‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 28 sur 103 · I.F.TTP.R XXXV · texte numérisé non relu

I.F.TTP.R XXXV

Nîmes, 18 rli'ccinbrf 1S46

Mon cher ami,

Il se fait ici un travail sonrd, mais réel, afin do placer l'opposition légitimiste sur le terrain de l'opposition catholique; je m'y oppose de toutes mes forces comme à une manœuvre de ralliage. Je crois qu'il y a une chose qui rendra nulles toutes les tentatives. La population ne nous suivrait jamais sur un pareil terrain ; elle ne conçoit pas, dans ses instincts chevaleresques, que l'on puisse séparer l'amour de son roi de celui de son Dieu,

Elle a une haute idée de ceux à qui elle a voué ses affections, et les plus habiles casuistes y perdraient leur latin.

La misère est grande ici. A la suspension des fabriques est venue se joindre celle de toute autre espèce de travail ; voilà quinze jours que le froid est très-rigoureux; et cela, indépendamment de la misère, est toujours une souffrance pour nos pauvres, (pii, pour ainsi

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dire, se passeraient plutôt de pain (jne de chaleur ; heureusement que la charité est active. La boulangerie à elle seule a fait une souscription de 4 à 5,000 kilos de pain; le même zèle est dans les autres classes. Les subsistanct s sont abondantes et à des prix qui ne sont pas exorbitants; nous ne craignons rien de la famine, malgré les énormes quantités de grains qui prennent la route de Lyon.

Mais, encore une fois, le travail manque, et c'est là le plus déplorable pour une ville do fabriques.

Adieu, mon cher ami. Donnez-moi au plus tôt de vos nouvelles. M. Demians, que je vois presque tous les soirs, me charge de vous offrir ses bons souvenirs. Adieu, encore une fois ; recevez mes vœux de bonne année et présentez-les pour moi à votre fils.

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