I.ETTIÎE XXIII
Nîmes, novembre 1811.
Mon cher ami.
Je ne suis pas dans l'habitude d'attrister mes amis de mes peines et de réchauffer leur amitié par la commisération ; mais puisque le mot dureté si été prononcé*, il faut que je vous fasse connaître ma position. Je n'ai presque plus de santé, ol je n'ai pas assez pour vivre sans travail; de pins, je crois vous
I. Il avait été prononcé pir un lil>i;iii(^ .ivrr i|iii M. Ilrlionl nvait essayé de. traiter.
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lavoir déjà dit, j'ai des parents pauvres, j'ai toutes les charges d'un père de famille, sans en avoir les compensations ; j'avais cru que je pouvais exiger un tribut légitime d'un travail que les hommes de lettres les plus hauts placés et les plus scrupuleux ont dans tous les temps perçu sans rougir et sans se déshonorer. Si les allures du jour exigent une plus grande rigidité dans le désintéressement, je m'en félicite et j'y souscris volontiers. Vous savez, mon cher ami, que dans de pareilles circonstances, ce sont toujours vos inspirations que j'ai suivies, et il en sera de même aujouidMiui ; votre amitié est au-dessus de tous les sacrilices de ce genre que je pourrai faire.
Si vous pouviez soupçonner quelque chose d'avide dans ma pensée, vous me pardonneriez de vous rappeler des choses qui se sont placées entre vous et moi, et qu'excepté nous, Dieu seul connaît'. Alors, tout en acceptant la reconnaissance qu'elles m'imposaient, je refusais les offres des personnes généreuses dont vous faisiez partie. Vous savez aussi les avances qui me furent faites lors de mon séjour à Paris et ce que je répondis; je suis toujours le même, digne de vntro noble amitié.