LETTRE LXIX
Mines, A décembre 1852.
Mon clier ami, J'ai passé une quinzaine de jours qui n'ont pas été pour moi sans perplexité. Les autorités locales m'ont fait offrir par plusieurs de mes amis le ruban de la Légion d'honneur, qui devait m'être donné par le Prince à son passage ici. J'ai cru devoir refuser. Vous connaisseis tout mon passé, tous mes écrits, et j'espère que vous ne me blâmerez pas, surtout quand vous saurez que mon refus-a été humble, posé et même reconnaissant. Quelques personnes ont blâmé ma détermination, comme contrariant la politique locale, et ont tenté de m'en faire revenir. N'ayant que moi seul pour conseil, j'ai demandé avec ferveur au Dieu de saint Louis d'éclnirer mes incertitudes, d'élever mon âme au-dessus des petites vanités, de me délivrer des rancunes politiques si je ponvnis en avoir, et de me faire prendre un parti qui me mît tranquille avec moi-même; je n'ai pas, vous le pensez bien, la prétention de recevoir des inspirations d'en haut ;