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braves gens me serrent la main avec une tendresse qui me touche l'àme. Les pauvres surtout me portent une al'fection que je ne saurais presque m'expliquer ; ils pleurent aussi en m'embrassant. Que la Providence, mon cher ami, me donne de mériter leur f^mour! car je sais que c'est une bénédiction. Tous, en un mot, petits et grands, m'ont accueilli avec une effusion qui me fait presque rougir. Comme je sais que votre bonne amitié recevra ces confidences avec plaisir, je vous les transmets au plus vite.
Tout me dit ici que j'avais vu à Paris la question de la présidence sous son véritable point de vue, surtout dans ses rapports avec la position exceptionnelle de notre département. Mais ne précipitons rien, on vit beaucoup en peu de temps dans les circonstances où nous nous trouvons.
Toute ma famille est à vos pieds pour vous remercier des soins de votre bonne amitié et de tout ce que vous avez voulu bien faire pour moi dans ces temps difliciles*. Adieu, elle répondra au premier jour à
1 . Il ne faudrail pas croire à des largesses de la part de M. de Fresnc à l'égard de Relmul, dont la délicatesse, la résistance et la volonté absolue sur ce point n'ont jamais pu être vaincues. Reboul a payé à M. de Fresne une pension qu'il a dû accepter sous peine de perdre son li'Mc.
112 LLTTKtS 1)L .ItA.N HtDOLI.
voUe letUo, et vous remerciera de nos cliariiiaiilb cadeaux.
Tout à vous de ca'Ui' ut d'àiiif.
Mes souvenirs au bon M. Le Uo\ , et ne inoubliez pas auprès de \otre lils.
Un mot pour moi à Valenline.
LETTUL XLV
{(lCimaj
Nîmes, 28 juillet 1849.
Je nie trouve, mon cher ami, fort bien ici; je ne regrette en rien les grandeurs que j'ai quittées, et j'en suis encore à comprendre comment on peut disputer si chaudement des positions devenues vulgaires.
Je n'ai jamais été mieux dans mon assiette ; rien ne me dit que j'aie perdu quelque chose. Je ne rencontre que des visages bienveillants, et j'use, à la lettre, mon chapeau à rendre des saints. Aussi je n'ai pas eu le courage de refuser à cette population une fonction que j'avais déjà remplie en 1855 ; me voilà encore président de la commission sanitaire de ma section, car il faut vous dire que le choléra est à nos