LETTRES DE JEAN HF.ROIM
Quo ce jour no soit |)as seulement pour les yeu\; Qu'un grand enseignement sorte de cette fête : Qu'elle apprenne au lévite à qnel |)rix on aclièle Le sublime pouvoir d'unir la terre aux cieux. »
Et, selon le conseil de l'ombre inspiratrice, Le saint-père a parlé. Des bords les plus lointains, Conurie poussés vers lui par des soiiflles divins, Les enfants sont venus partager son ciliée. Elargis tes remparts, ô reine des cité> ! Ton sol ne peut suffire à cette multitude : Temples dont la gramleur faisait la solitude, Vous seiez trop étroits pour ces solennités.
Tous les peuples divers de race et de langage, Mais unis par la foi sous le même étendard, Tous sont là, palpitants sous le divin regard Du grand docteur qui va recueillir leur suffrage. Frères, après avoir mis les saints sur l'autel, J'ai dû, gardien du temple, infliger Tanalhème Au front d'Héliodore... au nom du Dieu suprême. Répondez ! Ai-je fait selon l'ordre éternel?
Et, grâce à TEsprit-Saint qui plane sur ces têtes, La justice a son jour, le droit est proclamé, Le phare est immuable et demeure allumé En dépit de tous ceux qui vivent des tempêtes.
LETTP.es HE JEAN KERODI,
El, maiii(en;ii)l,, ô rois ! préparez vos bâillons, Dormez sur volro glaive ou parlez par la foudio ; La tlivine unilû ne saurait se dissoudre, Ce jour sera plus fort (pie lous vos Italailloiis.
Je ne sais ce que peut la force eu sou délire, Mais je sais que Dieu seul peul di>poser des cœurs, Que l'arche est uu fléau pour tous ses ravisseurs, Oue le crime est trompé dans tout ce qu'il désire. Le Nil sendjie parfois submerger sans retour Sous ses flols orgueilleux la grande pyramide, Mais bientôt délivré de son linceul humide, Le géant sort vainqueur du déluge d'un jour.
Juin 1802.