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Nîmes, r» décemljrc IS51.
Mfm-eh€rami, - h â^h^^^u, -h ^ Notre chère nièce est allée rendre visite à sa sœnr
qui habite Marseille. Nous avons reçu de ses nouvelles, ces jours-ci, qui nous prouvent qu'elle est toujours dans les mêmes dispositions. Mais quels que soient ses désirs et les garanties que peuvent nous donner son bon sens et sa piété, nous sommes décidés à attendre le terme fixé par les bons et sages ecclésiastiques qui ont bien voulu nous assister de leurs conseils.
Vous avez raison de pleurer sur l'astre éclipsé';
\. M. de iMmartine.S'i r)ous n'hésitons pas à le nommer ici, c'est que nous savons de quel fonds profond de gratitude, de tendresse et
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Dieu lui lera-l-il la gràcedesorlii' de .<oii image '.' 'Idiit cela dépendra de l'expialion plus ou moins acceptée qui coinuience pour lui. l'uisse-t-il bientôt ressaisir cet appui divin de la foi, sans lequel les plus fortes intelligences finissent tôt ou tard par s'affaisser sur elles-nnêmes ! Car, hélas ! nous nous diminuons en proportion des vérités que nous avons perdues. Cependant, je me souviens toujours qu'il a été mon parrain littéraire et qu'il m'a toujours reçu avec bienveillance. Il m'est triste-de m'entretenir de ses égarements ; ma reconnaissance aime à se- rappeler les ineffables paroles de celui qui a dit: Je )C achèverai pas le roseau brisé, et je n'éteindrai pas la lampe qui fume encore. Puisse-t-il lui faiie comprendre ce qu'il y a de vain dans les applaudissements des multitudes dévoyées! Les journaux m'apprennent qu'il est aujourd'hui gravement malade et qu'il souffre beaucoup. Dieu, pour nous ramener à lui, fait tourner souvent nos douleurs en prières : qui sait si cette grâce ne lui sera pas accordée? Encore une fois, jo l'oopcpc. ^ ^
de respect M. Reboul tire ces réHexions. Disons d'un autre côté, à l'honneur de M. de Lamartine, que ses jentiments alfeclueux, que s;i bonté et peut-être son respect pour M. Reboul n'ont jauiais él»'' un seul moment en défaut.
ir>« LETTRES DE lEAN P. EBOUI,
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Nîmes, 16 décemltre 1S51.
Mon cher ami,
Vous avez raison, 1 homnio n ost pour rinn tlans tontcp qui se passe; tout est instrument, et la Providence seule sait où elle va. Jamais, pour déconcerter les prévisions humaines, d'aussi grands coups n'avaient été frappés. Pour moi, j'en suis fout étourdi, et mon esprit n'a de force que pour adorer celui qui nous tient palpitants sous sa main. Dans la nuit qui couvre tontes ses voies, je n'attends de clairvoyance que dans la résignation à ses saintes volontés ; je vois combien peu les superbes ont m ccnnprendre, comme disent nos livres saints, et je lâche de me mettre en garde contre moi-même.
Comme les journaux ont dû vous l'apprendre, nous avons passé ici deux nuils dans l'anxiété. Heureusement il n'y a que des craiutes, aucune collision n'a eu lieu et le sang n'a point coulé. Puisse Dieu nous
LETTRKS DE JEAN P.EROLI. 159
consorvpr sn protection ! Niinos, hélas, a assoz payé dans le passé, pour être préservée dans l'avenir.