SALAMIS DE LARISSE
Sur le vuaiiiK'l du l'éliuii, [,c jour jelk- iiii (leriiiti" iciyou.
l/oiid)ro desiN'ud d;ms l;i |ir.iiiii'; Tous les oiseaux sont ('ii(k)riiiis.
LETTRES DE JEAiN HEiidllI. 21tl
(Kl va la jciiiic Salamis, La |)t!ilc (1(! la Tliessalie?
Hélas! s'avc!ilurant ainsi.
Son pauvre C(i^nr n'a nul sunci Que le jour lomhe cl s'oliscincissc; Le liean Paléinon, sesaniotns, Pour la guerre, depuis trois jours, A ([uitté les murs de Larissa.
Elle ose enfin verser des [)leurs.
Elle a trop eaclié ses douleurs ; Car une fdie de la Grèce, Lorsque, s'arrachant de ses bras, Son liien-aimé vole aux combats, Ne doit poini montrer de faiblesse
Elle giaviL les l'ocs béants, Restes des luttes des i;éants Sortis de la rive inlrrnale.
C'est parmi ces sentiers ai'Ireux Que, dans son séjour lénébrenx, Elle s'en va trouver Mycale.
« (jOnsolatriti' des amante, 0 reine des encbantemeuls !
Toi qui surprends la destinée Dans le vol sacré îles oiseaux,
2*20 i.i:i I i!i,s m. II. \N r.t lidii.
0(1 dans !(•:> pliiiiilo <li> roscmx (Jiii croissent aux IjoicIs du l'éiiée;
Dans ce lleuvc mystérieux.
Tu molliras souvent à mes yeux Du l'alémon la douce inia^r.
Âujourd'liui, redoutant sa moi t, Je viens le demander le sort (Jue Mars réserve à son courage.
— 0 ma fille! bénis l'ardeur Qui fa fait braver la terreur !
C'est l'heure oii mon pouvoir éclale :
Dans les Ibrêts des alentours, Je viens d'entendre les cris sourds.
Les cris de la meute d'Hécate !
Je vais satisfaire à ton vœu. »
Et la sorcière a, sur le feu, Suspendu le vase magique ; Et, sur l'eau qui remplit ses lianes, Elle a penché ses cheveux blancs El chanté l'hymne fatidique.
Ensuite, tournant le rouet.
Pour accomplir le noir biouel, Elle y jelte la mandragore, Avec les toulfes de gazons
LETTRES ItK JEAN P. EnOIl
()ù l'aspic versa ses poisons, Kt qu'on arraclio avant l'aurore.
l'uis, le rouet tournant toujours,
Le fauve duvet des vautours,
lie sang d'un dragon de Neptune,
FA les débris terreux des os
Que riivènc, hors des vieux tombeaux
Traîne pendant les nuits sans lune.
L'ongle livide dérobé Au doigt du mallieureux londjé A l'autel, percé par le glaive; Enfin, les lambeaux d'un enfant Que, sous un baiser étouffant, Ln mère a tué dans un rêve.
Sur le trépied le charme bout :
L'antie sue et reluit partout Sons la vapeur qui s'en exhale.
Et, sur l'onde qui se répand ri\ant ses deux yeux de serpent, Mycale, l'Iiorrible Mycale
Dit à la pâle Salamis :
« Voici le sort (pii m'est transmis,