - même, s'est fait homme et s'est humilié afin de nous secourir : l'immortel médecin est venu afin de guérir nos plaies incurables; le Seigneur tout-puissant est venu^ non pour troubler les morts, mais pour vivifier les vivants et pour racheter ses élus de la mort éternelle.
Il est venu le Roi du monde, le Pontife suprême, afin d'accomplir par ses œuvres la loi de Dieu. Il
54 PRBMiitB SÉRIE.
est venu dans le monde, non pour dominer sur le monde, mais a6n de donner sa vie pour la rédemption d'un grand nombre. Il est venu, non comme un usurier pour engloutir les richesses du monde, mais pour racheter de son sang ceux que le péché avait vendus au démon. Il est venu le Tout-Puissant afin de souffrir une mort sanglante et ignominieuse de la part des pharisiens, sous la puissance de Pilate, afin de nous affranchir ainsi de la puissance de Satan. Il est venu, non pour perdre les élus, mais pour les saiiver, comme il le dit luitnémé : Je suis penu afin quHh aient la ne^ afin qu'ils aient ici la vie par sa grâce, et qu'ils aient plus abondamment encore dans l'éternité cette vie éternelle rtservée à tous les élus, à laquelle n'arrivent point les superbes, les luxurieux, les avares, les violents, les ambitieux, les intempérants, les efféminés, tous ceux enfin qui sont opposés à ses paroles , mais les élus seuls qui écoutent sa loi , qui raccomplissent par leurs œuvres et qui soutiennent les persécutions.
Méditée donc dans votre ftme ces bienfaits dont nous a comblés Notre -Seigneur Jésus-Christ par son premier avènement, et affermissez vos cceurs, mes bien*aimés, par la grâce et par raffliction ; car
LSTTIIR X. 55
le second avénetnent de iésus^brist est proche, et avec lui la sentence da juge infiniment sage, infiniment juste, infiniment redoutable y auquel tt*é« chapperont ni les sages, ni les savants de ce monde, qu'ils ne fléchiront ni par la faveur, ni par les présents, et avec qui viendront les justes, les prédicateurs de sa parole et tous ceux qui ont été injustentent persécutés dans le monde.
Il approche le jugement de ce juge sévère et redoutable dont les méchants n'oseront point soutenir le regard, le jugement de celui à la voix duquel toute iniquité sera dévoilée ; à son commandement les corps des impies seront livrés aux flammes, et leur esprit habitera dans l'éternité avec les démons, après avoir entendu de la bouche de Dieu celte juste et redoutable sentence : Allez^ méckaniSy dans le Jeu éimnel préparé pour le dùtble H pour ses ministres.
Méditez donc, mes bien-aimés, ces deux cfaoaes : les bienfaits du Sauveur et sa première v^rae, sa justice et son jugement à son second avènement, et fortifiez vos cœars par la grâce M par la croix. Et lorsque vous souffrez ^ réveillez- vous, relevez vos têtes, c'est-à-dire vos esprits, car votre délivrance est proche, la délivrance de toute misera et
de la damnation éternelle dont nous serons retirés à la voix de ce juge équitable qui a dit : « Venez à moi, les bénis de mon Père, recevez le royaume céleste qui est préparé pour vous. » Amen.
AUX MÊMES
Jean Hus se Justifie par Texemple da Christ pour avoir quiUé
Bethléem.
Mes bien-aimés, le jour de la naissance du Fils de Dieu est proche ; purifiez -donc votre demeure et qu'elle soit nette de tout péché; écoutez attentivement et pieusement, selon votre pouvoir, la parole de Dieu; n'écoutez point les méchants qui vous défendent de vous réunir à Bethléem. Ils ont cherché à vous séduire à cause de moi, et maintenant ils n'ont plus ce motif. Quant à ceux qui di* sent que j'ai pris la fuite, je l'ai fait librement, afln d'obéir à la Parole et de suivre Texemple de celui qui a dit : Si une ville ne vous écoute pas et ne wus reçoit point^ secouez^ en sortant^ la poussière
de vos pieds en témoignage contre elle. Et si vous êtes penécutés dans une ville ^ fuyez dans une auU^. Et lorsque les Juifs voulaient le faire mourir avant que son heure fût venue, il s'est souvent dérobé d'entre leurs mains. Saint Jean a écrit en effet : Comme ils voulaient le prendre^ il disparut à leurs yeux et vint^ au delà du Jourdain^ dans un lieu ou était Jean-Baptiste. Et Jean a dit dans le niéme chapitre : Comme ils voulaient lejaire mou-rir^ il ne se montra plus en public au milieu des Juifs ; mais il se rendit dans un lieu désert appelé Ephraîm , et iljr séjourna avec ses disciples. Mais les Juifs le cherchaient et se demandaient entre eux : « Comment ne vient-il pas dans un jour de fête?» Car les pontifes et les pharisiens avaient ordonné à quiconque connaîtrait sa retraite de la leur indiquer, afin qu'il fût suivi.
Il n*est donc pas surprenant que, en suivant un
pareil exemple, je me sois retiré, et que les prêtres demandent où je suis.
Sachez- donc, mes bien-aimés, que c'est par l'exemple et Tavertissement de Christ que je me suis éloigné de vous, de peur d'être aux méchants une occasion de condamnation éternelle, et aux
bons un sujet de tristesse et de deuil. J'ai fui pour
Ô8 PREMIÂRB SÂRIC,
que d6s prôtres impies ne défendissent point la prédication de la parole de Dieu, et pour que vous ne fussiez paa privés à cause de moi de la vérité divine y pour laquelle , par la grâce de Dieu , je désire mourir.
Sachez, de plus, mes bien-aimés, qu'il a été nécessaire que le Christ souffrit dans le temps prèscrit par son Père« Soyez assurés que, quelque chose que Dieu ait arrêtée pour moi, $9 volonté sera faite, et, s'il méjuge digne de mourir pour son nom, il m'appellera au martyre; que si, au contraire, ma vie se prolonge pour la prédication de sa parole, cela est aussi dans sa volonté*
Certes, quelques-uns de vos prêtres désirent mon retour à Prague, et ils aimeraient à m'y revoir afin d'être dispensés de chanter les heures et la. messe; ce sont ceux que blesse la sainte prédication de l'Evangile à cause de leur avarice, de leur orgueil et de leurs adultères. Mais vous qui aimez la parole de Dieu et qui faites tous vos efforts peur vous unir à lui, vous me verriez volontiers, et dans un esprit de charité, parmi vous, comme un de vos proches. Moi je désire vous voir pour vous annota cer la parole de Dieu ; car le soin principal des ministres de l'Eglise doit être d'annoncer sincère-
LBTTRB XI, 59
ment et aveo fruit FEvangile de Christ ^ afin que le peuple connaisse la volonté de Dieu^ qu'il évite beaucoup de maux et soit amené dans la voie droite à bien vivre. Malheur donc aux prêtres qui négligent la parole de Dieu, qui, lorsqu'ils peuvent et savent Tannoncer, vivent néanmoins languis^ sants dans la mollesse et la fainéantise ! malheur à ceux qui empêchent la parole de Dieu d'être pré- €hée et d'être écoutée !
Heureux, au contraire, ceux qui Técoutent) qui la gardent dans leur coeur et qui Tentretiennent en eux par de bonnes œuvres. Le Christ les a bénis en disant : u Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la conservent. » Que Jésus- Christ, béni dans tous les siècles^ augmente pour nous tous cette béatitude ! Amen.
LETTRE XIL
AUX MEMES
n célèbre les joies et les bénédictions ùu jour de la naissance du
Seigneur.
Mes très-chers frères, quoique je sois séparé de vous de corps, n'étant peut-être pas digne de voua
60 PREMIÈRE 8ÉRIB.
prêcher plus longtemps la parole de Dieu^ néan^* moins Tamour dont je vous enfbrasse me force à venir à vous afin de vous faire entendre quelques paroles. Voici le jour, mes biens-aimés, dans lequel range du Seigneur a dit aux bergers : c Voici, je vous annonce une grande joie pour tout le peuple. »Et aussitôt la multitude des anges a fait entendre ces paroles : « Gloire à Dieu au haut des cieux, et paix aux hommes de bonne volonté. »
Sachant cela, mes bien-aimés, réjouissez-vous , car aujourd'hui un enfant d'un prix inestimable, un Dieu-homme, est né, afin que gloire fût à Dieu au haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Réjouissez-vous, car en ce jour il nous est né un médiateur afin de réconcilier rhomme avec Dieu, et qu'ainsi la paix se répandit sur la terre. Réjouissez-vous, car il nous est né un médecin pour rendre les pécheurs purs du péché, pour les délivrer de la puissance de Satan, pour les racheter de la condamnation éternelle , pour donner à tous la joie céleste, afin que gloire fût à Dieu au haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Réjouissez-vous , car il nous est né un Roi pour nous remplir de joie, un Pontife pour combler les croyants de la béné-
diction céleste, un Père pour nous adopter comme ses enfants dans 1 éternité. Il nous est né un Frère bien-aimé, un Maître de toute science, un' Chef véritable, un Juge d'une équité parfaite, afin que gloire soit à Dieu au haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Réjouissezvous, pécheurs, car il est né le Fils de Dieu, le Pontife qui absout tous ceux qui se repentent, afin que gloire soit à Dieu au haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Réjouissezvous, car aujourd'hui le pain des anges, c'est-àdire Dieu, $^'est fait le pain des hommes, afin de rassasier de son corps ceux qui ont faim. Réjouissez-vôus, car il est né le Rédempteur du monde, le Sauveur des pécheurs. Réjouissez-vous, car un Dieu immortel est né afin que l'homme mortel vive à jamais. Réjouissez-vous , car le Seigneur du monde est couché pauvre dans une étable afin de changer notre pauvreté en richesse. Réjouissezvous, mes bien-aimés, de ce que les choses qui ont été prédites par les prophètes et par les saints sont accomplies. Réjouissez-vous , car le Père Tout- Puissant et le Fils, abondant en sagesse et en grâce, nous sont donnés afin que gloire soit à Dieu au haut des cieux et paix aux hommes sur la terre.
Réjouissez-vous donc, mes bien-aimés, car Fange a dit : « Voici, je vous annonce une grande joie. » Et laquelle? C'est qu'un Sauveur est né qui nous délivrera de toutes nos misères et nous affranchira du péché. Le Fils de Dieu nous est donné afin qu'une grande joie soit à nous, que la gloire soit à Dieu au haut des cieux et la t)aix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Méritons que cet enfant qui nous est né nous accorde cette bonne volonté, cette paix et cette joie qui est l'héritage de tous les siècles; Amen !
LETTRE Xm.
AUX ÏMÊMES.
n enseigne aux fidèles de Prague le zèle et le désir de la parole de i)fëu, et leur recommande de lie point y renoncer à cause des scandales des mauyaiè prédicateurs;
Je désire ardemment^ mes bien-aimés^ que vous soyez affranchis par Jésus-Christ de tous vos péchés, et qu'ayant méprisé les vanités de ce monde vous domptiez la chair, le monde et Satan. Je désire que par la grâce de Notre-Seigneur Jésus^
LETTRE Xllf. 63
Cbrist vous souffriez patiemment toutes choses en vue du salut, et que vous persévériez jusqu'à la fin dans les afflictions. Yoilà, mes bien-aimés, ce que je demande pour vous dans mes prières; car Dieu m'est témoin que j'ai travaillé plus de douze ans parmi vous à la vigne du Seigneur, et ma plus grande consolation dans mon ministère était de reconnaître votre zèle à écouter la parole divine et la sérieuse repenlance d'un grand nombre.
C'iest pourquoi, mes bien-aimés, je vous conjure, par la Passion de Jésus-Cbrist, de conserver son Évangile, et de faire qu'il porte son fruit dans toutes vos actions. Ne vous laissez donc point ébranler; ne considérez point ceux qui, ^yaqt mis un pied incertain dans la voie, se spnt détournés ailleurs et sont devenus les plus violents ennemis de Dieu et de ses disciples.
Vous savez, mes bien-aimés, que le^ disciples de Christ, qui s'entretenaient avec lui-fnéme, sq sont retirés et n'ont plus voqlu le suivre. Cependant le Christ pst venu pour détacher les hommes les uns des autres ; car il a dit : Je viens pour séparer lejih du père et la fille de la mère. Et aussi : f^oiis serez livrés et persécutés par les hqmmes à cause de mon nom. Et pour que nous ne soyons ni
61 PREMIÉRB SÉRIE.
ébranlés par cet abandon de ses disciples, ni effrayés par la persécution ou par la mort, le Sauveur ajoute : // n^ tombera pas un cheveu de "oos têtes sans la volonté de Dieu. Et : Fous posséderez vos âmes par la patience. Si donc un seul cheveu ne périra point, comment les Gdèles périront-ils? C*est pourquoi, mes bien-aimés, conservez une foi véritable, une espérance certaine; demeurez fermes dans Tamour de la parole de Dieu ; attach€z-vous de votre plus ardent amour en écoutant ceux que le Sauveur vous a envoyés, afin qu'ils prêchent avec constance et sans crainte son Évangile et qu'ils résistent aux loups dévorants et aux faux prophètes dont le Christ a dit aux Gdèles : Beaucoup de faux prophètes viendront^ et ils sé^ duiront un grand nombre. Christ enseigne aux Gdèles à s'en garder et à les reconnaître à leurs œuvres , qui sont l'avarice , la simonie , le mépris de la parole de Dieu, la persécution des fidèles*, la calomnie , le zèle pour les traditions humaines , etc. Ces hommes, en effet, ont des peaux de brebis; ils se couvrent au dehors du nom de chrétien, et, comme ils sont à l'intérieur des loups dévorants, ils déchirent et dévorent les brebis de Christ. C'est de celles-ci que le Christ a dit à ses
LETTRE XllI. 65
disciples : « Voici, je vous envoie comme des bre-^ bis au milieu des loups ; soyez donc prudents comme des serpents et simples comme des colombes.» Qu'ils soient prudentS; a-t-il dit, afin qu'ils évitent comme les serpents de se faire écraser et de laisser périr en eux la tôte de l'Eglise do Cbrist ; qu'ils soient simples comme les colombes, afin qu'ils souffrent avec patience la cruauté des loups. Et nous, mes bien-aimés, nous les voyons déjà ces loups, avec toute évidence; mais ne souffrons pas qu'ils nous séduisent et nous détournent du chemin par lequel nous nous efforçons d'arrivei^ aux joies célestes.
Conservez la foi, l'espérance, la charité, l'humilité, la douceur, la justice, la modestie, la tempérance, la sobriété, la patience et les autres vertus, en vous décorant de vos bonnes mœurs et de vos bonnes œuvres. Réjouissez- vous de ce que vous souffrez la persécution, car le Christ a dit : Heu^ reux ceux qui souffrent, car ils seront consolés. Vous serez heureux lorsque les hommes cous haï* ront y vous excommunieront et vous rejetteront à cause de la parole de Dieu. Réjouissez-wus alors ^ car votre incompensé sera grande dans les deux. Quel est donc celui qui, ayant la foi, l'espérance et
la charité, ne supportera point avec patience le mépris et l'ignominie pour Tamour de son Sauveur, lorsqu'il est assuré de recevoir des biens au centuple dans la vie éternelle?
Dans Tattente de ces choses, souvenez-vous de cette parole de Christ : «Une affliction viendra telle qu'il n'y en a point eu de semblable depuis le commencement du monde, et qu'il n'y en aura point de telle dans la suite. » Et pourquoi? L^Apétre nous rapprend : « Un temps viendra, dit-il, où les hommes ne recevront pas les mêmes doctrines, mais ils prêteront en foule à leurs docteurs des oreilles avides ; ils se détourneront de la vérité et s'attacheront à des fables. » Vous voyez maintenant de vos yeux s'accomplir la prophétie de saint Paul, qui a dit dans un autre endroit : « Tous ceux qui veulent vivre saintement en Christ souffriront la persécution ; mais les impies et les séducteurs triompheront pour leur ruine. »
Recevez donc, mes bien-aimés, l'exhortation de saint Pierre; soyez attentifs à ne vous point laisser entraîner avec d^autres par l'erreur des méchants ; ne permettez pas que votre existence soit ébranlée j mais croissez dans la grâce de Dieu, dans la connaissance de Jésus-Christ, et priez le Seigneur
qu'il daigne accorder d'heureux succès à mes prédications, partout où le besoin s'en fait sentir, dans les villes, dans les bourgs, dans les champs, dans les forêts, partout où je puis être utile, afin que la parole de Dieu ne soit point étouffée en ma bouche. Gardez-vous et consolez-vous les uns les autres sous la protection de Dieu le Père, de son Fils bien-aimé et de TEsprit-Saint, qui peut vous garantir du mal et vous procurer une joie éternelle. A lui soit louange et gloire dans tous les siècles! Amen.
iETTHE XIV.