LETTRE CXXXII
Nîmes, 1" juillet 18t52.
Mon cher ami,
Les exemplaires de votre rapport' ne me sont arrivés que dimanche, et le lendemain tout était à sa
1. Rapport xur lex direrscs missioiix de la Chim et autres, secourues par les dons de la Sainte- Enfance. Voir dans les Annales (le l'iviivri».
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(lesliiiHliou. Je n'ai pas voulu L'tri|)lo\er l'oniec de ma servante, (jui a contracté auprès de son maître la maladie de la distraction. Elle avait gardé trois jours dans sa poche une lettre do votre helle-fille.
Mgr Plantier m'a écrit sur la Peniecùte de 18t)'2 ; il apprécie l'œuvre bien certainement au-dessus de sa valeur. Les circonstances actuelles m'ont empècW de mettre dans ces strophes tout ce qui était dans ma pensée. La sonorité, qualité qui échappe aux prosateurs, nest pas toujours là ce qu'elle devrait être. Le vers dit autant par l'harmonie que par l'idée. Mais, encore une fois, le temps manquait et nous sommes arrivés tout juste à temps. Vos observations sur les corrections sont judicieuses, mais qu'y l'aire? Après tout, l'effet général a été bon.
Il faut que je vous dise que je n'ai pas encore envoyé à Rose le rapport que vous lui destinez'. Je veux le lui remettre moi-même.
i. M. Rose, jeune sculpteur d'un rare mérite, esi auteur des basreliel's du Chemin de la Croix qui se trouve dans i'égiise de Saint- Paul à Nîmes, à côté des admirdliles peintures murales d'Hippolyte l'iandrin. Ainsi, cette ville, aux convictions religieuses pourtant si ardentes, n'a pas séparé deux artistes d'une comnuinion différente.
IF.TTRES DE JEAN P.EROri. ôn5
IFTTPF. r.XXXlII
ISÎmcs. 10. juillet 1862.
Mon clier ami,
Félicitez de ma part M. Laurentie sur son article (le la reconnaissance du royaume d'Italie ou plutôt piémontais par les souverains du Nord, descendus, par cet acte, au ranf? dos sujets de la révolution, (lel article est magnifique de style, d'indignation et de logique. Je vous l'ai dit souvent, cet homme n'est pas apprécié comme il devrait l'être. Comment M. Laurentie n'est-il pas do l'Académie? Beaucoup dans la docte assemblée ne le valent pas ; mais cela est-il possible avec cette rigidité do principes qui no cède rien?
J'ai envoyé ma pièce à M. de Falloux. Cet homme, en 1848, eut le rare mérite de joindre la parole à l'action; quand l'histoire pourra se faire, je crois (piil lui sera réservé une belle page.
r.KTTRE f, \XX1V
Nîmes, ôl noùi 18f)'2.
Mon cher ami,
Vous voyant bien décidé à trouver la pièce mauvaise, même avant de la connaître, j'ai longtemps hésité à vous l'envoyer \ Mais enfin, la voilà. Ce n'est pas, selon votre programme, éclatant comme Ir soleil. Les soleils aujourd'hui sont fort rares, et les aigles qui peuvent supporter leur éclat ne sont pas bien communs. Critiques et auteurs, il faut savoir en prendre son pnrli.
Parlons sérieusement. J'ai voulu montrer le sens monarchique étrangement défiguré de nos jours et confondu avec le despotisme, La tâche était-elle audessus de moi, c'est possible. De mauvais vers ne sont pas un grand crime, surtout quand ils ne sont
1. M Rebonl parle d'une Iragédie dont I action, einpriinlL-e iiU liuilirnie siècle,' se passait dans les Arènes de Nîmes. I.ni-mênie jela son mannscrit an panier.
LETTRES DE JEAN RElîOUL ZOl
pas publiés. Vous me les pai donnerez; et puis, ronger quelque chose calme les ncHs : cela vous fera passer mie heure ou deux.
Le bruit court ici que (iaribaldi est pris ; il ne reste à prendre que les preneurs.