A UN AMI
Demain , à six heures , je dois répondre sur ce qui suit : On me demande , en premier lieu , si je veux reconnaître pour erronés tous les articles
(1) Hitt, et Monum, Johann. Hus.^ Episti XXVII.
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extraits de mes livres, si je les abjure et si je m'engage à prêcher le contraire ; en second lieu , si je veux avouer que j'ai prêché les articles qui me sont imputés par des témoins; en tmisième lieu , enfin , si je les abjure. Dieu veuille que l'empereur entende les paroles que notre divin Sauveur mettra dans ma bouche , et si Ton me donne, comme je l'espère avec la grâce de Dieu, du papier et des plumes, je répondrai ainsi par écrit : « Moi, Jean, serviteur de Jésus-Christ , je refuse d'avouer qu'aucun des'articles extraits de mes livres soit erroné, de crainte de condamner l'opinion des saints docteurs et surtout de saint Augustin. Secondement^ ]e refuse de convenir que j'aie tenu ou prêché les. articles qui me sont imputés par de faux témoins. Troisièmement^ je refuse d'abjurer de crainte de me parjurer. »
Au nom du ciel, gardez soigneusement mes lettres et faites-les parvenir en Bohême avec précaution, de crainte qu'elles ne mettent beaucoup de personnes en péril. Souvenez-vous de moi, si vous ne recevez plus de mes nouvelles, et priez Dieu qu'il accorde la constance à moi et à Jérôme, mon frère en Christ; car je pense, comme je l'ai compris des députés, qu'il souffrira la mort avec moi,
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A SEâ AMIS.
Dernière résolution de Jean Hus, à laquelle il désire être fidèle,
ayec la gr&ce de Dieu (2).
Voici les choses que le concile a souvent exigées de moi ; mais elles impliquent que je révoque, qud j'abjure, que j'accepte une pénitence, et je ne puis le faire sans manquer en beaucoup de choses à la vérité; en second lieuy je me parjurerais en abjurant, en confessant des erreurs qui me sont faussement imputées; en troisième Heu, je donnerais un grand scandale au peuple de Dieu qui a écouté mes prédications, et il vaudrait mieux qu'une meule de moulin fût attachée à mon col, et que je fusse plongé au fond de la mer ; enGn, si j'agissais ainsi pour fuir Une confusion momentanée et une courte souffrance, je tomberais dans un opprobre et dans une souffrance bien plus terrible, à moins d'en
(1) HUt. et Monum, Johann. Hus., Epist. XLV.
(2) Cette lettre, telle qu'elle nous est parvenue, n'est sans doute qu'un fragment; les premiers mots l'indiquent.
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faire pénitence avant ma mort. C'est pourquoi j'ai songé, pour me raffermir, aux sept mar-* tyrs Macbabée», qui ont mieux aimé être mis en morceaux que manger des viandes prohibées par Dieu; j'ai songé à saint Eléazàr qui, selon qu'il est écrit, n'a pas même voulu avouer qu'il avait mangé des viandes défendues, de crainte de laisser à la postérité un mauvais exemple , mais a préféré le martyre. Ayant donc devant les yeux beaucoup de saints et de saintes de la loi nouvelle qui ont ac-~ cepté le martyre plutôt que de consentir au péché, comment, moi qui ai exhorté les autres dans mes prédications à la patience et à la fermeté, tomberai^ je ainsi dans le parjure et dans tant de vils menson-* ges et scandaliserai-je par mon exemple beaucoup d'enfants du Seigneur? Loin de moi ! loin de moi ! Notre-Seigneur Jésus-Christ me récompensera aveo plénitude, et me donnera dans mon épreuve le se** cours de la patience.
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LEnRE XLYII (<).