‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 10 sur 103 · A PIERRE CORNEILLE · texte numérisé non relu

A PIERRE CORNEILLE

11 fallait le grand siècle à tes grandes paroles; ■ Mais, pour te concevoir, nos jours sont trop frivoles.

Le siècle est ainsi fait : enivrés de nous-mêmes, Aux grandeurs du passé nous jetons nos blasphèmes. Ton époque faisait la nôtre trop petite; Ta gloire était trop grande, et nous l'avons maudite.

Mais (pi'imporle? l'Arabe, en ses instincts stupides, Veut p;irl'ois démolir les grandes pyramides; Mais voyant leurs sommets impassibles dans l'aii', El, malgré son travail, leur masse encore cntièrc; Tout essoufflé d'avoir arraché quelque pierre, Il disparait dans le désert.

Kt Viiiiiement il fuit dans ces lointains de sable : Des géants de granit la pointe inévitable Se préscnle toujours à ses yeux mécontents; lit, |ioiM lui re})roclier sa honte et sa j'aiblesso, Semble lui dire au loin : Je régnerai sans cesse Sur les espaces et les temps.

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