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LKTTl'.r. XXXI
Nîmes. '2 janvier 1845.
Je vous remercie de vos critiques sur Aiitigoue ; il est fort |30ssible que j'aille à Paris au commencement de mars prochain, et nous en parlerons.
Je suis bien plus empressé, en me souvenant de ce que votre bonne amitié a fait pour moi, de vous ^oubailer tout le bonheur dont vous êtes digne : que la Providence acquitte envers vous ce que le poëte vous doit! ne m'oubliez pas auprès de votre famille et surtout auprès de votre fils.
Il faut, mon cher ami, que je vous fasse une confidence. Le maire de Nîmes, M. Giiard, m'a fait appeler l'autre jour, et, après m'avoir demandé si je ne désirerais pas une position plus en harmonie avec mes goûts littéraires, me parla de la place de bibliothécaire, bientôt vacante (à ce qu'il me dit) à Nîmes; il ajouta que cette place étant en dehors de toute administration politique, mon indépendance connue
(li I F.ÏTI'.rs ItK jr.AN IlElîdUI.
légitimisln serait ifiligieusement respectée , et que, pour sa part, il me conseillait d'accepter et de consulter du reste là-dessus mes amis politiques. Vous me connaissez assez pour prévoir ma réponse. Je lui Ils observer que si je pouvais (aire quelque bien à Nîmes, c'était en conservant mon indépendance ; que l'avenir étant incertain pour tous, il pourrait être bon un jour que l'on crût à la sincérité de ma parole, soit pour modérer l'impétuosité d'un zèle aveugle, soit pour stimuler les gens de bien à s'opposer à des collisions qui n'ont déjà que trop ensanglanté notre malheureuse cité, tout cela dans la supposition que ma parole avait quelque valeur, ce que je ne décide point ; en un mot, je refusai le plus poliment possible. M.\le'maire, en m'exprimant ses regrets, fut bienveillant et affectueux, et nous nous quittâmes.
Tout ceci entre nous, je n'en ai parlé à personne à Nîmes. N'ayant autre chose à vous dire, je vous embrasse de cœur, dans la conviction que vous approuverez ma conduite en cette affaire.
l.tTTl'.tb DE JtA.N r.LUUL'L 95
LKTTKl. WXll
Paris-, -n avril iSiJ'.
Merci de votre aimable pnJoccupalion. Je commande chez vous, et Yalentine est pleine de prévenance.
J'ai été hier à la soirée de M. Lenormand. J'avais été invité à apporter quelque fragment de la tragédie; tout a été applaudi, surtout deux petites pièces d'un genre bien différent : le Rapsode et les Langes (le Jésus ^ Pardonnez-moi ce langage, je sais que mes joies sont les vôtres, et je vous en fais part. ^ Madame de Kécamier était au nombre des auditeurs, elle m'a fortement prié d'aller la voir à l'Abbaye-au-Bois.
1. M. Ueboul était à Paris, diez M. de Fresiic, qui avait cteobli^'c (le s'absenter pour quelques jours.
'2, Voici les deux pièces mcntioiiuées dans cette Icllrc.