LAMENTATION
A lA VIII.F, DK NIMES.
0 ma déplorable patrie ! quelle longue expiation le Seiiincnv te fait subir ! quel est le ci ime antique et perdu dans la nuit des temps qui a été commis sur le sol où tu es assise? hélas ! il doit être bien grand ! Tu as été frappée par toutes les verges de la colère divine ; comme la fdle de Siou, In peux dire aux passants : Voyez ! est-il une misère égale à ma misère ?
LETTRES DE JEAN HEROn, U"
Oiiiiiul sur (Vaulres i ivagos la mor se soulève o\ gronde, clic a ici (les vagues sans mesures et des mugissements sans nom. A chaque équinoxe politique, à chaque orage que subit la France, ton ciel est plus noir (pic tout autre; il a des éclairs aux couleurs sanguinolentes et des tonnerres dont les éclals donnent toujours la mort.
Un fimcsle vertige a poussé ces enfanis les uns contre les autres, et le sang, depuis le jour où lu fus acceptée au nombre des villes, n'a pas cessé de rougir tes pavés, et comme si c'était peu de cette éteinelle malédiction , des hommes se sont liouvés pour dii'e malheur à Ion mallK'ur! anafhème à ton nnalhème !
Pour moi (j'en prends le ciel à témoin), je n'ai jamais fl.itté l'étranger de les ifinnmmies; j'ai, au contmire, tiré le rideau sur toi comme un lils pieux sur une mère qui s'oublie; et, aujourd'hui (pi'un Innoslc fléau s'étend sur les populations comme un cancer, je viens pleurer avec toi ou plutôt me réjouir.
.le viens me réjouir de ce rpie tes (Mifants, mes frères, se sont montrés tels que mon cœur les avait toujours conçus, hommes de sacrilice ou de résignation ; de ce que ta populace tant décriée a dominé les ])opulations des au lies cités par les lumières de .^a foi et par son intelligence religieuse.