‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 27 sur 103 · LES LANGES DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LES LANGES DE JÉSUS

Auprès (l(; JJcIhléoni, au l)oi(l de lu pitciiic, ÏA^ Vierge allait laver les langes de Jésus. Or, une pauvre femme était là sa voisine, (Jui lui (lit, reprenant ses travaux suspendus :

(( — Ile ce ruisseau, ma sœur, connaissez-vous l'histoire/ Ce n'élait qu'un ravin au temps de la moisson : Le plus ])etit oiseau n'y trouvait point à boire; Les troupeaux maintenant y pionucut leur toison.

« Ses eaux semblent semer des édens dans leur course, Et sous les feux du jour redoubler de fraîclieur; On dirait que quelque ange a réuni leur source. » Lu Vierge répondit ; « Bénissez le Seigneur, b

« — Et, pour mettre le comble à ces clio?es élrangcs. Mon enfant pâlissait, il reprend sa couleur Depuis que dans ces eaux je viens laver ses langes, n Lu Vierge répondit : « Bénissez le Seigneur. »

« — Toute la Galilée en est dans l'allégresse : Savez-vous d'où nous vient ce prodige, ma sœur'.' Les docteurs di^ la loi sont à bout de sagesse. » La Vjeigc répondit : « Bénissez le Soigneur. »

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l'ille aurait pu lout dire à cette pauvre l'enimc, Marie à ce prodige avait longtemps rêvé; Mait) le bruit du dehors n'allait point à son ànie, lit le temps de son lils n'était pas arrivé.

LETTUE XX.MU

Nîmes, 20 juillet 1845.

, / Mon cher ami.

L'auguste exilé a daigné m'honorer de la lettre que voici :

« Gorilz, 12 avril 1845.

« J'ai reçu votre lettre avec plaisir, Monsieur ; « j'aime en vous le poète et le caractère de l'homme « de bien. Vous avez consacré vos talents à tous les (( sentiments qui peuvent rendre l'homme meilleur^ « en l'élevant vers Celui de qui émane tout ce qui est « bon et à qui doit remonter toute poésie. Je suis « bien aise de vous dire moi-même combien j'ai « pour vous d'estime et d'affection.

« Siqné : HtrdiJ. »

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I,l,T^■nL^ DE JLA.N l'.LBUlL 1»7

Vous savez ce que je vous disais rekiliveiiienl à la grande question de l'enseignement. C'était au lond celle du sacerdoce et de l'empire. Le vieux renard vient de la résoudre dans notre sens; il l'a rendue pralique : il s'est entendu avec le Souverain-Ponlile, et on a transigé ; c'est ce qui doit arriver toujours en bonne politique; les autres voies ne conduisent qu'au bouleversement de l'Élat. .le sais bien que leur Charle dit le contraire, mais ils ont mieux aimé mentir à leur Constitution que do se perdre, et je trouve qu'ils ont bien fait, surtout quand on n'a devant so* qu'un peuple de niais.

lETlKE XXXIV

ISiiiies, 10 août 18 iO.

Mon cher arni',

J'ai reçu votre lettre, qui contenait celle de mademoiselle votre sœur, celle de M. Samson, celle de la Comédie-Française, et enfin celle de mademoiselle Anna ^Villlo^vrski; tout cela m'a l'ait grand plaisir, mon cher ami, c't3st à vous (jue je le dois.

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La lettre de la Comédie-Française est très-bien, cela sent le bon temps et la bonne maison. Je suis bien reconnaissant de l'honneur que le comité veut bien faire à mon volume et surtout à la lettre qui l'accompagne, en les plaçant l'une et lautrc dans la bibliothèque du théâtre,

La comtesse Anna^ a mis toutes les grâces de sa personne dans sa lettre; juiiez, mon cher ami, avec quelle avidité le poète a respiré les parfums vivihants qui s'exhalaient de cette adorable missive. Le rêve allait son train, quand je ne sais quelle vision classique vint s'offrir à mon esprit. C'était la Parque tenant en main le peloton de mes jours passablement arrondi, et l'écheveau d'où il avait été tiré s'amincissait d'une manière fâcheuse; je compris la leçon, et me hâtai de prendre un petit verre d'un élixir qui m'a toujours réconforté et qui porte pour étiquette : Résignation. Je sortis de mon rapide bonheur comme l'on sortirait d\m songe ^ avec une tristesse qui n'était pas sans consolation et qui semblait me dire : après tout, tu échappes au ridicule et ton cœur restera tout entier à un sentiment, que l'on peut avouer à tout âge.

- 1. On sait qu'en Russie les filles non mariées pieniient le litre de

leurs familles.

LETTI'.KS DE JEAN P. K H OUI. O'i

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