DU CITOYEN EN TEMPS DE REVOLUTION
A MONSIKUP, Ar.l'IIONSr, BOYEli.
Quoi ! mil ne flétrirait, quand tout lonv rend liomniagp, Ces apptîtils grossiers (|iii dégradent notre Age, Et ne protesterait du geste et de la voix, Loisque Macaire obtient les honneurs du pavois? Macaire me dira : « Ij'époque est ainsi faite, Et vous avez bien tort d'en médire, ô poëte ! On reiherclie, il est vrai, l'argent et les emplois Peut-être de nos jours un peu plus qu'autrefois; Mais, mon Dieu ! plus ou moins, c'est une loi commune : Est-ce un crime, après tout, de faire sa fortune? Lliomnie éteinellenient ne peut point se lier; Oii oublie nu serment pour un bon làtelier. C'est au gouvernement à nous rendie fidèles. En demeurant toujours plus fort que les rebelles; Et, ma foi, quand il clintc, on a cent fois raison • D'abandonnei' I(^ maiire en gaidant la maison. Les vaisselles (le bois sont loin do notre époipie. Et de tous les côlés le luxe nous provoque. On admire avec vous le temps des bons aïeux ;
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Mais le vivre est Irop cher pour rester verlueiiv.
Vous êtes partisan, je crois, de la famille :
Nous avons à pomvoir un gan; .n, nue tille;
Qnaïul on vent s'en défaire, à moins que d'être sot,
Oui poinrait en vouloir sans carrière et sans dot?
Les révolutions n'ont pas, je le confesse,
Autant qu'on l'espérait réformé notre espèce;
L'intrigue n'est point morte, et, malgré nos censeurs,
La place de comptable est encore aux danseurs.
Les yeux sur riiorizon, pour l'astre qui s'approche.
Vadius a toujours une cantate en poche.
Le siècle pour cela n'est pas tout au démon :
De grâce, épargnez-nons voire ennuyeux sermon !
Savez-vous que l'on rit de cette suffisance
Qui vient à tout propos morigéner la France?
C'est vivre trop longtemps sur un thème pareil;
Mais je veux à mon tour vous doimer nn conseil :
Si vous êtes blessé de l'allure ordinaire,
Habitez, mon ami, l'espace imaginaire;
Et, sans les accabler de mots désobligeants,
Dans le monde réel laissez vivre les gens;
Ou plutôt, coninie nous, descendez sur la terre :
Un peu de cet air-là vous serait salutaire.
Le poêle inspiré d'nn esprit moins brutal,
Qui chante aux mœurs du jour nn hymne triomphal,
Voit son nom proclamé du couchant à l'aurore;
11 adore son s'ècle et son siècle l'adore !
S'il est an second rang, on le met au premier,