‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 91 sur 103 · I.FTTRF, r.XXIll · texte numérisé non relu

I.FTTRF, r.XXIll

Nîmes, 2 novembre 1801.

Mon cher ami,

La circulaire Porsigny c-t arrivée ici comme une bombe. Tout le monde esl d'accord qu'en celte occasion la démence a (enn la plume et qu'un lionmie capable d'une telle rédaction ne serait pas resté vingt-quatre heures debout devant une assemblée

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il('lili«''i'aiil('. (loiiirne la lancniie cl le dépit soraienl déplacés d.ins reltc afl'airft où la religion ri la cliarilé sont en jeu, nous attendons la sommation, et en altiMidanl, nous allons toujours. C'est uno triste chose pour un gouvernemeiil que d'avoir à surveiller U'<^ tiens de bien. Vous pouvez croire que l'accusation de faire de la politique est un impudent mensonge, .le «rois, Dieu me pardonne, (\uq la Société est dissoute, non pas pour avoir fait de la politique, mais parce qu'elle n'a pas voulu en faire.

.M. Gui/ot vient de m'eiivoyer son volume. Les dogmes fondamentaux de la religion et de la sociélé y sont exposés et défendus avec le talent accoutumé (■e l'auteur. Il va cependant quelques dissidences (pi'il faut supporter en faveur de ce qu'il accorde. Co qu'il accorde est énorme : surnaturel, chute de l'homme, nécessité du pouvoir temporel du Pape. Quant à l'homme d'Etat, il se montre dans ce dernier écrit à un do^ré éminciil.

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lETinK r.XXIV

>iîmos, 27 novembre ISOl

Mon cher ami,

J ni reçu ime réponse de liidy Augusta où mon envoi est plus que payé, (letle lettre m'avait déjà pré- |)nré à la l'inieste nouvelle de la mort de ir.adame de laFerrière* que j'avais vue chez vous et que malheureusement je n'eus pas le temps d'apprécier. Car elle était déjà souffrante.

M. de Montalemhert m'a remercié des vers de la Pologne de la manière la plus aimahle: il lésa en-

I. l.a comtesse île la Ferrière-Peicy e^t la dernière (in grand nom de l'ercy de la branche française, aînée des ducs de Nortluniberland, formée par madame tic Swetcliine. Madame de la Ferrièie joignait un naturel exiiuis à re^inil le plus austrro. D'une simi)iitité cbarmanlc et d'une toi angélicpic, sa conversation et ses Ktlres avaient nu altrail inexprimable; c'était une des fenmies les plus distinguées de notre loinps. Elle est morte encore fort jeune à Amélie-les-Bains. le 15 novembre 18G1 , entourée d'un époux cl d'une niére déM)Iés. l.a mère cl la fille aiiparliennent l'une et l'autre à colle forte race de femmes clirélienncs dont les grandes aristocraties Crâneuse et aiitrlaise ont donné l;mi de moJèlcs

2«C I,|;TTRES I)K JEAN HEROllL

voyés au Correspondant ; vous les trouverez dans le numéro d'hier que je viens de recevoir.

La Société de saint Vincent de Paul de la ville de Nimes, fidèle à la hiérarchie qui est une loi essentiellement catholique, a doinié sa démission dès que nous avons su que le conseil-général n'existait plus. Cette œuvre était très-populaire à Nîmes. Jamais, depuis sa création, elle n'avait donné le moindre prétexte au plus petit scandale. Puisse la charité particulière égaler maintenant la fécondité de la pieuse association !

La population catholique de Nîmes commence à sentir le mal que l'on fait. Ces jours-ci, à la rentrée de Mgr Plantier, il y a eu une de ces manifestations qui ne laissent rien à deviner et qui était depuis longtemps connue, en dehors des allures du temps.

J'ai vu dimanche, sur son invitation, au couvent de ses chères sœurs, le P. Etienne \ Cet homme-là est toujours le même , profondément aimable, et quelle raison et quelle foi ! Nous avons parlé de vous..

1. M. Etienne, successeur de saint Vincent de Paul, comme supérieur général des deux familles de saint Vincent, savoir les prêtres de la mission appelés communément lazaristes, de la mission de saint Lazare, leur berceau, et les filles de la charité.

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