etc. de Condé et du duc d'Engbien, enfin nié
1 Boisrobert. decin delà reine de Suède, mort le 9 février
3 Le copiste a écrit Bowdelon. Il s'agit i685. Voir une lettre de Balzac à M. Bour-
ici de Bourdelot (Pierre-Michon), neveu delot, premier médecin de la reine de
d'Edme Bourdelot. médecin de Louis XIII. Suède, écrite d'Angoulême, le 10 septembre
oncle de Pierre-Bonnet Bourdelot. médecin i653 (p. 1029). de Louis XIV, et lui-même médecin du
LXXfl.
Du i5 décembre 16 h k.
Monsieur, Revoyant hier l'épigramme que jay laite pour Son Eminence, une subite inspiration me saisit, comme vous verrez par les nouvelles copies que je vous envoyé. J'y ay changé deux distiques, el en ay adjousté un, qui fait ce me semble un bel effet : car ne vaut-il pas bien mieux que ce soit le monde malade, qui prie luy-mesme M' le Cardinal de se vouloir bien porter pour l'amour de luy ? Mais qui connoistra ce bel effet, si ce n'est vous et nostre Marquis? Kl de vos Messieurs de la Cour, qui sçavent tout sans apprendre rien , n'y en aura-t-il pas plus de quatre qui ne connoistront point Mecenas sous le nom (YElliruscus Eques, quoyque ce nom soit connu par les cuistres de Parnasse, et que l'histoire d'Auguste soit toute pleine de la politique et des bons conseils de ce chevalier? Ma fluxion n'est point arrestée et j'en soufl're mesme beaucoup en dictant ces mauvaises lignes. Je ne sçau rois pourtant les finir, sans vous parler de mes amours, je veux dire de la très chère , comme très excellente épigramme qui m a béatifié, et a mis ma colline au dessus de Suirentimim collent1 1 Mille très humbles remerciemens, s'il vous plaist, au sage et magnanime poète nostre amy. C'est, Monsieur, vostre, etc.
Du 1 y décembre 16V1.
Monsieur, En despit de ma fluxion et de son opiniastreté je vous diray que, dans toutes les causes que vous connoissez, vous estes un
1 C'est ainsi que je propose de lire un par les poètes (surtout par Ovide) et par
mot que le copiste a écrit Pollii, forme Hes prosateurs (surtout par Pline l'Ancien)
inacceptable, puisqu'on ne saurait l'expli- pour que j'aie besoin de justifier ma correc-
quer. Les collines de Sorrente (Surrentini tion.
colles) ont été trop célébrées dans l'antiquité
DE JEAN MM is Gl BZ DE B ILZAI 119
juge très rigoureux, mais auss\ que rostre rigueur est très intelligente
cl très juste. Je n'appelle donc point de ferres! crue vous avei donné contre le Batave '. Je ne leus jamais rien de mieux sensé ny de plus
judicieux; et . si vous aviez l'ail (le celle manière les éloges ili's illustres
de ce temps, ce seroil un livre tout d'or, el que je préférerois aux Charactèru de Theophraste.
Je vous envoyé la lettre de M' de Grasse, el vous demende pour lin mi compliment aussy passionné que celu) qu'il vous demende poui Madame de Longue ville, encore qu'il ne soit pas si beau qu'elle est belle9. Vous m'aurez bien fait la faveur de luy faire tenir mon poème de la dernière revision, sans prendre la peine de lui escrire pour cela, car autrement j'aymerois mieux que le poème fut demeuré ic] ou à Paris.
Nec vesanduB amor loties et sedula nostri
Cura Capellani.
Vous avez obligation de ce second / à M* Ménage, qui vous en a fait présent dans sa dernière élégie, et ainsy Messieurs les poètes se jouent de nous et de nos noms à leur fantaisie.
Puisque vous appeliez épigramme ce que je vous ay escril sur le mot douteux3, il faut vous faire dire vray et vous envoyer une véritable épigramme, voire une double épigramme , comme vous verrez par le septiesme distique, sans lequel les six premiers achèvent le poème.
Si modo tanta licet parvis dare Domina rébus 4.
Mais, Monsieur, que l'Académie Putéane ne se glorifie point, s il vous plaist, de mon épigramme. Je vous l'adresse à vous seul, et pré-
1 Grotius. ragé, dit-on, par cet échec, le nain de Julii
' L'enthousiasme de M. V. Cousin n'a ne tarda pas à prendre le petit collet, rien laissé à dire sur la beauté de Madame a De verbo parum proprio , quod illi seri-
de Longueville. Je rappellerai . à propos de benti ercideral ai Joun. Capelanum, p. 3y
la malice de Balzac contre Godeau, que le de la seconde partie du tome 11. futur évêque de Vence, ayant recherché une ' Allusion au vers de Virgile:
jeune Glle en mariage, fut refusé par elle Si pana licet cooiponere magui».
tant il était laid et rabougri, et que. décou- [Georg. lib. IV. v. 176 . )
lens estre le pédagogue de tous les autres, quelques Parisiens du Marais ou du faubourg S' Germain qu'ils puissent estre, el de hishactenus.
En conscience, Monsieur, l'ordonnance de cinq cens escus vaut-elle la peine qu'elle vous donne et tant d'ordres réitérés par SonEminence, pour ne pas les nommer commendemens, ne sont-ce point des actions de théâtre, et une simple représentation de sa bonne volonté? Je me contente là-dessus de vostre pensée, sans qu'il soit besoin que vous preniez la peine de me faire de nouvelles remonstrances, ny une nouvelle carte de la Cour, à laquelle je suis résolu de renoncer comme au diable et à ses pompes. Je reviens à mon Scipion et à mon Fabrice, et ne veux plus louer que les Romains du temps passé, puisque ceux de cettui-cy se moquent de moy et de mes louanges. Le rheume me tient à la gorge, et j'ay pris et quitté la plume cinquante fois pour venir à
C'est, Monsieur, vostre, etc.
H y a quatre vers de l'épigramme qui sont tirés presque mot à mot d'une élégie des Tristes d'Ovide; c'est pourquoy, et cœt. Ma response aux civilités et aux louanges de Mr Rigault sera de vieille datte et du mois passé, bien qu'elle n'ayt pas esté encore envoyée, parce qu'elle n'a pas pu estre mise au net , cegrotante Ma jamilia. Nostre très cher l'aura par le premier ordinaire.
Du a5 décembre id\h.
Monsieur, La place n'est plus tenable, el affin que vous sçachiez les dernières attaques que j'ay souffertes, je vous diray que le suivant d'un petit seigneur m'a escrit une très grande lettre, et veut absolument que je luy responde, et qu'un lieutenant d'une compagnie de gens de pié, prisonnier je ne sçay où, me demende une aussy élo-
q uen te consolation que s'il estoit Cardinal de la Valette1. Voyla a quels termes je suis réduit, et en vérité j'aymerois beaucoup mieux donnerai] Buivanl un manteau d'escarlate toul neuf el payer la moitié de la rançon du prisonnier, que de faire ce que l'un H l'autre désirent de moy. Cette persécution qui ne finit point, et qui vient de tous cosiés1 me chasse à la fin de mon village; et je viens présentement de me laisser persuader aux prières d'une personne qui m'est très chère, qui, compatissant à nies peines il \ a longtemps, ne cesse de me conjurer depuis ce temps-là d'aller passer quelques mois de repos en sa niayson. Sa mayson autem ne se trouve point dans la carte, est esloignée des grands chemins, personne n'en sçayt le nom que ma sœur, et, quand j'y seray, j'espère d'y estreaussy enchanté que si j'estois dans un des palais que Messer Ludovico Ariosto [nous décrit]. Ce qui m'est dur et sensible à la veille de mon départ et dans l'imagination de mon absence, c'est que je ne pourray pas recevoir de vos nouvelles. ny vous faire sçavoir des miennes si souvent que je voudrais, et qu'il faudra que cette ordinaire consolation, que cette manne de tous les liuict jours3 manque à la tranquillité dont je vais jouir. Mais y a-t-il condition de vie qui n'ayl ses defaulx et ses incommodités avec ses avantages? Je ne [me] souleray pas de mon bonheur, mais je le gousteray, mais je le mesnageray avec art, et mon ceconomie me donnera de quoy subsister en attendant que l'abondance revienne. Qu'elle est belle vostre abondance, Monsieur, et qu'il y a plaisir de vous escouter sur les sujets qui vous plaisent, et dans les articles que vous estendez un peu plus qu'à l'ordinaire ! J'ay tousjours infiniment estimé Mon-
' Lu Consolation à Monseigneur le cardinal léances de son correspondant dans une lettre
de La, Vallelle , général des armées du Roy en à Godeau, du h mai 1 633, où se trouve
Italie,, forme le Discours troisiesme dans tes (p. 2Ô3) un grand éloge de la conversation
Œuvres diverses. de leur ami commun, «de laquelle je ne
2 Balzac se plaint amèrement de cette « reçois qu'un petit rayon en quinze jours
même persécution dans la 21e de ses Dis- «par la voye de l'ordinaire. Ce n'est que
serlations (p. 3y5 du tome II). «tester d'une chose dont vous faistes des
Autrefois Chapelain n'écrivait pas aussi «festins. » souvent à Balzac, si l'on en croit les do-
sieur de la Trousse ', niais vostre lettre vient de m'en rendre amoureux, et mon estime n'est plus que feu et que flamme. C'est donc luy que nos preux et nos paladins ont figuré :
Me decus nostrum, bello qui miscet amores, Qui vultus radios et dextra fulmina jungens Victor ubique animis tint jura voleutibus, et me, Dum mihi tanta refers . castis sic ignibus urit Ut caros mihi Romulidas , jam gloria magni TroBsiadi caros faciat minus.
Au reste, Monsieur, cessons d'admirer Jonin le Jésuite2, et son compagnon le Polonnois3. L'ode que vous m'avez envoyée de Monsieur Ferramus doit estre l'objet présent de nostre transport, et pour mo\ je vous avoue que je n'ouis jamais de meilleure musique que celle-là. Non ille ipse numerosus Horatius numéros habet suaviores, et nui majori atm voluptale pectora erudila descendant. Je suis passionné et intéressé en cecy, je le vous confesse, mais c'est principalement de la passion des
' Pellisson (Histoire de l'Académie, t. I, p. 126) nous apprend que Chapelain, rrau rt sortir des classes, entra chez le marquis n-de la Trousse, grand prévôt de France, ^•qui lui confia d'abord l'éducation de ses n-enfants, et ensuite l'administration de ses «•affaires,» et qu'il rry demeura dix-sept ans rentiers.* Les enfants de Sébastien le Hardy, sieur de la Trousse, furent François le Hardy, sieur de la Trousse, qui épousa Henriette de Coulanges , tante de Madame de Sévigné; François le Hardy, seigneur de Fay, maréchal de camp et gouverneur de Roses. Il y avait aussi une fille, qui devint Madame de Flamarens. Voir, dans une note de M. Livet sur le passage de Pellisson 1 ibid. ) , un extrait d'une lettre de Chapelain à Balzac, du 17 juillet i638, au sujet de la mort de l'aîné de ses élèves. Sur le grand prévôt et sur ses enfants, il faut consulter
le Tallemant des Réaux de M. P. Paris (t III, IV et Vil).
s Jonin (Gilbert), itjésuite célèbre par trses poésies,» dit le Moréri de 1759. Le Père Jonin naquit en Auvergne (1596) et mourut à Tournon (Yivarais). le 9 mars i638. Voir, sur lui, outre les ouvrages spéciaux sur les écrivains de la Compagnie de Jésus, et notamment le Recueil des Pères de Backer, Adrien Raillet (tome V) et Titon du Tillet.
3 Malhias-Casimir Sarbiewski. né en i5g5 , mort le a avril 1690, à Varsovie. Coupé a traduit en français quelques-unes des poésies latines de Sarbievius dans le tome XIV des Soirées littéraires. On cite de G. Langbein : Commentalio de M. C. Sarbierii cita (Dresde. 17.53. in-8". 175/1. ia-lt°).
belles choses h de l'interest « I < * la vérité; et, quand je n'aurois point trouvé pour moy les trois incomparables couplets, je ne laisserais pas d'eatre ravi des beautésde tout le reste. En attendant que je puisse
[Ministre reconnaissant, laites en socle, Moiisienc, <pie je ne paroisse
pas ingrat, et pardonnez à la précipitation d'un homme qui vous escrit le jonc de Noël. Il esi plus que ions les autres hommes, Monsieur,
vosice, etc.
Si vous me faites l'honneur de respondre à cette lettre, vous pource/, encore envoyée vos despesches au sieur Hocolet. Mais une autre fois il faudra les adresser tout droit à Madame de Campagnole à Saint- Gybardeau '; et, quand je vous escriray, je me serviray aussy d'une autre, adresse que celle du diligent Hocolet. Mon rheume m'incommode tousjours, quoyqu'il ne soit plus dans sa violence.
Monsieur, je pars aujourd'huy pour le voyage dont je vous justiliay la nécessité par ma dernière despesche. Je ne vous parlay point de l'altération de ma santé, nouvellement esbranlée, que le changement d'air pourra peut estre racommoder. Je ne vous parlay pas non plus de quelques douleurs ou blessures domestiques, parce qu'en la langue des anciens jurisconsultes [ce] sont causes de pudeur, et qu'il n'y a point moyen de s'en expliquer qu'à l'oreille et en secret. Tant y a, Monsieur, que mon absence de mon village est fondée en plus d'une rayson, et il falloit le quitter nécessairement pour quelque temps. Mais, quoyque je veuille que le monde croye que j'en suis esloigné de cinquante lieues, toutes les fois que vous me ferez l'honneur de m'escrire, ma sœur me peut faire tenir vos lettres en un jour, par un homme exprès, que je luy puis renvoyer le lendemain avec mes responses. Je luy laisse cette charge en partant d'icy, avec ordre de mander à Rocolet de ne m'escrire plus, c'est-à-dire d'attendre à m'escrire
' Saint-Cybardeaux est aujourd'hui une dans le canton de Rouillac. à 20 kilocommune du département de la Charente, mètres environ d'Angoulème.
22Zi LETTRES
que je sois do retour de mon voyage, et ainsy celte avenue sera pour le moins fermée aux complimens de Paris et de la Loyre; m'estani fortifié par d'autres moyens contre la persécution et les attaques d«'s provinces d'Adiousias '.
Vous envoyant la lettre de M' de Boisrobert, je n'a) point songé aux offres qu'il me faisoit dans ladite lettre, ny eu intention de changer le petit amy pour le grand, ou le pauvre pour le riche. Je voulois sedemenl estre esclairé par vous de la vérité d'un mot de l'apostille et sçavoir sur quel fondement la mauvaise conscience estoit reprochée à une personne en qui j'ay lousjours trouvé beaucoup de fidélité, sans parler de son industrie et de ses soins. Vous me confirmez, Monsieur, en mon ancienne opinion. Je vois bien que d'ordinaire les passions jugent mal, et que c'est un miracle quand nous sommes équitables à ceux à qui nous ne sommes pas affectionnés. Je ne vous diray rien pour Monsieur noslre Marquis, parce que j'aurois trop de choses à vous dire : d'ailleurs sa générosité est si pure et si désintéressée, que je sçay qu'elle n'attend autre prix des actions bienfaisantes que la satisfaction d'avoir bien fait. Quand il luy plaira, j'enfleray mon thrésor de ces autres précieuses marques de son souvenir, dont il m'a voulu obliger estant en prison, et vous diray à vous seul, sans avoir dessein de luy faire valoir ma passion, que je suis résolu de choisir quelque lieu bien remarquable, pour y placer le ressentiment qui me demeure de ses faveurs, ce qui s'appelle au pays latin, m bono lumine collocare.
Au reste, mon cher Monsieur, vous m'avez régalé de la plus jolie chose du monde, je dirois de la plus belle, si j'osois contredire Messer Arislotile, qui ne veut pas qu'on donne de la beauté à ce qui est de petite taille. Sans plus de préface, l'épilaphe de vostre belle est extrêmement à mon gré, et, en pareilles matières, les choses historiques
1 Balzac avait dit dans une lettre de la «duise, y Tallemant des Réaux (t. I, p. 278)
lin de l'année iG38 (p. 46a) : «■ It est cer- nous apprend que ce fut Malherbe qui le
"tain que la raison est de tous les pays, et premier appela ceux de delà la rivière de
«par conséquent aussy bien de celuy iVA- Loire, habitants "du pays 'd'A-Diou-Sias. n ttdiousias, que de celuy de Dieu voux con-
me plaisenl bien fort quand eflea sont exprimées avec grâce el orne ment. Mais seroit-ii possible, Monsieur, que vos muses eussent luit un tram pour vostre très-humble serviteur, <•! qu'une fois en ma vie je fusse célébré par le poète des Héros el des Héroïnes? Si cela est, que ma douleur eal heureuse] el il \ a bien plus de gloire à estre vostre malade à deux couplets une fois payés, que d'estre celuy de la Reyne à cinq cens escus de pension1. Je meurs d'impatience de voir cette gloire mienne (comme parlent nos voysins), et cel acte d'humilité de vus muses. Et cependant je vous prépare une silve qui ne parle point de Porpliirion, et que je n'estime pas pourtant moins que l'Apologie d'Amynte*. Je l'ay faite pour un de mes chers amys, desespéré d'avoir perdu sa maistressc que la dévotion lui a ravie, et qui s'est allé jetter dans les Carmélites de Bordeaux, quoyque son amant et toute nostre province criast après elle : Quis hic furor est? Ergo te vivant sepelias el antequamfata poscani, indemnalum spiritum effundas.
\ nus ne me dites rien de Mr Costar, et Mr Costar me parle de vous, dans une lettre qu'il m'escrit, avec tant d'amour et tant de respect, que, si vous estiez sa maistresse et son maistre tout ensemble, il ne vous pourroit pas traitter d'une aulre façon. Y auroit-il pour luy quelque dureté dans vostre cœur, et seriez-vous de ceux qui ont un peu trop bonne mémoire3?
Non ita sit, neque te quicquani Natura créa vit Mitius. aut pectus finxit meliore métallo.
Je suis bien en peine de nostre cher Président, et n'ay point de
1 Allusion à Scarron qui avait demandé à la reine Anne d'Autriche la permission d'être son malade en titre d'office, et qui obtint d'elle, à cette occasion, une gratification de cinq cents écus , convertie ensuite en pension. M. Guizot ( Corneille et son temps, p. 433) dit : trLes différents biographes de -Scarron supposent que cette pension fut I- accordée en 1 643. On est porté à croire r qu'elle ne le fut qu'en 1 645 . n On voit par
la lettre de Balzac que l'auteur du Typhon jouissait déjà de cette pension en i 644. iNo tons que Balzac composa des vers latins sur une maladie de Scarron : De morbo Scarronis ad erttditissimum Costardum (p. 18 de la seconde partie du tome II).
' Amyntœ Apologia scripta anno i6â3 , pi 1 5 de la seconde partie du tome II.
: Ce passage des Historiettes (t. V, p. 1 5 1 ) explique bien la phrase de Balzac: "En ce
LETTKES
nouvelles de trois ou quatre paquets que vous avez fait rendre à l'éternel biberon ' son correspondant. Dans peu de jours je vous renvoveray les originaux des lettres que vous appelez précieuses et qui ne le sont que par le prix que vous leur donnez. Mr de Campagnol vous les mettra entre les mains, et m'a promis qu'elles ne se perdront point, s'il ne se perd avec elles. Il faudra, s'il vous plaist, après cela, que vous m'envoyez les autres avec la Harangue délia Casa, ex recensioite Capelani, nempe, s'il y a quelque lieu corrompu, vous prendrez la peine de le restituer et de me le rendre en estât d'estre imprimé sans en faire une nouvelle copie.
Vous trouverez dans ce paquet une lettre pour Mr de Boisrobert. et vous me feriez plaisir de luy donner une copie de mes derniers vers. Je suis de toute mon ame. Monsieur, vostre, etc.
A Angoulesme, le 1" janvier i6?i5.
Du a5 janvier i64â.
Monsieur, Je respons à vos deux dernières lettres que je viens de recevoir, et commence par l'incomparable sonnet; ce sonnet qui fait tant d'honneur et donne tant de réputation à ma cholique, ce sonnet qui adoucit toutes mes douleurs et enoblit tous nies maux, qui mattache sur le Caucase avec des chaisnes de perles et des clous de diamant, en un mot, qui m'eslève dans le ciel et m'y asseure ma place.
t temps-là, les odes de M. Godeau et de •'M. Chapelain à la louange du cardinal de ■t Richelieu parurent, et ensuite M. Chapelain "eut pension de M. de Longueville. Costar. " par une estrange démangeaison d'escrire. •et pensant se faire connoistre, en lit une "censure qui le fit connoistre en effect. mais - non pas pour tel qu'il se croyoit estre ; il "n'y avoitque de la chicanerie , et, ce qui ne rrse pouvoit excuser, sans avoir jamais veu
«M. Chapelain, et sans avoir rien ouy dire "qu'à son avantage, il s'eserioit en un enadroit : Jugez, après cela , si M. de Longuet ville n'a pas hien de l'argent de reste, de "donner deux mille livres de pension à un "homme comme cela?» (Voir aussi p. 1 5a . 1 53 du même tome, et p. aa5 du tome l des Œuvres complètes de Balzac. )
1 Comme je l'ai déjà fait remarquer. c'est M, de Flotte que Balzac désigne ainsi.
DE JEAN-I.oilis GUEZ Ut; BALZAC. . i±l
faisant semblant de m'arruscr qu'autresfois j'v suis entré par surprise! Jamais fable ne fut mise en œuvre avec tant d'arl ai plus d'ornement; ikiii pas mesme celle des (Jeans dans le dernier poème du père Malherbe1. Et, bien que ce soit fable sur Sable, H que le second Prométée ne soil pas plus coupable que le premier, néanmoins il y a tant de beauté en cette double liction, qu'il semble que Tune n'ait esté lait que pour l'autre , et il faut avouer 'que, depuis Orphée iusques à vous, les nuises n'ont point menti de meilleure grâce. Seulement un petit mol de vérité vous est eschappé en despil de vous; et, quoyque I entente soit au diseur, je vous puis bien asseurer que personne ne lira cette présentation de l'encens des dieux aux indignes mortels, sans songer d'abord à Porphirion2, quelques sermens et quelques protestations que vous puissiez faire la-dessus. Vous ne pouvez plus vous en desdire, mon lion Monsieur :
Non vox missa sacro revocatur Apollinis ore.
jEternum est quodeunque canit : Tuus ergo. meusque
Itle oliin . cui tôt posait Balzacius aras.
Cui mundi , Jove posthabito , transcripsit habenas .
Indignns mortalis erit. Culpam ipse fatebor.
Erroresqae meos; nec solus grandia tingit,
Spesque ratas Bacchus jubet esse, et somnia vera ,
Res quoque amor fallax; rnultumque imponit Amyntae.
Multa niihi narrât miracula : credulus iltis,
Delusus rerum specie, simuiachra sequutus.
Atque f'avens caris aflectibus, esse putavi
Quem volui, et pulchros feci mihi semper amores.
Soit que je die vray de vostre héros, soit que je blasphème contre sa mémoire, n'admirez- vous point aussy bien que moy cette belle ex-
1 Balzac veut parler de la pièce : Pour le Voir les quatre admirables strophes qui re-
roi, allant châtier la rébellion des Rochelois, gardent les Géants, à la page 23o du tome H
et chasser les Anglois qui en leur faveur étoienl des Œuvres complètes de Malherbe, publiées
descendus à l'île de Ré. C'est une des plus par M. Lud. Lalanne ( Grands écrivains de la
belles odes de Malherbe, qui avait près de France).
soixante-treize ans quand il la composa. ' C'est-à-dire à Chapelain lui-même.
ag.
tcmporanéité '? Raillerie à part, et je vous le dis dans toute la sériosité2 de la prose, le sonnet est infiniment beau, et je vous suis infiniment obligé. Mais, pour retomber dans la raillerie (je parle en cet endroit de la vostre) tout ce que vous m'escrivez de Quadrigarius3. de Girostome * et des autres doctes fous est certes de la meilleure et de la plus délicate. Et vous m'avez fait rire encore de bon cœur des bonnes nouvelles de S1 Géré 5, qui ne m'eussent donné qu'un peu de repos d'esprit, ou, pour le plus, de joye languissante, sans vostre assaisonnement, et si vous ne les eussiez tirées, pour me les envoyer, ou de la gueule, ou du gaufre, ou de l'abisme des sausses et des ragousts.
Jusques icy la matière n'est pas fasclieuse, et vous voyez aussy que je ne suis pas de mauvaise humeur. Mais pourquoy m'affligez-vous, Monsieur, par vostre dernière lettre? Et pourquoy voudroit-on que, n'estant point personne publique, n'ayant ny office, ny bénéfice, ny mayson, ny femme, ny enfans, je n'eusse pas la liberté de changer d'air, et de me promener quand il me plaist, en Auvergne, en Gascoigne, en Languedoc, voire en Italie et en Grèce, si je m'ennuyois en France? H me semble qu'un homme si peu engagé que moy dans la société civile, peut faire tous les voyages sans extravagance et sans estre obligé de publier de manifestes ny d'apologies. Je ne vous allègueray point sur ce sujet les courses continuelles du père d'alliance de
1 D'exiemporaneus (ex tempore), instantané. M. Littré n'a cité, sous le mot ealemporanéitéj, que le seul nom de Diderot.
2 Ce mol a été employé plusieurs fois par Balzac dans ses Œuvres diverses. Les auteurs du Dictionnaire de Trévoux assurent que Vaugelas avait bonne opinion de ce néologisme et qu'il disait: rr Si l'on faisoil ^-l'horoscope des mots, on pourroit, ce me t semble, prédire de celui-ci qu'un jour il ^s'établira, puisque nous n'en avons point rt d'autre qui exprime ce que nous lui fai-
sons signifier." Vaugelas a été mauvais propbète.
3 Quadrigarius est un bistorien latin dont les ouvrages , souvent cités par Tite- Live et par les anciens grammairiens, sont depuis longtemps perdus. Nous ne savons auquel des contemporains de Balzac s'appliquait le nom du vieil historien.
1 Peut-être faut-il lire Chrysostome! Chapelain se serait moqué en cet endroit d'un orateur, comme il s'était moqué d'un historien, à propos de Quadrigarius.
s Mainard était auvent à Saint-Céré.
DE JEAN LOI is GUEZ DE BALZAC. 220
la demoiselle1, parce que peut astre vous mi' respondriez qu'il B'ha billoit aussy quelquefois toul de blanc ou toul de vert. Je vous dira] seulement que feu M1 l'Evesque d'Orléans l'Aubespine9 (quem konorit
nuisit iiniiiiiiii) a csti'' passer des années entières en Provence, quoyqu'il l'usi obligé «le résider en bod diocèse; el les macarites ■ Jansenius et Gyranius ne se renfermèrent-ils pas quatre ou cinq ans dans un chasteau de Biscaye, pour lire ensemble les anciens Pères4? Mais le public est un mauvais interprète et glose sur tout. A vous dire le vray, je ne pense pas qu'il songe à inoy, et je suis trop caché et trop obscur pour estre veu ny remarqué de ce .Monsieur le public. Au pis aller ce n'est point luy à qui je veux rendre mes actions agréables; c'est vous seul, Monsieur, que je désire qu'elles contentent, et je suis triste jusqu'à la mort et suis inconsolable et désespéré, si vous les trouvez mauvaises. Soulagez-moy donc l'esprit au plus tost par un aveu et une approbation de ce que j'ay fait; et je vous suplie que ce que j'ay fait ne s'appelle point retraitte (dans les compagnies où l'on peut s'enquérir de moy) puisqu'on effet ce n'est qu'un petit voyage, et une visite de quelques mois que j'avois promise il y a longtemps à un gentilbomme de mes amys. La mayson de ce gentilhomme est presque au miheu d'une for est qui nous fournit de quoy rendre les jours de janvier aussy clairs et aussy chauds que ceux du mois de juillet. Cette commodité me manquoit à Balzac, où nous avons bien assez de bois pour faire de belles ombres, mais non pas pour faire d'aussy grands
Michel de Montaigne, dont Balzac s'est ' Gabriel de l'Aubépine, évêque d'Or-
beaucoup occupé dans ses Dissertations cri- léans du 28 mars 1606 au 98 août i63o.
tiques (t. II, p. 597, et surtout p. 658 S 3 De fiixap/Trçî. défunt, trépassé, avec
661). a dit ( Essais , livre I. chap. xxxvi): ce sens particulier de mort qui jouit de
-Et puisque nous sommes sur le froid, et l'éternelle félicité, de bienheureux.
-François accouslumez à nous bigarrer 4 Le futur évêque d'Ypres et le futur
rt(non pas moy, car je ne ni habille guère abbé de Saint-Cyran passèrent cinq années
•que de noir ou de blanc, à l'imitation environ (161 1-1616) dans une terre appar-
"de mon père) adjoustons dune aultre tenant à la famille Duvergier de Hauranne.
rpièce, etc. « Ce doit être, non Balzac. proche de la mer, et appelée Champré ou
mais bien son copiste, qui a écrit le mot Campiprat (Saime-Beuve. Port-Royal, der-
vert au lieu du mot noir. nière édition, t. I. p. 280).
àâO LETTRES
feux que j'en ay besoin. Pour mon loisir, je le possède tout entier, el personne ne me le trouble, estant maistre du maistre de la mayson. dont la complaisance en est venue jusques là que d'avoir voulu faire tuer tous ses chiens et tousses coqs, aflin que le repos que je suis venu chercher chez luy fui plus parfait. Je ne l'emploieray pas tout à dormir, et, pour vous faire voir de quelle façon j'en use desjà. acco ' ma composition de devant hier, que je vous ay fait copier par Mr mon scribe. Je pense que ce sera un chapitre de mon Cleophon , pourveu que vous le gousliez et qu'après l'avoir leu, Vostre Seigneurie Illustrissime me donne courage de continuer. Vous me mortifierez estrangement , si vous avez mauvaise opinion de cet essay et si vous me mandez que je suis un mauvais paraphraste de Tulle 2 et un misérable commentateur de Tacite. J'espère mieux delà réussite de mon papier, et veux croire que ma prose et mes vers seront receus de vous aussy favorablement qu'à l'accoustumée. Je vous promis ceux-ci il y a quinze jours, et vous en fis l'argument assez au long, si ma mémoire ne me trompe. La Carmélite est plus dévote et son amant plus enragé que jamais. Pour la sylve (que je ne changerois pas pour toutes les précédentes), elle peste un peu contre sainte Thérèse et le Mont Carmel; mais, outre que le désespoir des amoureux est assez connu, elle sera suyvie d'une épigramme qui luy servira de correctif, et nous avons de quov appaiser les Pères de l'Oratoire et contenter tout ensemble la dévotion et l'amour 3.
Je ne suis pas moins obligé à Mr Silhon du succès de la petite affaire, que s'il m'avoit fait tout d'or, veu qu'en effet je voy bien qu'elle ne luy a pas moins donné de peine que la plus grande affaire du monde. Quoyque je l'aye remercié d'avance, il y a plus de trois mois, je ne laisseray pas de luy en escrire encore, et envoyeray ma lettre au petit amy. Mais, Monsieur, voicy encore un endroit fascheux et un de ces articles amers ainsy que vous les appelez. Puis-je lire ces termes
\oici. conde partie du tome II des Œuvres com-
" Cicéron (Marcus Tullius). plètes, Céladon desperatvs, et Euridke re-
'• Voir ces pièces à la page 3p, de la se- Intn Celadoni desperato.
DE JEAN-LOUIS GUEZ DE B ILZAC ïl\
douteux de la lin de vostre lettre, s'il ne vaut eiUnt pas aussi/ eommodt que je If crojf de recevoir e$e 86y livret de 1/' Gombault, et cetera, sans m'escrier que] torl est-ce faire à la noblesse il»' mon amitié? Mon 1res cher me Iraitera-l-il toiisjours en inarault ou pour le moins en marchant? Vous devei agir plus absolument en telles rencontres, et,
puisque vous De l'avez pas l'ait, nie faisant mesine faveur, il suffit
maintenant que vous mandiez à M1 Gombauld qu?il me garde la somme
dont est question jusqu'à ce qu'il se présente commodité pour me la faire tenir à Angoulesme, où, si je ne suis, ma sœur la recevra en mon absence, après plein pouvoir et ample procuration que je luy ay laissée en partant.
Je cours la poste il y a une heure et suis si las que je n'en puis plus. Combien de solécismes, barbarismes, incongruités, me seront eschappées dans celte furieuse précipitation ! Et combien faudroit-il d'épigrammes pour les expier! Si faut-il encore que je vous die (puisqu'il m en souvient) que l'épitbète ^infortuné doit estre mon épithète i-erpÉtubl, et que celuy de viste de pié n'appartient point si légitimement à Achille. Prenez garde néanmoins, Monsieur, si cet infortuné est bien en sa place dans le sonnet, estant si près du throsne d'or et de l'empire que vous me donnez, qui sont les deux plus grandes fortunes que la plus haute ambition sçauroit concevoir. Il faut aller jusqu'au cinquiesme vers pour s'esclaircir de la doute que les quatre premiers ont donnée, et, sauf vostre meilleur advis, ne seroit-il point à propos de changer ce premier demy vers, pour la plus grande perfection de l'ouvrage, qui en conscience est un chef-d'œuvre? Je suis plus qu'homme du monde, Monsieur, vostre, etc.
J'ai respondu, il y a quinze jours, aux aultres articles de vostre lettre, bien que je ne l'aye receue qu'aujourd'huy, et vous avez veu ce que je vous ay mandé du paquet des originaux, et de la promesse que Mr de Campagnol m'a faite de le vous mettre luy-mesme entre les mains. Je connois par les lettres que m'escrit ma sœur que cette despesche faite tl y a quinze jours n'arrive qu'aujourd'huy à Paris, parce qu'elle fut
envoyée trop tard au courrier. Elle esloit pleine de beaucoup de choses dont j'ay perdu tout à fait le souvenir, et, si par malheur elle ne vous avoit pas esté rendue , je vous prie de l'envoyer demender à Madame Barbot à l'enseigne du S'-Esprit, rue des Maturins. Mon neveu l'a adressée à cette femme et recommandée ardentissimis verbis. II y a voit dans le paquet une lettre pour M. de Boisrobert.
J'ay eu des nouvelles du Président par un homme exprès qu'il m'a envoyé le jour mesme , je pense, que je m'en plaignois à vous.
Du 3o janvier i645.
Monsieur, Vous me guérissez en me plaignant : vos bontés sont les remèdes de mes maux, et, sans entrer dans l'hipothèse de la chose, je pardonne journellement au genre humain; je luy ay mesme quelque obligation, puisque sa dureté me fait esprouver vostre tendresse. Vous me donnez tant de sujet de me louer de vous, que je ne me veux jamais plaindre de personne; et me tenant lieu, comme vous faites, de toutes choses, je compte pour rien toutes les pertes après lesquelles vous ne laissez pas de me demeurer. Si je vous possède, je suis riche; après cela il n'est plus en la puissance de ma mauvaise fortune ny de mon mauvais mesnage de m'appauvrir quoyque vous puissiez dire ou penser, Monsieur, de la conduite d'un homme qui fait gayement des présens de vingt cinq mille escus, et qui a toutes les peines du monde à tirer quinze cens livres de sa pension. Cette énigme finira là, s'il vous plaist, nec ero ambitiosus in malis quœ per le haud amplius mala snnt.
Je vous escrivis un livre il y a quinze jours; ma sœur me mande quelle adressa mon paquet à Rocolet; mais, puisque la voye du sieur Barbot est asseurée, je m'en serviray désormais, comme je fais aujourd'huy, et il suffira qu'un de vos gens porte vos responses à la poste, le mercredy ou le dimanche après disné, parce que ledit Barbot n'aura plus d'affaire à Angoulesme, lorsque mon neveu n'y sera plus; quand il n'y auroit qu'un billet à m'envoyer. il faut toujours faire une couver-
luit1 il l'adresse ordinaire d Madame de Campagnole à Ingouleme, et hot ad majorent cautelam, affin mie les importuns ne puissent Bçavoir <j u«nostre commerce continue. En vérité vostre Comète vaul un soleil, ei je ne vis jamais rien de mieux conceu , de mieux poursuivi, «le mieux achevé. Le Promethée esl pourtanl incomparable, et je vous confirme îcy de sons froid toul ce que je vous en a) ilil dans la plus chaude esmotion de ma joye. Je vous remis encore de seconds liés humbles remerciemens, et vous prie de croire que j'en lais ma |>lus haute vanité, (uni a te sic amari, etiamparvum meritum, magna virlus rit. Je ne pensois pas avoir escril une si belle lettre à Monsieur l'abbé : mais (a mauvaise lettre que c'est si elle l'oblige à une réplique! Au pis aller je suis hors du monde, et il n'y a plus de Belleroplion ni d'Astolphe pour \ porter les paquets de M1' de Boisr[obert].
Je vous envoyé une copie de mon Céladon pour nostre magnanime Montorides, et je vous prie aussy de luy faire voir ma paraphrase du passage de Tacite. Que je sçache, s'il vous plaist, de quelle sorte la Cour le traite, et s'il y a quelque justice pour son extraordinaire vertu, pour ses grands services, pour ses pertes qui ne sont pas petites au jugement de tout autre que de luy.
J'attends icy mon neveu dans deux ou trois jours, par lequel je vous escriray et vous envoyeray les originaux des lettres. Je vous manderay à quel messager je désire que les autres soient confiées; et il fault que je les aye, mon cher Monsieur, et que j'en face part au public, quand ce ne seroit que pour luy faire voir l'estime que nous faisons de nos braves.
Si vous avez reveu la Harangue délia Casa, obligez-moy de l'envoyer de ma part à Mr Costar, qui m'en fera faire une copie par son excellent Tyron1.
J'ay receu le Menteur , qui m'a plu extrêmement2, et je vous prie,
1 Le Tyron de Costar était un certain Ltliée qu'en 1666 (Paris, chez A. de Som- Pauquet dont il sera parlé" plus loin. maville. in-4"). V Achevé d'imprimer est du
2 La comédie du Menteur, représentée dernier octobre, pour la première fois en 1662 , ne tut pu-
si Mr CoroeiHe vous va voir, de le bien remercier de ce plaisir extrême
qu'il m'a donné.
Mr de Saumaise m'a escrit la plus obligeante lettre du monde, mais il ne me mande point, qu'il parte de Leyden. Je suis. Monsieur vostre, etc.