‹ Lettres de Jean Reboul de NîmesChapitre 93 sur 103 · I.'TTP.ES DE JEA.N KEBOUL · texte numérisé non relu

I.'TTP.ES DE JEA.N KEBOUL

(lagcs charmantes quo je gardi rai comme im ticsor; il faut avouer que l'ovation faite à Berryer était bien méritée. Cinquante ans sans déviation dans la ligne droite est une bonne fortune donnée à bien peu d'hommes politiques de nos jours.

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Niine.<, 9 avril 1802

Mon cher ami, . ''■' '•-^^ci^i

M. Keller vient de m'envoyer son discours ; c'est un chef-d'œuvre de logique , d'atticisme et d'éloquence. Il a toutes les qualités par oii peut se prendre la nature méridionale, plus réiléchie qu'on ne le cioit dans sa chaleur et son énergie. Il a été appiccic ici dans toute l'étendue de sa valeur.

J'entends d'ici la musique du concours régional de Nimes, cérémonie qui ne m'a jamais bien eiilJKuisiasmé. Je suis loin de mépriser l'agriculture et j'approuve les encouragements qu'on peut lui donner ; mais Sully, fi qui elle doit tant, mettrait plus do me-

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siirc dans les lioimcius (ju'on lui prodigue aujourd'hui. Spectacle gratis, convocation de l'Académie, du Conseil municipal, du préfet, le tout pour couroinier des bêles. Ne serait-ce pas là une dérision de la Providence, qui conduit un peuple qui découronne ses rois, à couronner des cochons ?

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?(îmes, 5 mai l.^C^.

Mon cher ami.

Pour moi, je ne vous écris pas cette fois pour vous écrire, mais bien pour vous remercier de votre dernière lettre et de tous les détails qu'elle me donne sur la santé du saint-père. Je conçois toute la joie que vous m'exprimez de l'impression que cette sainte et grande figure a faite sur vos enfants. Vous me flattez de leur visite : dites-leur que je serai heureux de les voir ici, de leur servir de cicérone, et que Nîmes est à voir, même après Rome et Naples. Que n'ai-je un palais au lieu de l'humble réduit de la rue de la Carreterie ? Il serait à leur service.

LETTRES Dlî JEAN P.F.noUL 'jOô

Les Misérablen font ici du bruit, <lu moins chez un certain parti ; j'ai lu une grando partie de ces deux volumes ; malgré les prétentions afllcliéeSj rien dans le fond d'original. C'est toujours la glorification des rebuts du bagne et du lupanar, thème tpii traîne depuis longtemps dans les livres et sur les théâtres. .le n'aime pas plus Vévèque de M. Hugo que le curé de Béranger; l'un est un imbécile, et l'autre un ivrogne. L'auteur sans doute a de la vigueur ; mais il porte au faux jusqu'à l'absurde le défaut de ses qualités. C'est fort, mais c'est rugueux; c'est au* casse-poitrine ci du sacré chieu^ de l'eau-de-vie de pommes de terre. Je ne sais pas ce que seront les autres volumes, mais, jusqu'à présent, cela m'a tout l'air d'une buvette de faubourg. Le tintamarre des organes socialistes me confirme dans cette opinion. La multitude, comme les rois, a ses adulateurs. Il me semble que la misère manquant de t(Tut et fermant l'oreille au démon, aurait été un type plus digne de la renommée de l'auteur, quand ce n'aurait été, comme ils disent, que pour changer de manière.

Je suis absorbé dans mes correction.s, ce qui vous t'xplicpicra mon hiiig silence.

M. d(' liaineville m'a cnvovf' son livi(> : (■'(>>! jiMuif.

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mais c'est bien écrit el plein d'avenir ; je répondrai un de ces jonrs.

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