‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 67 sur 103 · I.ETTUES DE .)KA> HLflol I, ■M)ô · texte numérisé non relu

I.ETTUES DE .)KA> HLflol I, ■M)ô

(]ette faiblesse, hélas! volontaire on coiitiaiiile, Tait croire au révolté (|iie la révolte est sairilc ; Et tuant le rcnionls précurseur du |)ardoii liend la croix du Seigneur complice du brandon. Mieux vaudrait [lonr l'Eglise une guerre ciiielle : Les épreuves toujours sont des bienfaits pour elle. Lorsqu'elle a conibaliu pour mieux s'a|>parteiiir, Sa voix est plus puissante à blâmer ou bénir. La raison du pouvoir, reprenant l'éqnilibi'c, S'ajjplaudit tôt ou tard de la retiouver libre. 0 rois! qui désirez des prêtres complaisants, Si le ciel vous faisait de semblables présents, C'est qu'il aurait marqué la fui de votre règne. Et fait votre linceul des plis de votre enseigne. Le sophiste im[HUilent en vain vous a promis Le prêtre plus utile en devenant commis; 11 n'est pas d'instrument plus actif en ruines Que la corruption dans les choses divines, Que le docteur ipii pèse à des poids différents Les vices des petits et les vices des grands, Et, de sa lâcheté rendant les cienx com|)lices, Eait |>lier révangile aux souverains ca[lricc^. , Ah! mieux vaut llildebrand avec son zèle amei' : 11 a moins ébranlé les trônes que Luther.

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Et qui de nous irait avouer sa faiblesse

Si votre main tenait le directeur en lesse?

Qui, pénétrant au cœui', ler^it à votre insu

Jeter loin le poignard, quand le crime est conçu,

Et préviendrait ainsi ces sinistres journées

Où Ion voit aux égouts vos images (rainées?

Quand naguère, attiédi par une longue paix,

Le temple devint trop commensal du palais,

La licence, tuant la loi par le scandale,

Marcha portant au front la mitre pastorale.

A ce point provoqué, le ciel se rembrunit.

On avait de l'autel entamé le granit.

Bientôt on vit surgir un barbare civisme

Qui jugea tout propice et tout mùr par le schisme :

LE SACERDOCE EN FRANCE EUT TROUVÉ S0.\ TOMBEAU, SI DIEU NE l'eut SAUVÉ... PAR LA llAl.A DU BOURREAU.

Que la croix vous suffise, ô pasteurs de nos âmes ! Alors qu'on peut hisser toutes les orillammes. Quand sur son piédestal le bon droit est voilé, Que Pierre en son royaume est peut-èlre exilé. Qu'au fond du sanctuaire il gémit en silence

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l)e la route iinoiiiiiir nù le iiioiide h; lance, Poui' les j)euj»les, les rois et pour la vérité, Veillez plus ({ue jamais sur votre dignité. Quelle (jne soit la main qui vous monte an piuaele, Ne brûlez voire encens que dans le tabernacle. La louange à Dieu seul n'a j)oint de lepentir; Car lui ne cliange pas [)our la faire mentir. Laissez passer sur vous menaces et caresses : Demeurez forts, aliii d'assister nos faiblesses. Au sein de notre nuit célestes envoyés, Gardez votre flambeau pour tous les dévoyés, A toute heure, à tout prix, contre tout infidèle. Défendez de David la sainte citadelle.

Le monde vainement porte ailleurs ses regards, Le salut qu'il attend n'est que dans ces remparts. Afin de détacher ces pierres souveraines, Les honmies de Babel réunissent leurs haines. Ne vous endormez pas stu* un calme trompeui', Le siècle vous réserve un terrible labeur. Pour combattre des cœurs Tavarice croissante, La parole n'est plus une arme assez puissante. H faut, salant la terre avec un autre sel, Par un grand dénùment la rappeler au ciel.

Pardonnez à ma voix, ô conducteurs de I arche, •le n'ofhe point ma niain aux cahots de sa marche;

•iOO LETTUES DE .1 lw\ N 11 EU OUI.

Je sais que, dédaignant Ions les secours in.;ik'l>,

Dieu doit la soutenir jus(jn'au.v jcins éternels.

Si le poëte ici se montrait léniéiaiie,

Ordonnez le silence et je saurai me taire

Me préserve le ciel d'avoir pour ennemi

Le sein de cette Église on j'ai si bien dormi ?

Ah! je sais trop quel rêve et quel triste délire

Accompagnent toujours celui qui s'en relire.

Plutôt que d'être en butte à ses inimitiés,

Je briserais cent fois la lyre sous mes pieds.

Sainte mère! jamais si ma foi se délie,

Que ma langue se sèche et ma droite s'oublie !

Nul avec plus d'amour et de profusion

N'a de tous tes bienfaits reçu la vision ;

C'est avec tout le poids de ta bonté comiue

Que la foudre sur moi tomberait de la nue.

Mais, mon Dieu ! c'est en vain que je me croirai fort,

Si vous ne m'assistez, même étant dans le port :

L'homme est toujours sans vous d'une faiblesse extrême,

Et j'en ai vu tomber de plus sûrs que moi-même.

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