I.TTIlL XLI V "^ Niriies, 15 noveinijic IfiiS
Mon cher anu.
Je suis arrivé hier, à iieul' heures du malin, trèsl'atigué. La neige me surprit en sortant de Paris et ne m'a quitté qu'aux environs de Valence. Je n'ai trouvé qu'ici le soleil, mais avec cet affreux mistral qui est le fléau de nos pays. J'ai bien souffert en route. Le vin de Bourges m'avait empoisonné, à la lettre ; aussi, pendant le reste du chemin, je n'ai voulu prendre que du bouillon; mais le chez soi m'a tout à fait remis.
Que vous dirai-je de mon arrivée? Toute ma famille se jeta à mon cou en pleurant ; ma pauvre sœur surtout ne me quittait pas. Quel poëte pourrait dire tout ce qu'il v avait dans ces larmes? Et le moyen d'arrêter les miennes en me sentant ainsi embrassé? Je pleurai donc comme un enfant, et je remerciai la Providence de m'avoir, en me jetant dans la tempête, révélé tant d'amour chez les miens.
Les visites, depuis mon arrivée, ne cessent pas. Ces