‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 92 sur 103 · I.ETTr.ES Dli JEAN KEBULL · texte numérisé non relu

I.ETTr.ES Dli JEAN KEBULL

J'ai lu la lettre de Mgr Dupanloup ! Quelle élévation ! Quelle vigueur, et, comme vous le dites, quelle mesure! Un écrivain d'antichambre, je ne sais plus dans quel journal, a traité cela de Capncinade. Le mot, grâce à Dieu, n'est plus de notre époque. On peut aujourd'hui prononcer le nom de Dieu à l'Académie.

Parny est mort et Pigault-Lebrun aussi.

De ce coteau chéri (toutjvoisin^lre la plaine,

Où croissent, sans jamais dépouiller leurs raiiiemix,

Le raisin de Corinthe et rdivier d'Atliène,

Par le plus beau soleil, je vous trace ces mois.

En français de mon mazet.

27 septembre 18G1.

LETTKE CXXV

Nîmes, 27 décembre 1801.

Mon cher ami,

Je ne suis pas de ceux qui trouvent de la banalité dans les vœux que se font réciproquement les parents, les amis et même les simples connaissances

-.'SN I.KTTliliS l)t .11; AN IttBUlM.

\\ chaque coimiiencemcnt (Vainiée. II y mirait un loi I bon livre à l'aire sur une scm])lable uialière et d'iujc profondeur jihilosophique à élonner l'esprit le pliisuperficicl. l'our no prendre que ce qui se piisenlc d'abord, ([ue d'amitiés, de reconnaïsmnces cet usage enipèelie de prescrire ! Combien de froideur réchauftëe à ce soleil de Ijclhléem dont la pâleur est pour ainsi dire illuminée par l'espérance du salut du monde! Je n'ai nullement besoin de mettre une conclusion à tout ce préambule ; votre cœur s'en chargera.

Je ne sais si je vous ai dit que le P. Félix avait prêché l'Avent ici. Sa parole a fait beaucoup de bien et son talent a excité l'admiration de notre population, pour laquelle, je puis le dire, il n'y a rien de trop élevé. J'ai déjeuné hier avec le Père chez monseigneur l'évèque avant son départ. L'homme est aussi admirable que l'orateur. Il retourne à Paris enchanté de Nîmes.

On avait écrit de Paris que l'ordre judiciaire et administratif devrait désormais s'abstenir de tout rapport avec Mgr Plantier. Ce brutal interdit avait soulevé d'indignation tous les cœurs qui ont conservé quelque [)cu d'indépendance et de dignité. J'ap-

prends ce malin que le président de la coui' a lait yux magistrats des comnnniicalions niinislérielles qui révoquent nu amoindrissent «le beaucoup la première décision. C'est bien. Il reste à savoir à qui ces terribles enfantillages peuvent profiter.

M. de Laprade vient de in'écrire. Sa lettre est belle de résignation sans emfthase. Il me fait souvenir que son père, en 1850, eut, sans fortune, à subir une tleslitutiori (jui frappa le fidèle, et que, pour lui, en ces sortes d épreuves, son devoir a été dicté et le sera toujours par la mémoire de son père.

Je joins ici la lettre de Desraarets ' ; elle est fort belle, offrez-lui mes compliments et mes vœux de bonne année. C'est un collègue que j'admire et que j'aime de tout mon cœur.

1 JcUiic coiiUc-in;ii(rc de (ilaluic à Rouen. l'iG.flOO voix leiivoycroML i» l'Assemblée toiislilu;iiile l'ii 18 i8. Il y siégea à côté de fîcltoiil. Il esl devenu liluleur quelques années })lus tard : le tiailc de coiiiiiieite avec rAii^Icleric vicul de le l'orcer à leinier pio>i- V')iicn>enl ses ateliers.

LETTRES Di: JEAN ftEKOUL

I KTTItl. ( \.\VI

Nirncï, '22 janvier 18»>2.

Mon clicr nnii, ,

J'ai à vous dire que j ai passé une quinzaine de jours dans l'iiuile liouillante. Imaginez-vous que j'étais menacé d'une usine à faire pâlir Vespasien, et cela presque à la porte de mon mazet. Le maire, qui est étranger au pays, avait donné son approbation. Heureusement que la commission sanitaire, toute composée de Mmois , a eu pitié du pauvre poëte, accoutume jusqu'ici dans son cher et bien-aimé pays à tout autre encens.

J'attends la décision du préfet qui, je crois, sera conlormc aux conclusions de mes compatriotes. C'est sur UHi! rouie unpériale que l'établissement devait être placé ; \\ va beaucoup d'opposants qui ont signé J'enquête qiu vient détre ciose.

J'avais envoyé deux mois de télicitations à Berryer sur le banquet qui lui a été dernièrement donné par le barreau de Paris. J'ai r'^mi M'^r en réponse deux

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