‹ Lettres de Jean Hus écrites durant son exil et dans sa prison avec uneChapitre 27 sur 46 · JEAN UUS A SES BIENFAITEURS · texte numérisé non relu

JEAN UUS A SES BIENFAITEURS

Il leur rend grâces, les exhorte à yivre saintement et leur rappelle ^ la conduite, du concile à l'égard du pape Jean XXIII après sa fuite.

Très-généreux seigneurs, fidèles défenseurs de la .vérité et mes consolateurs , vous que Dieu m'a envoyés comme mes anges, je ne puis pleinement exprimer combien je suis reconnaissant pour tant de constance et pçur toutes les charitables bontés que vous avez eues pour moi , faible pécheur, mais serviteur en espérance de Notre-Seigneur Jésus- Christ. Je désire que le divin Jésus, notre Créateur, Rédempteur etSauveur,vous récompense dans la vie présente et se donne lui-même à vous comme le bien le plus précieux dans la vie à venir. Je vous exhorte donc, par sa miséricorde, de vous

attacher fortement à sa loi et à ses saints commandements.

Noble seigneur Wenceslas , en prenant une épouse, vivez saintement dans le mariage, et re-

(1) HisU et Monum. Johann. Hus.^ Épist. XIX.

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noncez aux vanités du siècle ; et vous , seigneur Jean de Chlum , vous (|ui ne servez déjà plus les rois de la terre, demeurez avec votre femme et vos enfants sous le joug du Spjgnejjr.

Vous voyez comment tourne la roue des vanités du siècle, élevant celui-ci et abaissant celui-là; mais donnant à ceux qu'elle élève une courte joie, après laquelle vient la peine éternelle dans le feu et dans les ténèbres.

Vous savez pe que sont ces princes spirituels qui se disent \e^ vrais vicaires de Christ et de ses ap6tiies , qui se proclament la sainte Eglise et le trèssacré Concile qui ne peut faillir, et qui cependant a failli en adqrant Jean XXIII et fléchissant les genoux devant lui pour baiser ses pieds, et en rappelant très-saint , lorsqu'il le savait homicide , impur, sîmoniaque et hérétique, ainsi qu'il l'a déclaré dans Tarrét qui le condamne. Voilà qu'ils ont tranché la tête de l'Église , ils ont arraché le cœur de l'Église , ils ont tari la fontaine intarissable de l'Église , ils ont violé , ils ont détruit ce refuge impérissable de l'Église où tout chrétien devait trouver un asile !

Que Dieu pardonne à Stanislas, à Paletz et à leurs confrères en science , car ils désignaient ainsi le

LI^TTRK XYlll. 123

pape ddp^ H sentppce qu'ils ont randn? PAr Ift boi)^ che de Stanislas (I)

Et maiptUDc^nt \^ çl)r<^ti^pté 0st «ans ptipo; alio Q JésiiS^-Cbpjst pflm- le çfeef gui 1» dirige , pour le cç^fir qi|i la vivifia p^F h grâpe, pQqp la fontaine qiii l'arrose des sept (jfpns de TË^prit-S^int, pour le r§f»ge à J6^mais spffipaiit ot irppépigsftble auquel j'ai reeûupp d^ns paon infor^upe, ot ds^B$ 1^ fermo espérapoe quq là je j^rpuvop^i tpujoups dirootion 9 assist^npe et vivifiçation ^qfBs^pip^ et que Dieu me con^blera d'uqe joie infipii^ en pae délivrant de a)as p^ob^s pt de ce|tp vie mii^érable.

Le Concile ^ erré plusieurs fois lorsquUl a rejeté à faux des articles d§ oip^ liv^ps, on les rejetant comme entachés dp porriiptipn et en mutilant plusipurs passages, pompée pp le yprra si Top cpmparo cesjirticle^ avec mps livres, Il pst dope évident pour vous et pour tqoi qpe Jé^us-Chri^t 9 le juge infail)iblp 9 ne sanctionnera point topt pe qui a été dit et fait dans ce conpilp, I)pqreuiç donc ceux qui, en observant s^ loi , recQppQisJsept , fuient et dé-testent la vaine pocppe, r^yarice, l'bypoppi^ie, la fraude des ennemie dp Christ, pt qui attpndent

(1) Jean Hus répète ici ce qu*!) vient dédire plus haut du pap« ; npus oinpl(oii# ^c df^i^ii çpi^ine çuperSp.

134 DEUXIÈME SBniE.

dans la patience la venue du souverain juge et de ses anges.

Je vous conjure, parles entrailles de Jésus-Christ, de fuir les mauvais prêtres et d'aimer les bons selon leurs œuvres. Je vous conjure, vous et tous les barons fidèles, de ne point permettre, selon votre pouvoir, que les dignes prêtres soient opprimés : car c'est pour cela que Dieu vous a élevés au-dessus des autres; et je pense qu'il y aura en Bohême une grande persécution des fidèles serviteurs de Dieu, s'il ne les secourt par le bras des seigneurs séculiers qu'il a éclairés de sa parole plus que nos chefs spirituels. Oh! quelledémencedecondamnercomme erronés l'Évangile de Christ et l'épître de Paul qui confesse avoir reçu la vérité, non des hommes, mais de Dieu , et de rejeter l'exemple de Jésus-Christ lui-même, de sesapôtres et des autres saints, en condamnant la communion au calice deNotre-Seîgneur, instituée pour tous les adultes fidèles. Ne disent-ils pas que la permission donnée aux fidèles laïques de participer des lèvres au calice de Christ est une erreur ! Et si un prêtre leur présente ce calice pour y boire, il est réputé en faute; et, s'il persiste, il est condamné comme hérétique !

saint Paul, tu as dit à tous les fidèles : « Toutes

lesjois que vous mangerez ce pain et que vous boirez ce calice^ vous annoncerez la mort du Seigneur jusquace qu! il vienne ^^ c'est-à-dire jusqu'au jour du jugement où il viendra. Et voici que déjà la coutume de l'Église romaine s'oppose à l'accomplissement de ta parole !

A JBAN DE GHLUM.

11 rappelle les injures qu'il a eues à souffrir de la part du concile

et des députés.

Si ma lettre n'est point déjà envoyée en Bohême, conservez-la et ne l'envoyez pas, car il pourrait en arriver du mal.

L'empereur pourrait demander qui doit être mon juge, puisque le concile ne m'a point appelé et ne m'a point cité devant lui, et que je n'ai point été accusé en sa présence. Cependant , le concile m'a jeté en prison et a ordonné à son procureur de procéder contre moi.

(1) Hij(. et, Monum, Johann, /iu^., Epist. XLIX.

)26 DJÇCXIÊSIS SÉRIE.

8i j'Ql)tiens l'audience publique , je demande , i^ohle et excellent seigneur Jean , que l'en^pereur y asaiisite , et qu'une place me soit assignée près de lui , afin qu'il pisse m'eçouterlacjlenient et in'enr tendre; je pri§ aqs^i que yoiis, avec le seigneur Henri Wenceslas et mes autres protecteurs , vous soyez présents, si -vous le pouvez, et entendiez les paroles que le Seigneur Jésus-Christ, mon procureur, mon avocat et mon juge, mettra dans ma bouche, afin que, soit que jje vive eu que je meure, vous soyez pour moi des témoins véritables , pour que des imposteurs ne disent pas que j'ai abjuré la vérité que j'^i prêcUée,

Sachez qu'en présence des témoins et des notaires j'ai demandé aux commissaires , dans ma prison, qu'ils m'envoyassent un avocat et un pro-cureur ; ils ont promis de la faire, et ensuite ils me les ont refusés. Je me suis confié alors au Seigneur Jésus, afin qu'il éclaire, qu'il plaide et juge ma cause.

Je ne pense point qu'ils aient d'autres sujets d'accusation contre moi que ceux-ci : d^abord, l'obstacle que j'ai mis à la publication de la bulle des croisades : ils ont mon traité , ils me l'ont lu et je l'ai reconnu. Secondement, ils m'accusent d'avpir

officié tandis que j'étais dans les liens de Texcommunication. Troisièmement, ils me font un crime de mon appel au pape : ils ont lu cet appel en ma présence, et j'ai dit devant tous avec joie que cet appel serait le mien. En quatrième lieu , enfin, ils m'accusent d'avoir laissé derrière moi à Prague un écrit qui a été lu à Bethléem , que mes ennemis ont interprété contré moi et dans lequel j'ai dit : « Je quitte la ville sans sauf-conduit. »

Vous répondrez à cela que, lorsqqe j'ai quitté Prague, je n'avais point de sauf-Qpnduit du pape, et en effet je n'en avais pas; et j'ignprais lorsque j'ai écrit cette lettre que vous dussiez m'accompagner dans mon voyage. •,.....,

Après l'audience publique ^ si JQ l'o^tiens^ puisse l'empereur ne pas permettre que je sois de i)quveau rejeté en prison; puisse -je recueillir le fruit de vos bons conseils et de ceu3^ de vos amis, et, s'il plaît à Dieu, dire à l'empereur plusieurs choses pour l-gYantagô de la ahpétii^^té et pp}ir son propre bien*

128 DEUXIÈME SËaiB.

A PIERRE MALDONIEWITZ.

Uq songe de Jean lias.

Explique le songe de cette nuit. Je voyais qu ils voulaient détruire à Bethléem toutes les images de Christ et ils les détruisaient. Le lendemain, en me levant, j'ai vu beaucoup de peintres qui peignaient des images plus belles et plus nombreuses. Je les regardai avec joie ; les peintres disaient avec la foule : Viennent maintenant les évoques et les prêtres, et qu'ils essayent de détruire ces images! Cela fait, une grande multitude se réjouissait à Bethléem et moi avec elle... et, m'étant réveillé, j'ai senti que je riais.

Plusieurs ont publié qu'ils voulaient détruire ce qui est écrit à Bethléem. J'enverrai une copie des traités que j'ai transcrits en double.

(1) Hi$t. et Monum, Johann. Uus,^ Epist. XLIV.

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